Philippe Quinault

  • Bio
  • Profil mis à jour le 01/10/2009
  • Nationalité :
    Française
  • Date de naissance :
    03 juin 1635
  • Date de décès :
    26 novembre 1688
  • Sexe :
    Homme

La biographie de Philippe Quinault

Poète et dramaturge français, fils de boulanger, Philippe Quinault est né le 3 juin 1635 à Paris.

Esprit précoce, il grandit et se forme sous la protection du poète et romancier Tristan L’Hermite qui l’initie à l’art de la rime. Il l’aide également à présenter, avec succès, sa première comédie Les Rivales, jouée à l’Hôtel de Bourgogne, alors qu’il n’a que dix-huit ans. D’ailleurs, dès l’âge de douze ans, Philippe Quinault manifeste un net penchant pour le théâtre.

Toutefois, conscient des aléas du métier d’écrivain, il étudie le droit en vue de devenir avocat au Parlement. Jeune homme ambitieux, il fréquente les salons féminins et, pour plaire à cette compagnie, il se met à écrire des pièces où la galanterie se fait jour avec éclat. Il signe plusieurs pièces et s’essaie à différents genres.

En 1654, il écrit deux comédies pastorales : La Généreuse Ingratitude, puis en fin d’année, L’Amant indiscret. Philippe Quinault choisit soigneusement les dédicataires de ses œuvres et s’adresse, dès ses débuts, à de très puissants protecteurs. C’est ainsi que La GénéreuseIngratitude est dédiée à Armand de Bourbon, prince de Conti, et L’Amant indiscret au duc de Candale, Gaston de Nogaret. À vingt ans, il est désormais un poète célèbre.

L’année suivante il fait jouer une tragi-comédie, Les Coups de l’Amour et de lafortune. C’est toujours le sentiment amoureux qui constitue le vecteur essentiel et la thématique centrale de ses œuvres.

Après la mort de Tristan L’Hermite en 1655, Philippe Quinault cherche à le remplacer dans la maison du duc de Guise. Sa production théâtrale est régulière. Se succèdent, en quelques mois, Le Fantôme amoureux, La Mort de Cyrus, dédiée à Mme Fouquet, puis Le Mariage de Cambyse, dédiée au duc d’Anjou.

En 1657, le jeune poète s’illustre en combinant, dans La Comédie sans comédie, plusieurs genres : pastoral, burlesque, tragique et tragi-comique. Il triomphe également avec Amalasonte, une tragi-comédie dédiée à Mazarin, alors principal ministre de la Régence. Sa pièce suivante, Le Feint Alcibiade (1658), est aussi l’une des grandes réussites du théâtre de l’époque.

En 1660, Philippe Quinault se marie avec Louise Goujon, une riche veuve, et réussit à acheter en 1661 une charge de valet de chambre du roi. Cette union l’installe dans une aisance financière et lui ouvre de nouveaux horizons. Stratonice fait un triomphe en 1660. Sa réussite théâtrale se double de succès mondains : il est accueilli dans les salons, il séduit les précieux et se complaît sous la protection du duc de Guise.

Durant la période qui suit, Philippe Quinault donnera quatre tragédies, dont deux sont extrêmement bien accueillies: Agrippa en 1662, et Astrate en 1664. Ces deux pièces recueilleront tous les suffrages du public et seront rejouées plusieurs fois. Cette réussite lui attire les attaques de l’auteur de L’Art poétique, Nicolas Boileau. Seuls Edme Boursault et son ami Charles Perrault prennent sa défense.

En 1665, Philippe Quinault écrit la comédie La Mère Coquette, dédiée à Mme de Montausier. Le succès de la pièce assoit davantage sa notoriété.

L’année 1668 est très importante dans sa carrière, puisqu’il fait alors officiellement partie du chœur des poètes chargés de célébrer la gloire de Louis XIV. Ce dernier lui accorde une pension annuelle de 2000 livres. De plus, l’Académie Française l’accueille en son sein comme nouveau membre en octobre de la même année. Pour le poète et dramaturge, cette consécration renforce aussi sa position sociale.

C’est à partir de 1671 que son parcours théâtral prend une nouvelle direction. Philippe Quinault va rivaliser réellement avec Racine, non pas en composant des tragédies, mais en imposant un genre nouveau : l’opéra. Il va alors collaborer avec Jean-Baptiste Lully, un compositeur d’origine italienne, Molière et Corneille sur Psyché, une tragi-comédie-ballet, autrement dit une tragédie lyrique en musique, d’inspiration mythologique. Cette triple association est exceptionnelle dans l’histoire du théâtre du XVIIe siècle. La représentation est un immense succès.

Philippe Quinault trouve dans ce genre nouveau un cadre idéal pour son talent, et cette expérience réussie le pousse à continuer de travailler avec Lully. Dès 1672, ils écrivent de nombreux livrets d’opéra : Alceste en 1674, Atys en 1676 et Armide en 1686.

Certains ennemis de Quinault, dont Boileau, ne cessent pourtant de lui adresser de vives critiques. Ils fustigent la faiblesse de ses vers qui « n’étaient ni d’une grande force ni d’une grande élévation ». On l’accuse de « n’avoir songé qu’à plaire ». La Fontaine et Racine font également partie de ses détracteurs.

Vers la fin de sa vie, Philippe Quinault cède aux sentiments religieux que sa femme lui a inspiré ; il compose des vers pieux, et meurt peu de temps après le triomphe d’Armide, le 26 novembre 1688, à Paris, à l’âge de cinquante-trois ans.

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