Nom de naissance Miklós Jancsó
Naissance
Vác Hongrie
Décès
Genre Homme
Profession(s) Réalisateur/Metteur en Scène
Avis

Biographie

Miklos Jancso est un cinéaste hongrois né le 27 septembre 1921 à Budapest et décédé le 31 janvier 2014 dans cette même ville. Il est célèbre pour ses films Les sans-espoir, Rouges et blancs, Silence et cri et Psaume rouge. Il fut marié à la réalisatrice Márta Mészáros.Marxiste de formation, il n'a fait que des films d'histoire, de l'histoire hongroise pour commencer, les vicissitudes politiques passées devant aider et éclairer la politique d'aujourd'hui. Son oeuvre constitue une méditation passionnée monotone et toujours diverse sur le Pouvoir. Une sorte de péché originel pèse sur elle (et la féconde) : l'auteur a été stalinien, complice de mensonges, d'excès, d'injustices, dans la plus intègre, la plus enthousiaste bonne foi. Filmer apparaît comme une revanche philosophico-esthétique sur ce passé. Le pouvoir stalinien se voulait religion, culte et rite ; c'est à sa dénonciation que Jancsó donne un style religieux et cérémoniel. Le système ordonnait des fêtes truquées ; Janscó en organise de vraies. Passé 1968, le cinéaste ira jusqu'à se donner le malin plaisir de souligner, dans les films eux-mêmes, une analogie entre tyrannie politique et dictature de metteur en scène.Ses parents mère roumaine, père hongrois étaient originaires de Transylvanie, terre mi-hongroise mi-roumaine elle-même. Les problèmes de minorités, de nationalités, de frontières arbitraires, d'occupation étrangère, de domination traversent ainsi la chair même de sa famille et la sienne. L'histoire de la Hongrie n'est pas moins compliquée d'incohérences et d'absurdes contradictions que ne seront les intrigues des films de Jancsó. Après ses études secondaires dans une institution religieuse, Jancsó s'inscrit à la faculté de droit de Kolzstva (Cluj) en Transylvanie. Il est docteur en droit en 1944. Entre-temps, il a parallèlement suivi des cours d'histoire de l'art et, surtout, d'ethnographie, lesquels l'influenceront durablement (de là, son amour du folklore, sa connaissance en profondeur de la culture nationale).Premiers pas derrière la caméraIl a fait partie d'une « patrouille d'éclaireurs » spécialisés dans les chants villageois. Il ruse autant qu'il le peut avec l'appel sous les drapeaux, finit par être mobilisé et, à la fin de 1944, après quelques mois de guerre, est capturé par les Russes. Prisonnier, il se politise, s'intéresse au marxisme. 1946-47 : l'élan révolutionnaire s'incarne notamment dans les « collèges populaires », sorte d'universités populaires et de gardes rouges ou gardes du peuple, sectaires parce que convaincus, manichéens parce qu'enthousiastes, qui s'activent à l'agitation politico-culturelle. Jancsó dirige l'un de ces collèges (ils seront confisqués, en 1948, par la bureaucratie stalinienne et bientôt supprimés). Il entre à l'École supérieure d'art dramatique et de cinéma en 1947. Il obtient son diplôme en 1951. Encore élève de l'école, il a réalisé des courts métrages pour le Studio de l'actualité et des documentaires. Il persévère jusqu'en 1962. Au total, une trentaine de documentaires (dont 4 rapportés de Chine en 1956), que ceux qui les ont vus disent impersonnels et conformistes à l'exception de trois films de recherche : Aux abords de la ville (A Város Peremén, 1958) ; Derkovits (id.) ; Immortalité (Halhatatlanság, 1959). En 1957, le Studio est habilité à produire des films de fiction. Janscó tourne son premier long métrage, Les cloches sont parties pour Rome (1959), puis le premier épisode (les deux autres sont signés par Zoltan Vorkony et Károly Wiedermann) de Trois Étoiles (1960). Ces débuts portent la marque du réalisme socialiste, tel que les cinéastes polonais commencent alors à le dépasser, et d'un symbolisme appuyé. La crise intellectuelle et morale ouverte par l'insurrection de Budapest (1956), la « déstalinisation » et par le libéralisme prudent de János Kádár, Jancsó la surmonte en tournant Cantate, film antonionien dans son