Nom de naissance Fust
Genre Homme
Avis

Biographie

Poète, romancier, essayiste et dramaturge hongrois, Milàn Füst est né en 1888, à Budapest, en Hongrie. Issu d’une famille juive de la petite noblesse appauvrie, il a été l’initiateur du vers libre dans la poésie hongroise. Auteur de nombreux drames, Milàn Füst, reste avant tout connu pour sa prose située dans un cadre dramatique fictif. Ses écrits, dotés d’une grande intensité visionnaire, sont l’expression de tout un univers imaginaire, donnant toujours plus d’inspiration et de fascination aux nouvelles générations de poètes dans son pays.Dès l’âge de 16 ans, Milàn Füst commence à écrire son long Journal avec une grande détermination. Il y reprend les événements survenus au cours de sa vie et qui seront une source d’inspiration pour ses œuvres vouées à l’exploration de la personnalité humaine. Lors de sa publication, il en manquera une partie importante relative aux années 1944 et 1945, et dont les pages en auraient été détruites.Collaborateur de la revue littéraire Nyugat (Occident), Milàn Füst y publie son premier texte en 1908. D’inspiration freudienne, il est considéré parmi les pionniers du mouvement littéraire occidentaliste. Comptant parmi ses adeptes des écrivains tels que Bielinski, Herzen, Tchaadaïev et Turgenev, ce mouvement russe du début du XIXe siècle préconise une évolution en prenant l’Occident pour modèle, en opposition aux slavophiles.Publiée jusqu’en 1941, la revue Nyugat donna l’occasion à de jeunes écrivains de s’exprimer en publiant leurs œuvres d’avant-garde. Elle a également permis à Füst de rencontrer le célèbre écrivain Ernõ Osvát, et de devenir l’ami de Dezsõ Kosztolányi et de Frigyes Karinthy.Après des études de droit et d’économie à Budapest, Milàn Füst devient enseignant dans une école de commerce. Se consacrant cependant à sa carrière de dramaturge et de poète, il écrit son premier drame, Des Vieillards à la Noce en 1910, qui sera suivi, dans le même genre, des Malheureux en 1914, et de Catulle, en 1927.Le premier recueil de Füst, Rien à changer, écrit en 1913, met en valeur le génie créateur du poète en donnant forme à ses phantasmes à travers un univers peuplé de visions médiévales et tragi-comiques, que l'auteur qualifie d'odes, d'élégies et de rhapsodies.Composée en tout d'une centaine de poèmes, l’œuvre lyrique de Milàn Füst est une série de scènes pittoresques et fictives, dont l'optique est inspirée de l’œuvre de Bruegel l'Ancien, donnant à l’âme humaine l’image d’une contrée vaste et on ne peut plus étrange.Tous les poèmes de Füst sont réunis dans une collection qui n’est autre que la version revue et augmentée de celle qui la précède, sous des titres différents. Cette œuvre sera rééditée en 1920 sous le titre Le Chœur de la mort, et en 1946 sous celui de La Rue des esprits. Elu au poste de procureur de l’Académie Vörösmarty en 1918, Milàn Füst est amené à en prendre congé en 1921. Lors de cette période, ses écrits décrivent des cas limites de situations humaines, mettant en scène des personnages immondes qui évoluent dans des environnements angoissants. Les Rieurs, écrit en 1918, relate l’évolution psychologique d’un personnage principal, constamment en quête d’inattendu, dans un monde où s’entremêlent imaginaire et réalité.Dans Avent (1920), Milàn Füst oppose un catholique clandestin à un juge dans le Londres du XIXe siècle, en pleine période de persécutions religieuses, mettant en évidence les mécanismes de la terreur à travers le premier personnage et les recoins obscurs de l'inconscient à travers le second. En 1928, Füst est atteint d’une névrose qui l’oblige à séjourner six mois au sanatorium de Baden-Baden. Trois ans plus tard, il revisite le théâtre britannique avec Le Roi Henri IV (1931) en mettant plus en valeur la psychologie des personnages d'inspiration shakespearienne.Conscient de son implication excessive à vouloir donner vie aux personnages de ses œuvres, il décide d’adopter le genre autobiographique. Ce procédé lui permet de prendre ses distances par rapport à ses sujets, procédé qu’il utilisera dans son chef-d'œuvre l'Histoire de ma femme écrit en 1942. Dans ce roman, Milàn Füst décrit la jalousie du Capitaine Störr pour sa femme frivole, entraînant le marin dans la déchéance jusqu’au naufrage. Entre anciens soupçons, nouvelles craintes, confusion de l’être et du paraître, Füst utilise la souffrance de son personnage afin d’atteindre les tréfonds des exaltations humaines et d’accéder au bonheur qui ne serait alors qu’une sorte de convalescence.En 1946, Füst se sert de ses conférences prononcées à la faculté des lettres de Budapest pour écrire Vision et ferveur dans l'art, ouvrage dans lequel il fait la distinction entre deux archétypes de créateurs.Enseignant à la Képzőmûvészeti Fõiskola en 1947, Milàn Füst reçoit le prix Kossuth en 1948 et sera pressenti pour le Prix Nobel en 1965, deux ans avant son décès.