Max OPHULS
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- Profil mis à jour le 15/02/2010
- Date de décès :
La biographie de Max OPHULS
Un créateur longtemps sous-estimé, dont la gloire posthume n'a fait que croître. Un auteur au sens plein du terme, ayant affirmé, tout au long d'une uvre foisonnante, une personnalité originale, un style, une « vision du monde ». Un homme de spectacle total, qui a enrichi le cinéma de son expérience de la scène, de sa vaste culture, de sa fantaisie tourbillonnante et de sa quête d'un foyer ardent de poésie. On pourrait lui appliquer ce mot de Goethe à propos de Mozart (lesquels furent d'ailleurs ses deux grandes passions) : « Il y a dans toutes ses compositions une force créatrice qui agit de génération en génération et qui ne semble pas devoir être tarie et consommée de sitôt. »Sa carrière de cinéaste peut se diviser en quatre périodes : après dix ans de vie théâtrale bien remplie, qui font de lui un des metteurs en scène itinérants les plus prisés d'outre-Rhin (il a monté Shakespeare, Molière, Schiller, Ibsen, Bernard Shaw, Verdi, Offenbach, Johann Strauss, etc.), il aborde le cinéma à l'aube du parlant, et s'y affirme d'emblée comme un maître avec la Fiancée vendue (une trépidante adaptation de l'opéra-comique de Smetana) et Liebelei (d'après la pièce d'Arthur Schnitzler), deux films caractéristiques de sa manière : frais romantisme, chassés-croisés amoureux, nostalgie poignante et sens du destin. Rien de « viennois » là-dedans, comme on l'a dit, mais une sensibilité et une retenue toutes classiques, rehaussées par une élégance de forme que souligne un emploi très souple du travelling.Ensuite, contraint, en tant qu'israélite, de quitter l'Allemagne, Ophuls émigre en France. Son acclimatation sera difficile, et si aucun film de cette deuxième période n'est irréprochable, du moins y retrouve-t-on intacts son dynamisme créateur, sa vitalité et son humour, avec quelques plages de mélancolie : en particulier dans Divine, la Tendre Ennemie, Werther, Sans lendemain et De Mayerling à Sarajevo. De cette époque datent également deux incursions dans le mélodrame en Italie (La signora di tutti) et dans la comédie expressionniste aux Pays-Bas (Komödie vom Geld), imparfaites certes, mais qui témoignent d'une rare faculté d'adaptation.Puis, à partir de 1940, deuxième exil, vers les États-Unis, où Ophuls doit s'imposer, dans une langue et une technique nouvelles. Après plusieurs années difficiles où de nombreux projets avortent, il se voit confier par Howard Hughes la réalisation d'un film (Vendetta) en 1946, mais est chassé du studio après quelques jours de tournage. Sa carrière américaine s'amorce en 1947 seulement avec l'Exilé et surtout avec Lettre d'une inconnue, où Stefan Zweig l'inspire comme naguère Schnitzler.Lorsque Ophuls reprend enfin en 1950 le chemin des studios fran¿cais, son talent s'épanouit avec la Ronde, un film à sketches à la salacité enrobée d'humour, suivi du Plaisir, adaptation raffinée de trois contes de Maupassant (dont la Maison Tellier, transformé en émouvant rondo champêtre), puis Madame de, exercice de haute virtuosité qui débute en vaudeville fin de siècle et s'achève en pure tragédie (Danielle Darrieux, qui n'était qu'aguichante dans les deux précédents, y est sublime), enfin Lola Montès, flamboyant oratorio où l'art du spectacle se trouve à la fois transfiguré et moralisé, résolution de tous les thèmes épars jusque-là, retable baroque enchâssant un cur d'amour épris. D'abord objet d'une véritable cabale, ce dernier film, après bien des péripéties, se voit plébiscité par la jeune critique : ses audaces dans le traitement de la couleur et du CinémaScope en font le plus coûteux et le plus fascinant des films d'avant-garde. Mais c'est aussi, pour Max Ophuls, le chant du cygne. Il meurt d'une inflammation rhumatismale du cur, après une dernière mise en scène théâtrale, en Allemagne : le Mariage de Figaro.En exergue à l'uvre d'Ophuls, on place souvent ce mot de Lola la courtisane : « La vie, pour moi, c'est le mouvement. » Mouvement des formes, mouvements du cur, mouvement de sociétés. Des valses enchanteresses de Liebelei à celles, qui n'en finissent pas, de Madame de, du manège de la Ronde au tourniquet féerique au centre duquel s'exhibe Lola Montès, en passant par les délicates arabesques de Lettre d'une inconnue, Max Ophuls a dessiné comme à main levée une épure en perpétuelle mouvance, proche du cercle parfait.
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Photos et vidéos de Max OPHULS
La filmographie de Max OPHULS
- Les desempares ( 1949)
- Libelei ( 1933)
- Le roman de werther / werther ( 1938) 4
- Yoshiwara ( 1937)
- Une Histoire D'Amour ( 1933)


