Théo Angelopoulos © Visual

Theo Angelopoulos

Théo Angelopoulos © VisualThéo Angelopoulos © Visual
  • Profil mis à jour le 01/03/2012
  • Nationalité :
    Grec
  • Date de naissance :
    27 avril 1935
  • Date de décès :
    24 janvier 2012
  • Sexe :
    Homme

La biographie de Theo Angelopoulos

Après des études de droit puis un bref passage à Paris, il suit en 1962 les cours de l'IDHEC. De 1964 à 1967, il est critique cinématographique au quotidien Allagi. Un long métrage entrepris en 1965 avec le groupe de musiciens pop Formix Story ne pourra jamais être achevé. Quand Angelopoulos parvient en 1970 à persuader un jeune producteur (George Papalios) de financer son premier film, il n'a encore réalisé qu'un seul court métrage  : l'Émission (1968).


La Reconstitution provoquera une certaine surprise en remportant en 1970 le grand prix de Salonique. À travers l'intrigue pseudo-policière du récit un émigré, à son retour d'Allemagne, est assassiné dans un village retiré de l'Épire par sa femme et l'amant de celle-ci , on remarque un style et une démarche idéologique dont l'originalité tranche sur le conformisme du cinéma grec de l'époque. Le fait divers retient moins l'attention du metteur en scène que l'enquête qu'il déclenche, ainsi que ses implications sociologiques individuelles et collectives.Ses trois oeuvres successives  : Jours de 36 (1972), le Voyage des comédiens (1975) et les Chasseurs (1977) apparaissent comme une vaste trilogie sur l'histoire de la Grèce contemporaine. S'appuyant sur une forme de pensée à la fois dialectique et didactique héritée de Brecht, Angelopoulos fouille la mémoire collective de ses compatriotes afin d'en extraire une leçon politique et sociale. Il nie les procédés courants du récit filmique, se refuse à ce que le spectateur s'identifie à un quelconque héros ou épouse inconditionnellement une thèse préalablement établie. Il privilégie le choix d'un petit groupe social représentatif par rapport à la notion de masse et utilise avec virtuosité les richesses et les possibilités techniques du plan séquence, parce que sa longueur permet de subtiles variations sur le rapport espace-temps, autorise même parfois le télescopage de deux moments historiques distincts, en éclairant de manière imprévue ou évidente, le passage du mythe à la réalité...


En bref, le cinéaste sait brasser dans un même mouvement de caméra diverses composantes du récit. Cette ambition pourrait conduire à la confusion ou à l'intellectualisme abscons si elle n'était portée par une intelligence lucide et par une constante exigence formelle. On retrouve cette liturgie très personnelle qui n'est pas sans évoquer certaines règles de tragédie grecque dans Alexandre le Grand (1981), fable moraliste et amère sur un bandit justicier, figure quasi légendaire vénérée par le peuple, qui devient, par intransigeance et radicalisation, tyran mégalomane, et dans le Voyage à Cythère (1984) où, à travers l'histoire d'un vieux combattant communiste de la guerre civile exilé en URSS et qui à son retour dans la mère patrie s'aperçoit qu'il n'y a plus de place ni pour lui ni pour ses idéaux, le cinéaste s'interroge sur les rapports du temps, de l'histoire et de la mémoire.

Il réalise en 1986 l'Apiculteur  avec Marcello Mastroianni, d'un style plus réaliste et plus intimiste, en 1988 Paysage dans le brouillard, admirable voyage initiatique et poétique de deux enfants en quête d'un lien paternel et affectif, en 1991 le Pas suspendu de la cigogne (avec Mastroianni, à nouveau, et Jeanne Moreau) et, en 1995, le Regard d'Ulysse, splendide dérive à travers les Balkans d'un cinéaste d'origine grecque qui tente de retrouver le premier film mythique tourné à l'aube du siècle par les frères Manakias qui remporte le Grand Prix du Festival de Cannes.


