Marco Ferreri
Avis: 
Date de naissance: 
10 mai 1928 (âge : 68 ans)
Date de décès: 
08 mai 1997
Sexe: 
Homme
Profession: 
Réalisateur, Acteur, Scénariste

Biographie: 

Personnalité originale du cinéma italien, Ferreri, après avoir abandonné des études de vétérinaire, découvre le cinéma en réalisant des films publicitaires pour la société de liqueurs dont il est par ailleurs le représentant. Associé à Riccardo Ghione, il produit en 1950-51, sur une idée de Zavattini, des Documents mensuels qui se proposent de renouveler le genre des actualités cinématographiques et auxquels collaborent des cinéastes et des scénaristes célèbres (Fellini, De Sica, Visconti, Emmer, Moravia, Zavattini, Sinisgalli). L'échec de cette entreprise ainsi que l'insuccès financier des films auxquels il participe en tant que producteur (l'Amour à la ville L'amore in città, collectif, 1953 ; Donne e soldati, de Marchi et Malerba, 1955) le conduisent à abandonner le cinéma et à partir pour l'Espagne faire commerce d'appareils de projection et d'anamorphoseurs. Lié d'amitié au journaliste et romancier Rafael Azcona qui deviendra son scénariste attitré, Ferreri s'introduit dans les milieux cinématographiques et fait ses débuts de metteur en scène en tournant successivement El pisito (1958), Los chicos (1959), la Petite Voiture (El cochecito, 1960), trois films qui définissent déjà un univers d'ironie, de grotesque, de paradoxe, d'humour noir. Rentré en Italie et après avoir collaboré au film collectif réalisé à l'initiative de Zavattini, Les femmes accusent (Le italiane e l'amore, 1961 ; sketch Gli adulteri), Ferreri met en scène le Lit conjugal (Una storia moderna : l'ape regina, 1963), dont le contenu provocateur vis-à-vis de l'institution du mariage lui vaut les foudres de la censure. Désormais, le style de Ferreri est bien au point et le cinéaste va broder toute une série de variations sur le thème de l'aliénation de l'homme moderne, sur les contraintes, les frustrations et les tabous qui pèsent sur lui, notamment dans le domaine sexuel. Le Mari de la femme à barbe (La donna scimmia, 1964), l'épisode Il professore du film Controsesso (id.) sans doute un des chefs-d'uvre du cinéaste dans sa brièveté même , Marcia nuziale (1965), le Harem (1967), Break-Up (1969 ; version définitive du sketch L'uomo dei cinque palloni, 1965), Il seme dell'uomo (1969) sont autant de films qui expriment la prolixité d'un talent dont la volonté de communiquer relève d'une exigence vitale. Dillinger est mort (Dillinger è morto, 1969) marque un tournant dans l'uvre de Ferreri : le cinéaste se fait encore plus allégorique ; l'économie de moyens pour conduire un récit qui évoque l'absurde quotidien et l'état de crise de l'homme contemporain confine à l'ascèse. La thématique de Ferreri devient toujours plus désespérée, voire suicidaire ; si Dillinger est mort et Liza (La cagna, 1972) se terminent sur des fuites improbables, c'est la mort qui attend les protagonistes des films suivants : l'Audience (L'udienza, 1971) ; la Grande Bouffe (1973) ; Touche pas à la femme blanche (1974) ; Rêve de singe (Ciao maschio, 1978) ; Pipicacadodo (Chiedo asilo, 1979). À cet égard, la Grande Bouffe est exemplaire, avec le parti pris clairement symbolique de dire l'impasse de la société de consommation dans le suicide par indigestion d'un pilote de ligne, d'un journaliste, d'un magistrat, d'un restaurateur. Définissant une étroite liaison entre la sexualité et la mort, Ferreri conduit ses héros à la mutilation physique dans la Dernière Femme (1976) et dans Conte de la folie ordinaire (Storie di ordinaria folia, 1981). Ce dernier film marque l'aboutissement provisoire d'un cinéaste qui met en scène le drame existentiel de l'homme contemporain déchiré entre ses aspirations à une autre vie, à d'autres types de rapports, à d'autres formes de communication et une existence qui, telle qu'elle est, n'est vivable qu'à la condition c'est le thème d'un des sketches de Marcia nuziale de n'être que des poupées gonflables insensibles à tout ce que nous éprouvons. Provocateur, paradoxal, maniant l'agression verbale et le choc visuel, Ferreri dérange ; il ne peut en aucune manière laisser indifférent. En 1991, la Maison du sourire (La casa del sorriso) remporte l'Ours d'or au festival de Berlin.

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