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"Cette comédie m’a fait exister aux yeux du public et du métier."

Ce soir à 20h40, M6 diffuse le film désormais culte La vérité si je mens. Pris pour un Juif à la suite d'une méprise, un jeune homme réussit à s'imposer chez les fabricants de tissus du Sentier. Découvrez l'interview d'Aure Atika, l'une des héroïnes du film, menée par Télé 7 jours.

Sorti en 1997, La vérité si je mens ! de Thomas Gilou fait un malheur au box-office avec près de 5 millions d’entrées. M6 le diffuse ce soir à 20h40. Non sans émotion, la comédienne Aure Atika se souvient du tournage qui a lancé sa carrière.

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En 1997, vous êtes une totale inconnue. Le succès vous est tombé sur la tête, non ?
Cette comédie m’a fait exister aux yeux du public et du métier. À l’époque, j’habitais dans le Marais et du jour au lendemain, c’est devenu la folie. Dans la rue, les gens hurlaient : "Karine ! Karine !" (son prénom dans le film, NDRL). J’étais tombée dans le domaine public…

Comment avez-vous obtenu le rôle ?
Tout simplement par un casting au cours duquel je devais improviser. J’ai postulé car je n’avais plus rien à perdre : ça ne marchait pas fort pour moi et je pensais arrêter ce métier. Du coup, je me suis totalement lâchée. Bingo, j’ai été sélectionnée !

Comment vous êtes-vous imprégnée de l’ambiance bien particulière du Sentier ?
Je suis allée faire des repérages pour étudier le look des jeunes femmes : leur coupe de cheveux, leurs fringues… Le quartier vivait alors son âge d’or.

Dans le film, vous jouez Karine, la compagne de Rafi, incarné par Elie Kakou. Quels souvenirs gardez-vous de lui ?
(Très émue) Elie était d’une gentillesse, d’une tendresse rares et d’une douceur qui confinait à la fragilité. Jouer avec un partenaire aussi délicat était un plaisir. Je suis inconsolable de sa disparition. Il me manque… J’avais envie de le materner, en le prenant dans mes bras. Quel comique génial ! Pour la scène où, désespéré, il se jette sous la Rolls de Gilbert Melki en murmurant : "Je veux mourir", toute l’équipe pleurait de rire.

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Vous souvenez-vous d’une anecdote qui vous a particulièrement marquée sur le plateau ?
La prise où je donne une gifle à Vincent Elbaz ! Vincent tenait absolument à ce que je lui colle une baffe magistrale, afin que le plan soit crédible. Il a été servi… On a fait un seul plan et c’était le bon. J’ai frappé si fort qu’il a gardé la joue marquée des heures. Pendant plusieurs jours, il a mal entendu d’une oreille !

Cette comédie survoltée donne l’impression que les acteurs se sont entendus comme larrons en foire…
Quelle ambiance ! Surtout avec José Garcia et Bruno Solo, les deux meneurs qui continuaient à se chambrer après les prises. Le tournage a été vraiment sympa, sans la moindre tension entre les acteurs, débutants pour la plupart. Nous n’avions pas la pression du succès et Thomas Gilou, le réalisateur, aimait travailler dans le calme et l’écoute. J’ai d’ailleurs gardé des relations d’amitié avec Amira Casar, Vincent Elbaz et Gilbert Melki.

Comment expliquez-vous le succès colossal du film ?
C’est la première comédie qui présente la communauté sépharade comme un milieu plein d’humour où l’autodérision, la tolérance et la solidarité sont de mise. Chacun se moque de l’autre en acceptant ses défauts. Et, malgré les engueulades, tout le monde se serre les coudes. En temps de crise, on a tous envie de vivre comme cela, non ?
Interview Jean-Baptiste Drouet

Le saviez-vous ? Le troisième opus de La Vérité si je mens ! est en cours de tournage à Paris. Au casting, outre Aure Atika, deux nouveaux venus : Léa Drucker et Cyril Hanouna. Sortie prévue en février 2012.
Info + La comédienne vient de tourner Le Skylab, une chronique familiale réalisée par l’actrice Julie Delpy, où elle partage l’affiche avec Bernadette Lafont et Noémie Lvovsky. Elle est aussi réalisatrice et travaille avec François Bégaudeau (l’auteur d’Entre les murs) sur le scénario d’une comédie dramatique.

 

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