Genre Homme
Avis

Biographie

Terre Thaemlitz est un personnage volontairement ambigu. Comme sa démarche musicale : consacré par l'establishment musical "underground" pour son activité en tant que DJ plutôt deep-house (très club, quoi) au point d'être primé en 1991, il est adulé pour ses travaux ambient par des otakus friands de productions expérimentales. Cultivant un look transgenre qui le fait parfois ressembler à Genesis P. Orridge, Terre Thaemiltz est né au Minnesota, en 1968. Il débarque à New York à l'adolescence pour faire des études artistiques. Mais c'est le monde de la nuit qui va l'embarquer. Il se retrouve donc DJ puis devient résident au Sally's en 1991, un club fréquenté essentiellement par des transsexuels. Il continue encore d'officier sous le nom de DJ Sprinkle, notamment au Japon où il est presque une icône parmi un cercle d'initiés. Et reste un fervent militant de la cause au travers de ses productions, à la manière d'Ultra Red (cf. Second Nature) comme en témoigne son album Love For Sale sur Mille Plateaux en 1999 ou sa pièce radiophonique Trans-Sister-Radio (Grain Of Sound, 2005). Mais c'est avec des compositions rigoureusement ambient, space et harmonique, qu'il s'est fait connaître au milieu des années 90s en faisant jeu égal avec Deep Space Network, Omicron, Cabaret Voltaire, Seti, Adham Shaik, Facil et Tetsu Inoue sur Instinct Records (Tranquilizer) et sa filiale Instinct Ambient (Soil). Il commettra ensuite des albums sur Subharmonic (avec Bill Laswell), Caipirinha (Couture Cosmétique), A-Musik et, plus récemment, pour Mule Electronic (Presents... You? Again ?) tout en sortant régulièrement des productions sur son propre label Comatonse Recordings. Et au fil de ses réalisations, on s'aperçoit que Terre Thaemlitz passe allègrement de l'ambient-electronic le plus abstrait, impliquant par exemple un travail sur des bandes et du collage (Means From An End), à des compositions séquencées à l'extrême (Interstices) ou thématiques à partir de documents (Lovebomb). Mieux encore, il n'a pas hésité, bien avant Señor Coconut, à reprendre [people]Kratfwerk au piano (Die Roboter Rubato) avant de s'attaquer, toujours dans cet esprit électro-acoustique, à Gary Numan (Replicas Rubato) puis à Devo (Oh, No! It's Rubato) !