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Lors de la sortie de L'Apollonide, le réalisateur de Saint-Laurent s'était prêté au jeu de notre blind-test.

Ce soir, Arte diffuse à 20h50 L'Apollonide, souvenirs de la maison close, le chef-d'oeuvre de Bertrand Bonello sorti dans nos salles en 2011, avec notamment Adèle Haenel, Hafsia Herzi, Jasmine Trinca, ou encore Noémie Lvovsky en mère-maquerelle.

Rêverie érotique et fable fantomatique surpuissante, L'Apollonide fut sans conteste l'un des plus beaux films de 2011 et de la sélection cannoise - où il fut présenté en avant-première - remportée cette année-là par The Tree of Life de Terrence Malick.
Vase clos affolant, L'Apollonide est une sorte de maison de poupées qui évoque forcément certains classiques du cinéma et dont la mise en scène, virtuose, puise chez les génies du 7ème art pour faire advenir sa beauté vénéneuse insensée. Autant de (bonnes) raisons pour le cinéaste français Bertrand Bonello de participer à notre blind-test.

De Shohei Imamura à François Ozon en passant par Alfred Hitchcock ou John Ford, voici 10 extraits et quelques secondes pour en retrouver la provenance.

1/ Vénus Noire
Pourquoi on lui montre ? Parce que le chef d'oeuvre d'Abdelatif Kechiche partage certains thèmes (prostitution, racisme) avec L'Apollonide et se déroule surtout à la même époque.

2/ Eijanaika
Pourquoi on lui montre ? Parce que plus qu'un film sur des parias (des prostituées), la fresque splendide de Shohei Imamura raconte la fin de l'histoire, de l'honneur et de la gloire. La fin d'une civilisation et l'entrée dans le monde moderne, à l'instar de L'Apollonide.

3/ Marie-Antoinette
Pourquoi on lui montre ? Pour la musique iconoclaste, et parce que Bertrand Bonello, comme Sofia Coppola, a voulu faire un film historique un peu punk. A la fois très réaliste et très libre.

4/ Le Plaisir
Pourquoi on lui montre ? Parce que, au bout du compte, L'Apollonide est un film rond. Rond comme le barnum de ce bordel, rond comme le temps, et rond comme Le Plaisir de Max Ophuls qui racontait le voyage des pensionnaires d'une maison close.

5/ Innocence
Pourquoi on lui montre ? Parce que, avec ses mouvements de caméra splendides, la méditation sur la nostalgie et l'innocence de Bonello n'a pas arrêté de nous faire penser au beau film de Lucile Hadzihalilovic.

6/ Théorème
Pourquoi on lui montre ? Parce qu'au cinéma, quand on creuse l'idée du sexe, de la domination et de la dynamique Bien/Mal, impossible de ne pas parler de Pier Paolo Pasolini. Et de Théorème.

7/ Cris et chuchotements
Pourquoi on lui montre ? Parce qu'on se demande encore s'il existe un plus beau film de femmes. Et qu'on voulait avoir son avis.

8/ 8 Femmes
Pourquoi on lui montre ? Parce que, en France, quand on pense film de femmes, on pense 8 femmes. Tout le contraire de L'Apollonide. Right ?

9/ Rebecca
Pourquoi on lui montre ? Parce que dans le genre fantomatique, difficile de faire mieux que ce bon vieux Hitchcock.

10/ Frontière chinoise
Pourquoi on lui montre ? Parce que c'est un de nos John Ford préférés. Et qu'il y est question de putes, de frontière et de femmes...

L'Apollonide, souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello est diffusé ce soir à 20h50 sur Arte.

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