esprit comme dans son écriture.La recontre du succèsJancsó rencontre le romancier Gyula Hernadi, également un « ancien » des collèges populaires, qui sera de tous ses films (à de rares exceptions près). Commence alors le moment le plus fort, le plus inspiré de l'oeuvre de Jancsó, qui, de Mon chemin (1965) à Ah, ça ira ! (1969), avec ses trois films-phares : Les Sans-Espoir (1966), Rouges et Blancs (1967) et Silence et Cri (1968), hors de toute psychologie, de toute intrigue clairement articulée, dans un refus très moderne du sens immédiat, confère une dimension violemment épique et fantastique à l'histoire de la Hongrie, traumatisant le spectateur, le provoquant à l'analyse, et ce sans s'écarter du réalisme cinématographique. Lui succède « la tétralogie fasciste ». Sirocco d'hiver est une coproduction française, La pacifista, la Technique et le Rite sont produits par la radiotélévision italienne, seul Agnus Dei (1971) est hongrois. Ce cosmopolitisme justifie une approche plus universelle, plus abstraite, voire mythologique, du phénomène fasciste. Métaphores du fascisme et du stalinisme bien plus qu'explication ou analyse, ces films, dans lesquels l'anachronisme est de règle et où les morts ressuscitent, s'attachent à illustrer le processus constant, transhistorique, de l'accession au pouvoir par un tyran, les techniques et les rites qui lui permettent d'obtenir par l'avilissement de quelques-uns la soumission absolue de tous.Selon une esthétique inaugurée avec Ah, ca ira !, Jancsó installe ses thèmes sans souci de réalisme sur une sorte de superthéâtre qu'il anime de chorégraphies, de churs dansés et de tableaux vivants, somptueux, étranges ou terrifiants. Du musical à la manière d'un Busby Berkeley, il a tiré un langage politique étonnamment original. Psaume rouge (1972), Pour Électre (1975), Rhapsodie hongroise (1979) relèvent encore de la métaphore fasciste pour déboucher toutefois, et très vite, sur un cinéma de célébration le plus souvent admirable mais au triomphalisme injustifié. Depuis Agnus Dei, en fait, Jancsó ne croit plus en l'Histoire : " L'histoire n'existe pas." Ses derniers films exigent d'être abordés comme spectacles avoués, « mystères » (au sens médiéval du mot) socialistes. Soucieux d'atteindre la plus large audience, Jancsó a écrit un western (Le Miracle de l'Ouest) qui n'a pas trouvé de producteur et un film modérément pornographique, fidèle cependant à son allégorisme politique, Vices privés, vertus publiques, qui fut un échec.Dernières oeuvresL'apport le plus révolutionnaire du cinéaste hongrois est incontestablement son écriture. Jancsó procède par longs plans-séquences en permanent devenir (Psaume rouge en compte 27, Sirocco d'hiver, 12 !), qui conjuguent, dans la profondeur de champ, le travelling, le zoom et parfois la grue. Il instaure et maîtrise ainsi un montage dans le cadre et une dialectique sans précédents entre l'espace et le temps, chacun pouvant exalter la continuité/contiguïté de l'autre ou la détruire. Dans tel cadre d'Électre, le jour s'est levé entre le début et la fin du plan. Dans tel plan de Rouges et Blancs, entre son début et sa fin, la durée s'est contractée (ellipse) et l'espace prodigieusement dilaté. Ces jeux entre l'espace et le temps culminent dans l'Horoscope de Jésus-Christ (1989), où le réalisateur utilise avec malice et ambiguïté le « temps » des écrans vidéo comme l'une des nouvelles dimensions d'une sorte de thriller métaphysique et poétique.Durant les années 1990 et 2000, le cinéaste continue de réaliser des films, des documentaires et des courts métrages qui passent toutefois plus inaperçus. Jusqu'à son décès, survenu le 31 janvier 2014 alors qu'il a 92 ans, il n'a jamais cessé de tourner.

Filmographie Cinéma

Année Titre Métier Rôle Avis Spectateurs
1989 L'Horoscope De Jesus Christ Réalisateur -
1986 L'Aube Réalisateur -
1978 Rhapsodie hongroise Réalisateur, Scénariste -
1975 Pour Electre Réalisateur -
1975 Vices Privés, Vertus Publiques Réalisateur -

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