Avis: 
Date de naissance: 
05 septembre 2015 (âge : 45 ans)
Date de décès: 
01 janvier 1970

Biographie: 

Dès dix-sept ans, il passe de l'université sur les planches de Broadway, et signe sa première mise en scène en 1946. On l'a vu deux ans plus tôt à l'écran dans Winged Victory, de Cukor et on ne l'y retrouvera qu'en 1976, dans End of the Game de Maximilian Schell. Lié avec Kazan, qui l'introduit à l'Actor's Studio, Ritt y a pour élèves James Dean, Joanne Woodward, Rod Steiger et Paul Newman, un de ses acteurs favoris lorsqu'il accède à la réalisation. Il a dû pour cela subir le purgatoire maccarthyste et attendre que la liste noire tombe enfin en déshérence. Ce libéral préoccupé par l'injustice sociale a besoin de travailler dans un climat de confiance, qu'il trouve avec Newman, ou avec le scénariste Walter Bernstein à partir de 1970. La première partie de sa filmographie dont le départ est l'adaptation d'une uvre de théâtre (réalisateur à la TV, Ritt se fait la main), avec John Cassavetes et Sidney Poitier ne se libère pas d'une intention démonstrative : voler au secours des justes causes, à commencer par le destin de la communauté noire dans l'Homme qui tua la peur (1957). L'univers de Faulkner lui échappe (le Bruit et la Fureur) ; mais le traitement appuyé des mélodrames ne laisse pas cependant le public indifférent grâce, peut-être, à un travail d'acteurs très fouillé. Le seul titre qu'on a envie de sauver de toute la période qui précède 1970, c'est Hombre, et quelques séquences de Le plus sauvage d'entre tous (le massacre du troupeau malade, par exemple), deux westerns évidemment ouverts sur la réévaluation des valeurs de l'Ouest toujours mythiques, et superbement photographiés en noir et blanc par James Wong Howe.La phase suivante concilie soudain, et avec constance, l'intérêt profond de Ritt pour un cinéma « engagé », des scénarios élaborés mais parfaitement déchiffrables, et poursuit une communion patiente, précise, sensible avec des acteurs aussi différents que l'énorme James Earl Jones (l'Insurgé), Sean Connery (Traître sur commande) ; Jon Voight (Conrack) ou Sally Field, qu'il révèle dans le rôle-titre de Norma Rae. Il semble que Ritt ait compris alors que l'évidence est préférable à la démonstration. Ses personnages se battent, ou se débattent, même s'ils viennent d'ailleurs avec naturel et sans discours c'était la force de Newman dans Hombre. Ils « appartiennent » à un paysage omniprésent (Sounder, Conrack) ; qu'on les accepte ou, le plus souvent, qu'on les refuse, ou qu'on les récuse, sous tous les motifs de ségrégation possibles (race, sexe, idées, classe sociale...), les fait creuser davantage ce terrain qui se dérobe, se heurter à cet environnement hostile et dont on ne les arrache plus sans saccager quelque chose d'essentiel. Du maccarthysme (le Prête-nom) à l'enseignement (Conrack) ou bien à la dignité du travail, dans un Sud arrêté sur son passé, avec la bataille que mène Norma Rae, chaque film de Martin Ritt renouvelle une thématique généreuse, devenue complexe, enrichie d'échos et débarrassée d'intentions naïves. Qu'il nous parle d'une romancière dans un environnement rural (Marjorie) ou d'un prolétaire analphabète dans un environnement urbain (Stanley et Iris), il trouve sans difficulté le ton juste, mesuré, ponctué de silences. L'échec de sa rencontre avec Barbra Streisand (Cinglée) montre assez que Ritt a, peu à peu, éliminé la stridence de son univers.

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