The Melvins

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The Melvins
  • Profil mis à jour le 01/03/2012

La biographie de The Melvins

The Melvins existe depuis 1986, en France, ils sont restés confidentiels ; mais aux Etats-Unis, leur périple (de maison de disques en maison de disques, de disque inattendu en disque inattendu) ne les a pas non plus aidés à obtenir cette "bonne visibilité" qui fait la moitié du travail pour la reconnaissance symbolique d'un teenage rock combo. On peut dire de leur somptueuse histoire qu'elle est encore en chantier. Leur meilleure publicité, c'était encore le succès de Nirvana en 1992.

Le trio d'Aberdeen (ville où a longtemps vécu Cobain, aussi) n'a fait strictement aucun effort pour devenir riche et célèbre. Dès le début, leur leader, Buzz Osbourne, s'est contrefoutu de la gloire. Il fait partie des rares qui ont compris que l'important était dans la qualité du public et non dans sa quantité. Les Melvins ne se sont jamais intéressés à la vie de patachons des rockers : ni la drogue, ni l'alcool, ni le suicide à 27 ans. Les Melvins existent depuis 1986 pour faire choir les clichés.

 

Si les Melvins ont été radicaux, c'est dans leur musique. Le premier morceau du premier album ("Eye Flys", sur Gluey Porch Treatments) met quatre minutes avant de balancer ses quelques paroles éparses, comme jetées depuis le dernier étage du Chrysler Building. Les Melvins ont commencé en faisant du rock le plus lourd et lent possible ; ils ont continué en faisant de l'expérimentation la plus lourde et lente possible. Et tout ça avec un sens rare de la beauté. Les Melvins, c'est d'abord une basse répétitive, en boucle, pour mesmeriser l'auditeur et l'insensibiliser, des énormes coups de batterie à contretemps - un larsen prodigieux, quelques mauvaises fréquences, et une voix qui donne l'impression de Black Sabbath sur un magnétophone qui déconne ou de Alice Cooper après un troisième double pontage.

 

De Ozma (1989) à Hostile Ambiant Takeover (2002), les Melvins n'ont cessé de surprendre leurs auditeurs : des petites chansons lourdes de 45 secondes aux suites complexes sinistrement poétiques de quinze minutes sans compter l'accumulation de EP extraordinaires, de live nouveaux, de 45 tours à petits tirages grotesques et sérieux... Leur tour de force, c'est la trilogie de 1999-2000 : The Maggot, The Bootlicker et The Crybaby. Un premier disque de rock très, très lourd ; un deuxième, de mélodies délicates, d'ambiances morbides et de comptines hautaines ; un troisième, de collaborations baroques et de reprises désarmantes d'intelligence. Les Melvins sont au hard rock ce que Manet est à la peinture : la reprise indifférente des thèmes tragiques, la sensibilité dégagée de ce sens somptuairement sacrifié, l'élégance venant d'une insignifiance par excès.

 

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