Tennessee Williams

La biographie de Tennessee Williams

Auteur à succès et à scandale, il est, de tous les dramaturges modernes américains, celui auquel le cinéma aura eu recours avec le plus de régularité. En vérité, les films adaptés de ses pièces sont souvent assez remarquables, et l'on peut penser que l'écriture de Williams, relativement souple, était destinée à l'écran. Son dialogue, presque incantatoire, n'ennuie jamais et suscite de nombreuses images que le cinéma a parfaitement su traduire. La visualisation donne à son univers de névrose et de déchéance un poids poétique dont souvent la scène le prive. Même les adaptations les plus plates (la Ménagerie de verre, I. Rapper, 1950 ; la Rose tatouée, D. Mann, 1955 ; Été et fumées, P. Glenville, 1962) accrochent l'intérêt, d'autant que Williams sait écrire de grands rôles. Mais, naturellement, le résultat est fulgurant quand un grand cinéaste, sensible au dialogue, rencontre son théâtre. Kazan pour Un tramway nommé désir (1951), Baby Doll (1956, scénario de Williams lui-même), Brooks pour la Chatte sur un toit brûlant (1958) et, surtout, Doux Oiseau de jeunesse (1962), Mankiewicz pour Soudain l'été dernier (1959) ou Losey (Boom !, 1968) ont su réaliser des films très personnels tout en faisant honneur à l'art de l'écrivain. Il faut aussi évoquer le Visage du plaisir (José Quintero, 1961), qui adaptait avec talent le Printemps romain de Mrs. Stone, un de ses rares romans, et qui donnait à Vivien Leigh un rôle magnifique. Propriété interdite (S. Pollack, 1966) développait un tout petit acte en un astucieux et émouvant « à la manière de », plus vrai que nature. En somme, un heureux mariage qui a suscité, de plus, de grandes créations d'actrices.

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