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L'acteur, qui s'était frotté à la question des réfugiés de Calais dans le film Welcome, a réagi à la condamnation de Rob Lawrie, un britannique condamné pour avoir tenté de faire passer une fillette afghane de 4 ans en Angleterre.

L'affaire a été relayée dans tous les journaux au cours des dernières heures. Rob Lawrie, un britannique de 49 ans, a été condamné hier à 1000 euros d'amende avec sursis pour avoir tenté de faire entrer en Angleterre une petite fille afghane de 4 ans prénommée Bahar à la demande du père de cette dernière. Bénévole dans une association d'aide aux réfugiés, Lawrie avait tenté de faire sortir la fillette de la jungle de Calais où elle vivait depuis plusieurs mois. Il encourait lors de son procès jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.

Invité à l'antenne de France Inter, Vincent Lindon a tenu à réagir à l'affaire Rob Lawrie en s'insurgeant contre l'idée de punir un homme venant en aide aux réfugiés. Un sujet très proche de celui de Welcome de Philippe Lioret, sorti en 2009 et qui avait lancé à l'époque un grand débat politique autour de ce que certains qualifiaient de "délit de solidarité".

"Très rapidement, j'ai fait un film qui s'appelait Welcome et où il était question de l'article L622 qui condamnait toute personne qui venait en aide à quelqu'un en situation irrégulière. Cet article devait partir, on s'est battu à l'Assemblée, c'était impossible que ça reste. Tout le monde nous répondait : ne vous inquiétez pas, on ne l'applique jamais. Si on n'applique pas une loi, autant l'enlever, sinon c'est une menace. En fait, l'Assemblée nationale a voté une réécriture de la loi. C'est pas ôter une loi, on l'aménage. […] Je trouve qu'en 2016, punir quelqu'un qui vient en aide aux personnes défavorisées, à ses frères, c'est incroyable".

Comme au moment de la sortie de Welcome en salles, l'acteur lauréat l'année dernière du Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes pour un autre film au sujet politique sensible, La loi du marché, appelle à s'opposer à toutes les lois qui viendraient entraver la solidarité envers les réfugiés vivant dans la "jungle" de Calais. "C'est de la folie, rajoute-t-il, cet homme est un Juste. Il va tout le temps voir les gens dans la "jungle". Il leur amène des couvertures, il leur amène des victuailles. On devrait le remercier. Ça ne donne pas envie d'aider. Il y a des gens qui n'ont pas tous le courage de Rob Lawrie et qui se disent qu'il y a une menace d'être condamné pour ceci ou pour celà, ils ne vont pas y aller. Il faut enlever cette loi. Laissez les gens aider les autres".

Toujours dans le registre des faits de société brûlants, Vincent Lindon sera prochainement à l'affiche des Chevaliers blancs de Joachim Lafosse, inspiré de l'affaire de l'Arche de Zoé en 2007, qui sort en salles ce mercredi 20 janvier :

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