The Feelies
- Bio
La biographie de The Feelies
Les Feelies furent à leurs débuts une anomalie. Pour les sociologues de l'époque, ils auraient pu représenter cette fameuse exception qui confirme la règle, cette escarmouche qui situe d'autant plus l'ensemble de référence. Bien avant leur mélodieux syncopal sorti en 1980, le groupe de New York officiait déjà dès 1978. Et en plein essor et explosion punk, les Feelies faisait sans doute tâche. Dans un contexte maculé, ils sortaient invraisemblablement du lot; trop propres, trop BCBG, pas assez rebelles. Mais finalement, en une période où le formatage de l'insoumission était de mise, les plus subversifs n'étaient-ils pas dans ce contexte ces innocents blanc-becs aux riffs vifs et aux mélodies dévastatrices ?
A la genèse des Feelies se trouvent les camarades de lycée Bill Million et Glenn Mercer, deux jeunes guitaristes et chanteurs. En 1977 ils sont rejoints par le bassiste Keith Clayton, et le batteur Vinny Denunzio, et commencent à jouer dans New York, commençant à attiser l'intérêt des soifards en rock alternatif masqué par l'avènement des Ramones ou autres Television. En 1978, Keith Denunzio remplace Clayton, Anton Pier remplace Denunzio et un an plus tard sortent un premier single "Fa Ce-La" chez Rough Trade. Alors que le punk glisse rapidement vers le post-punk, la normalité des Feelies tranche sec, et la sortie de Crazy Rhythms chez Stiff en est le point d'orgue.Malgré le soutien de la critique, l'album est un échec commercial presque prévisible. Il faut dire que Million et Mercer n'étaient pas non plus les personnes des plus conciliantes, notamment lorsqu'on leur impose producteurs externes et écriture de singles vendeurs. Ajouté à cela les faibles ventes, ils se firent vite débarqué de Stiff, puis Denunzio et Fier quittèrent le groupe. En hiatus avec les Feelies, Million et Mercer commencent à jouer avec d'autres musiciens locaux, dont Brenda Sauter, Stanley Demeski et Dave Weckerman, avec qui ils formeront Yung Wu The Trypes ou encore The Willies de 1982 à 1986. Ce même quintet sera par ailleurs le nouveau lineup des Feelies qui rentreront en studio en 1986 pour un second album The Good Earth, produit par Peter Buck de R.E.M., fan de la première heure.
Ils signent sur A&M Records et sortent dès 1988 un troisième album Only Life. Cette fois signés sur un label de renom, les Feelies tentent de glaner un succès public qu'ils estiment amplement mériter. Plus amples, plus mélodieuses, les compositions de Million et Mercer gagnent en accessibilité ce qu'elles perdent en urgence. En 1991, bis repetita pour ce qui sera le dernier album du groupe, Time For A Witness. Cette même année, Million part pour la Floride sans en informer quiconque annonçant ainsi abruptement la fin des Feelies. Fabuleux groupe oublié des années 80, et s'oubliant un peu lui-même au cours de cette décennie, les Feelies furent ce que New York avait de plus palpitant et de plus paradoxal à proposer. Presque avant-gardiste, la normalité subversive du groupe associée à sa folle musicalité à l'allure infatigable, est un héritage encore aujourd'hui prôné et enfin évalué à sa juste valeur. par Kristoffe Biglete
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