Nom de naissance WC Fields
Naissance
Darby, près de Philadelphie, Pennsylvanie, États-Unis
Décès
Nationalité Américain
Genre Homme
Profession(s) Acteur, Scénariste, Interprète
Avis

Biographie

On a dit de lui qu'il était « le plus grand humoriste américain depuis Mark Twain ». La réévaluation de son uvre au travers de multiples reprises le prouve désormais : il est considéré comme l'un des comiques majeurs de son époque, après Chaplin et Keaton, dans la mesure où sa vie demeure inséparable de ses films, dont elle est l'éclairage indispensable.Fils d'un marchand des quatre-saisons cockney originaire de Londres, il décide à l'âge de neuf ans, après une sortie au cirque, de devenir jongleur. Ayant quitté le domicile paternel, il vit dans les terrains vagues et les granges de rapines et de chapardages. Ce paria précoce découvre ainsi deux de ses ennemis traditionnels : les chiens, qui savent reconnaître d'emblée un vagabond, et les enfants, dont il envie secrètement la vie familiale. Il dira plus tard des premiers : « Ces fils de chienne lèvent la patte sur les fleurs », et des seconds : « Je les préfère frits. » C'est en 1893 qu'il débute enfin comme jongleur dans un parc d'attractions de Philadelphie, puis dans les académies de billard et suit en tournée des troupes de mélodrames à l'ancienne ou des spectacles de vaudeville dont il conservera les maniérismes en les satirisant dans leurs excès. En 1905, il joue sa première pièce légitime, The Ham Tree, vaudeville musical ; puis, après avoir fait le tour du monde et joué aux Folies-Bergère, il est engagé par le légendaire Florenz Ziegfeld, qui l'exhibe dans ses Follies de 1915 à 1925. Il y donne, en les embellissant sans cesse, ses numéros de croquet, de golf, de billard et de pique-nique. On le verra aussi dans les « Scandales » de George White et les « Vanités » de Earl Carroll, où il esquisse les sketches de dentiste et de pharmacien qu'il développera au cinéma. Il créera également la comédie musicale Poppy (1925), où, dans le rôle du professeur Eustace McGargle, escroc, hâbleur et misogyne, il trace les lignes pratiquement définitives de son personnage mythique. Jongleur impénitent dans sa jeunesse (il avait exhibé son talent devant Édouard VII et aux côtés de Sarah Bernhardt, dont le contrat stipulait pourtant qu'elle ne se montrait jamais en compagnie de saltimbanques et d'animaux savants), clochard des princes, il exigera bientôt d'être affiché comme « W. C. Fields, le distingué comédien ».Dès 1915, il apparaît dans des courts métrages, mais c'est en 1924 qu'il fit ses vrais débuts au cinéma, surtout dans Sally of the Sawdust de D. W. Griffith, tiré de Poppy, pendant le tournage duquel il passe déjà pour un perfectionniste de sa propre idiosyncrasie et le maître absolu de ses routines. Lecteur assidu de Dickens, il adore se fabriquer des patronymes farfelus et des costumes avantageux, cols durs, guêtres et hauts-de-forme, qu'il dessine lui-même avec un vrai talent de caricaturiste. L'arrivée du parlant en 1930, avec la révélation de sa voix traînante, capable de mille variations de volume, et de ses exquises trouvailles verbales, trouve en lui un héros déjà complètement posé et imposé de mari fanfaron, généralement tyrannisé par la vie de famille, et qui se réfugie dans les détails obnubilants d'une vie de petit commerce provincial, dans les illusions d'une minable sinécure foraine, ou dans les songes vains d'un spéculateur malchanceux. Il a déjà tourné deux films avec Griffith (le second est That Royle Girl, 1926) et trouvé ses metteurs en scène favoris : Edward Sutherland (It's the Old Army Game, 1926) et Gregory La Cava (So's Your Old Man, 1926, Running Wild, 1927), qui savent l'amadouer et stimuler ses instincts créateurs.C'est la première partie de sa carrière, la période réaliste, fondée sur l'observation minutieuse et furibarde d'un milieu rural ou suburbain au carrefour de O'Henry, Booth Tarkington et Ambrose Bierce, sur l'humour libertaire du petit homme opprimé par le quotidien et qui médite une éclatante revanche. Elle s'oppose à la période surréaliste qui suivra et comporte d'absolues merveilles comme Une riche affaire (1934), où il donne sa version définitive de la sieste épique de l'épicier Bissonette sur son porche semé d'embûches, et les Joies de la famille (1935), dont les scènes de ménage atteignent à une splendeur digne de Huysmans. Cette période s'appuie sur des variantes classiques du personnage de McGargle : on les trouve dans la Parade du rire (1934), Mississippi (1935), Poppy (1936) et même David Copperfield, où il ramène à lui le rôle de Micawber.Enfin, c'est le triomphe de l'ère absurde, où l'oncle Claude, auteur complet, vénéré pour sa sereine incongruité, s'écrit des scénarios fort improbables sous des noms d'emprunt tels que Charles Bogle, Otis Crible Coblis ou Mahatma Kane Jeeves. Des extravagances musicales comme Big Broadcast of 1938 (course de paquebots que se disputent deux jumeaux excentriques) culminent à la Universal avec ces parfaites aberrations narratives que sont Sans peur et sans reproches (1939), où Fields dirige abusivement un cirque, Mines de rien (1940), où un employé de banque dirige un film au pied levé, et surtout Passez muscade (1941). Autres moments privilégiés, il forme avec l'agressive Mae West l'un des couples les plus destructeurs du cinéma dans Mon petit poussin chéri (1940) et incarne Humpty Dumpty dans l' Alice au pays des merveilles de Norman McLeod.Génie du monologue nasal, des fioritures verbales excessives et autres incongruités anachroniques, il se complaît à des effets sonores insultants, à des chansons indéchiffrables, il s'exprime en aphorismes foudroyants : « Lady Godiva a mis tout ce qu'elle avait sur un cheval. Les femmes me font autant d'effet qu'un éléphant : j'aime à les regarder, mais je n'en voudrais pas à la maison. » Mort la nuit de Noël, qu'il détestait particulièrement, dans un berceau géant où il agonisait depuis des semaines, il laisse le souvenir d'un révolté surréel, d'un pamphlétaire subversif et d'un cynique impénitent, dont les trouvailles reflétaient l'imaginaire poétique le plus pur. Il est le Benjamin Péret du cinéma.

Filmographie Cinéma

Année Titre Métier Rôle Avis Spectateurs
2015 Mines de rien Acteur M
2015 Sally Acteur Prof. MC GARGLE Eusface
2015 Mississippi Acteur Commodore Jackson
2015 Si j'avais un million Acteur le retraité
2015 Parade et rire Acteur MAC GONIGLE

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