3 ans plus tard, en 1998, il reçoit la Palme d'Or pour sa fameuse oeuvre, L'éternité et un jour. Il fait ensuite une pause cinématographique avant de revenir en 2004 avec le premier volet d'une trilogie, Eleni. En 2008, il présente le deuxième volet, Poussière du temps.

Malheureusement, le réalisateur ne pourra finir sa trilogie : il meurt renversé par un motard le 24 janvier 2012.

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Commentaires sur Theo Angelopoulos

Pour sa deuxième année, l’Association Hellénique de Bretagne propose de découvrir sur les grands écrans rennais « les Grecs et leur cinéma », les 28, 29 et 30 mars prochain. Cette manifestation sera marquée par la participation exceptionnelle du réalisateur Théo ANGELOPOULOS. Au programme : Dimanche 28 mars, à 18 heures, en présence du réalisateur Théo Angelopoulos, projection au Ciné-TNB du film « la Poussière du temps » (125 min.). C’est le second volet d’une trilogie dont la première partie intitulée « Eleni »a été présentée au public en 2006 Lundi 29 mars, à 10 h30: le réalisateur sera reçu à l’Université de Rennes 2 Haute-Bretagne par les étudiants et les enseignants. Des films du réalisateur seront projetés au cinéma le Tambour afin de sensibiliser le public qui le souhaite à l’œuvre du grand cinéaste. Lundi 29 mars, à 20 heures, projection du film « Eduart » (105 min), un drame d’Angeliki Antoniou. A l’issu de la séance, échanges autour de mezzés grecs Mardi 30 mars, à 18 h ou 20 h, projection de « Plato’s Academy », (103 min.), comédie de filippos Tsitos. Quelques mots sur l’AHB : L'Association hellénique de Bretagne a été créée en 1994 sur l'initiative de quelques Grecs résidant à Rennes. Son objectif est la promotion de la culture hellénique dans la région. Son activité régulière principale est l'enseignement du grec moderne avec des cours destinés aux enfants et aux adultes avec le concours de l'Ambassade grecque en France. L’association est à l’initiative de deux manifestations annuelles : la Cérémonie du Bâton d’Euclide (remis en 2009 à Costa Gavras) et « Les grecs et leur cinéma ». Quelques mots sur la carrière d’Angelopoulos Théo ANGELOPOULOS est né le 27 avril 1935 à Athènes. De 1961 à 1963, il suit les cours de la Sorbonne et de l’IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques).Il tourne ses premiers films en 1968. La célébrité lui sourit avec, œuvre devenue film culte, « le Voyage des comédiens » (1974) qui, en deux ans, obtient 5 prix. 1984, « le Voyage à Cythère ». Maintenant le cinéma de Théo Angelopoulos va susciter l’intérêt à chaque projection d’une nouvelle œuvre. 1986, « l’Apiculteur », avec Marcello Mastroianni. 1987, « Paysage dans le brouillard », œuvre qui va entraîner abondance d’analyses et bénéficier de récompenses dont le Lion d’argent à Venise. 1991, « le Pas suspendu de la cigogne », avec Marcello Mastroianni et Jeanne Moreau ; c’est à l’occasion de la mise en chantier de ce film qu’il va se heurter en Grèce au conservatisme de certains esprits : lui-même et Jeanne Moreau ont encouru les foudres de la hiérarchie religieuse grecque. 1995, « le Regard d’Ulysse ». 1998, « l’Eternité et un jour », avec Bruno Ganz, le 11è de ses films. Palme d’or au Festival de Cannes cette année-là. A cette occasion, le jury couronna, plus qu’un film, l’œuvre d’un réalisateur qui avait porté à leur plus haut degré les qualités du 7è Art. 2004, « Eleni », projeté à Rennes lors de notre « Première Semaine du cinéma grec », en avril 2006. 2009, « la Poussière du temps » présenté à Rennes, au Ciné TNB, dans le cadre de l’édition 2010 « Les grecs et leur cinéma ».
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Anonyme | le 24/03/2010 à 11h49 | Signaler un abus
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