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Focus sur le générique très graphique du film de Steven Spielberg diffusé ce lundi soir à 21h sur C8.

 

 

"C'était un gentleman, un conteur brillant, un collaborateur merveilleux et un artiste vraiment génial. Et, soyons honnête, un géant." Ce "géant" sur lequel ne tarissait pas d'éloges Martin Scorsese en 2010 n'est autre que Saul Bass, un vrai génie du graphisme qui a révolutionné l'art du générique. Difficile d'ailleurs de ne pas oublier son travail sensuel et coloré, plein de délicatesse, pour ouvrir Le Temps de l'innocence du réalisateur.

Le Temps de l'innocence : Saul Bass, un vrai génie des génériques

L'hommage à Saul Bass

Le travail très graphique et linéaire de Saul Bass a été une vraie source d'inspiration pour de nombreux artistes un peu partout dans le monde. La preuve avec le duo Kuntzel + Degas qui a signé le magnifique générique d'Arrête-moi si tu peux de Steven Spielberg. Un joli coup pour les deux Français qui prenaient là la direction de leur tout premier générique après avoir oeuvré pour des clips ou encore des publicités. Pour ouvrir ce long-métrage porté par Leonardo DiCaprio et Tom Hanks, Florence Deygas, et Olivier Kuntzel ont remis à l'honneur le style années 1960, le tout en misant sur des couleurs fortes et des lignes à n'en plus finir. Un vrai travail d'orfèvre vintage qui n'est pas sans rappeler le style"Saul Bass" très graphique.

Un duo 100% français

Passés respectivement par l'Ecole des Gobelins (pour étudier le cinéma d'animation) de Paris et l'Ecole Nationale Supérieure d'Art de Nice, Florence Deygas et Olivier Kuntzel voulaient, à travers ce générique " créer un rythme non uniforme" et installer, comme le demandait Steven Spielberg, les spectateurs dans "une ambiance 60's avec du chic et une pointe de drame" ont-ils confié à Générique-Cinéma.net. "Les couleurs marquent les transitions géographiques et temporelles. Les silhouettes sont issues de notre vocabulaire graphique, dans une version sixties pour coller au sujet. (...)  La silhouette évoque un personnage dont on ignore tout - le héros est un mystificateur. Ce sont en fait des tampons gravés à la main et animé de manière traditionnelle, sur papier, à la main", a expliqué le duo.

Le poids d'un générique 

"Pour nous le générique est à part du film, comme la couverture d'un livre. (...) Bien sûr il faut une certaine complicité avec le réalisateur du film, mais c'est une oeuvre qui a son propre créateur et le créateur de générique doit se sentir investi d'une certaine indépendance pour faire son travail avec force", poursuit Deygas + Kuntzel. Une approche qui s'inscrit dans la même logique que celle de Saul Bass. "A mon avis, la première image du film et son générique présentaient la possibilité de créer une ambiance, un état d’esprit propice à la réception, dès le début du film", expliquait-il d'ailleurs en 1993.

L'Histoire d'Arrête-moi si tu peux : 

Frank Abagnale Jr (Leonardo DiCaprio) est l'un des dix individus les plus recherchés des Etats-Unis dans les années 60. Grands habitués des escroqueries, il a détourné plus de 2,5 millions de dollars et est poursuivi par Carl Hanratty, un agent du FBI qui s'est fixé comme objectif de le retrouver. Une mission bien difficile car le fugitif est un véritable caméléon. 

La bande annonce du film :