Peter TOSH

La biographie de Peter TOSH

  • ELLE A DIT \" Wanted dread & alive \" Fluctuat

Un bon rebelle est un rebelle mort ! Comment ne pas appliquer ce faux adage à celui qui a voulu détrôner le roi, légaliser la ganja, insulter les politiciens... Né en 1944 en Jamaïque, Winston Hubert McIntoch dit Peter Tosh grandi à Trenchtown, le fameux quartier de Kingston où vivait aussi Bob Marley. Ils forment le noyau dur des Wailers avec un troisième lascar, Neville O'Reilly Livingstone alias Bunny Wailer. Une photo célèbre les montre tous les trois dans de petits costumes étriqués, très clean avec leurs cheveux courts et leurs noeuds pap !  À cette période, dans les sixties, ils ne sont encore qu'un groupe à la charnière du ska et du reggae. Les racines de sa rivalité profonde avec Marley sont à rechercher dans la deuxième mouture du groupe, lorsque ce sera Bob Marley & The Wailers et non plus un projet commun, anonyme, sans leader affiché... Quand il s'agira de faire des concessions et de lisser les textes pour partir à l'assaut de marché musical international sous le commandement de Chris Blackwell.Après avoir marqué de sa présence les albums du début des années soixante-dix, Soul Rebels, Catch A Fire et Burnin', Peter Tosh claque la porte en vilipendant les engagements, ou plutôt les absences d'engagements selon lui, de Bob Marley; son ami d'enfance à qui il avait appris la guitare... Une haine recuite va même le pousser à prononcer des paroles peu reluisantes au sujet des origines métissées du pape du reggae... Deux ans plus tard, en 1976, il sort enfin son premier album solo. Le titre est sans appel : Legalize It. Ce sera bien évidemment un tube. Mais au-delà de ce "folkore" très rasta, ce disque a d'indéniables qualités. C'est du reggae bien roots, dans le ton de cette époque. Un peu plaintif, mélodique et "fumeux" à la fois... Les frères Barrett ne l'ont pas abandonné et assurent le tempo avec l'appui de Robbie Shakespeare et Tyrone Downie aux claviers. Peter Tosh s'impose au premier plan de la scène reggae. En Jamaïque, sa popularité croît en fonction du degré d'éloignement de Bob Marley qui sillonne le monde pour prêcher la bonne parole... La réconciliation n'est pas à l'ordre du jour. En revanche sur son deuxième album, Equal Rights, on retrouve Aston et Carlton Barrett ainsi que Rita Marley, Judy Mowatt (quasiment les I-Threes donc) et Bunny Wailer !Son troisième album voit apparaître un autre invité de marque : Keith Richards venu poser quelques riffs de guitare... Il faut dire que ce disque co-produit par Robbie Shakespeare sort sur le propre label des The Rolling Stones ! Peter Tosh enregistrera aussi une version de "Don't look back", un des morceaux phare du disque, en duo avec Mick Jagger. Quelques années plus tard, Keith Richards produira Max Romeo... Mais pour l'heure nous sommes en 1978 et c'est aussi l'année où a lieu un grand concert de réconciliation nationale pour tenter de mettre fin aux dissensions politiques qui secoue la Jamaïque. La situation étant devenue critique, mortelle (et là, ce n'est pas une figure de style...). Intitulé One Love Peace Concert, cet événement réunissait notamment Dillinger, Culture, Dennis Brown, Big Youth, Ras Michael, Bob Marley et Peter Tosh qui n'a pas manqué d'interpeller les politiciens en fumant un bon gros spliff... Il reste une trace de sa harangue et de son live notamment sur Talking Revolution, des archives mises au jour par Pressure Sounds. Peter Tosh enchaîne ensuite les disques — Mystic Man, Wanted Dread & Alive, Mama Africa — et les concerts avec succès jusqu'en 1987. Année funeste où il se fait descendre chez lui par un "bad boy" venu lui réclamer de l'argent. À titre posthume, un Grammy Award lui a été décerné quelques mois plus tard pour son dernier album-studio, No Nuclear War. Ironie du sort, sa descendance, comme celle de Marley, a tenté de lui survivre musicalement. Mais Andrew Tosh n'a jamais eu l'étoffe d'un héros...

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