Avis

Biographie

Si Lionel Jospin n'a pas réussi à passer le cap du premier tour le 21 avril 2002, ce n'est pas à cause de la montée en puissance du FN. L'électorat de gauche de France a toujours été profondément divisé et plusieurs courants ont fait entendre leur voix à chaque époque. Quelques leaders charismatiques ont réussi à unifier tout ce beau monde. Ils s'appellent Jean Jaurès, François Mitterrand, Pierre Mendès France ou encore Léon Blum : les seuls, dans toute l'histoire du parti, à avoir réussi l'union sacrée contre la majorité de droite. Lorsque la SFIO se scinde, en 1921, et que les éléments communistes du parti créent le PC pour rester fidèles à l'URSS, le premier parti socialiste de France n'arrive pas à rester au pouvoir bien longtemps. L'union avec les radicaux du centre constitue une faible majorité sans l'appui des communistes. Il faut attendre 1936 et le Front populaire pour assister à la première alliance de gauche. Mais les difficultés économiques, la fuite des capitaux et la question de la guerre d'Espagne divisent sérieusement la majorité, contrainte à la dissolution l'année suivante. En opposition à la fois avec les gaullistes et les communistes à la fin de la seconde guerre mondiale, la SFIO peine toujours à se faire une place au gouvernement. Elle attend l'arrivée de Pierre Mendès France, puis de Guy Mollet, au pouvoir en 1956. Le Président du Conseil s'embourbe dans la guerre d'Algérie et vote maladroitement les pleins pouvoirs à l'armée. En 1958, c'est la déconfiture, et le retour de Charles De Gaulle au pouvoir. La Ve République sonne le glas de la SFIO. La gauche se cherche et n'admet pas la montée en puissance de François Mitterrand. Gaston Defferre échoue contre Georges Pompidou en 1969, et doit laisser la place à « Tonton », fort de son nouveau parti de gauche allié aux communistes, la FGDS. L'homme de l'opposition crée le Parti socialiste actuel au Congrès d'Epinay, en 1971. S'il échoue contre Valéry Giscard d'Estaing en 1974, Mitterrand gagne en 1981. Pour la première fois depuis 1958, les socialistes reviennent au pouvoir. Les premières mesures adhèrent à l'esprit de gauche, mais la réalité oblige le gouvernement à opter pour la rigueur budgétaire. François Mitterrand devient ensuite le dernier obstacle à la refondation du parti. En 1995, Lionel Jospin impose son « droit d'inventaire » après une fin de règne calamiteuse pour le président. Sa nomination au poste de Premier ministre en 1997 et le soutien d'une majorité plurielle lui permettent de secouer l'idéologie du parti. Adoption du traité d'Amsterdam, de l'euro, privatisations et négligence des délocalisations : en marge de la réduction du temps de travail, l'idéologie PS tourne véritablement vers la social-démocratie. Ce qui a largement contribué à la défaite du PS en 2002. Délaissant une partie de son électorat plus proche de l'extrême gauche, le PS a fait l'erreur de lui tourner le dos. Le non à la constitution européenne a également révélé qu'une petite majorité de l'électorat de gauche ne suit plus la direction libérale que prend le PS, malgré le renouvellement des adhérents en 2005 (presque 250 000). Aux élections présidentielles de 2007, Ségolène Royal a été nommée candidate à l'issue d'élections primaires organisées pour la première fois. Ce qui n'empêchera pas le PS d'échouer pour la troisième fois consécutive dans la course à l'Elysée. Aux législatives suivantes, le parti obtient tout de même 200 sièges et réalise un beau score aux municipales suivantes Fondateur : François Mitterrand Date de fondation : 1971 Premier Secrétaire : François Hollande