Avis: 
Date de naissance: 
05 septembre 1888 (âge : 81 ans)
Date de décès: 
01 janvier 1970

Biographie: 

Son grand-père était architecte ; son père, directeur d'une importante entreprise de transports, fut magistrat consulaire et conseiller du Commerce extérieur. Après des études de droit et de lettres, Marcel L'Herbier suit les cours de l'École des hautes études sociales, puis travaille l'harmonie et le contrepoint. Il publie quelques mélodies. Il hésite entre la musique et la diplomatie. 1911-1913 : l'amitié de Maurice Leblanc, de Ricciotto Canudo, de Georgette Leblanc, de Maurice Maeterlinck l'oriente vers la littérature : critique, poésie, théâtre. Vient la guerre. L'Herbier, réformé en 1914, s'engage en 1915. En 1917, il sera affecté au Service cinématographique de l'armée. Entre-temps, Musidora l'a incité à voir Forfaiture (1915) de Cecil B. De Mille. Il s'enflamme pour le cinéma, lui qui le méprisait. Il fréquente Louis Delluc, Ève Francis, Émile Vuillermoz. Il écrit deux scénarios, le Torrent, Bouclette (1917). Il commence un premier tournage, Phantasmes (1918), bientôt interrompu. Sous l'égide du haut-commissariat à la Propagande, il tourne son premier film, Rose France (1919). Film d'esthète, pesamment patriotique, mais avant les Russes cinéma de l'immobile, du « tableau » symbolique qui se compose plastiquement sur l'écran. Il publie un texte capital, Hermès et le Silence (1918), qui témoigne d'une intuition étonnamment profonde de la nouveauté du cinéma : le cinéma n'est pas un art (il le sera peut-être un jour), c'est un langage neuf, inconnu, immense, créé pour parler aux foules et qui conteste la notion même, traditionnelle, de l'art. Mais L'Herbier, imprégné de culture fin de siècle, de littérature symboliste, de poésie décadente, va s'avérer impuissant à faire le cinéma de ses théories. Pour être « populaire », il sera le plus souvent puéril et la modernité dont il se prévaut (décors de Mallet-Stevens, de Fernand Léger ; costumes de Paul Poiret, de Claude Autant-Lara ; scénarios de Pierre Mac Orlan, toiles cubistes, musique de Darius Milhaud) ne touchera jamais que l'écorce de son uvre.Entre 1920 et 1928, tournant pour Gaumont d'abord, pour sa propre société (Cinégraphic, 1923-1928) ensuite, L'Herbier illustre la première avant-garde. Eldorado (1921) est son chef-d'uvre, qui anticipe le Kammerspiel. Les moyens propres du cinéma : la lumière et les ombres, les déformations, les flous, les surimpressions visualisent les états psychologiques des personnages, l'atmosphère morale des lieux, la violence du drame. Beaucoup plus ambitieux, fourmillant d'inventions brillantes mais disparates, l'Inhumaine (1924) et l'Argent (1929) couronnent la période muette de l'auteur. Le parlant venu, L'Herbier renonce à tout avant-gardisme. Deux filons, également commerciaux, se partagent alors l'essentiel de sa production : une série « russe », non toujours dépourvue de charme, qui se souvient de l'école russe de Montreuil ; une série patriotique, militaire, maritime et coloniale, dont le discours spontanément nationaliste et petit-bourgeois, devenu criant avec le recul des ans, situe Marcel L'Herbier comme l'un des plus politiques parmi les cinéastes français de l'époque. À la veille du second conflit mondial, Entente cordiale (1939), édifiée sur l'amitié franco-anglaise, sera un parfait film de mobilisation. Après la Comédie du bonheur (1940-1942), où les formes brillent moins que les thèmes, la Nuit fantastique (1942), raffinée, subtile, alimente ce courant d'évasion poétique (Méliès et musée Grévin, arcanes postsurréalistes) qui a marqué le cinéma français de l'Occupation. En 1943, L'Herbier fonde l'IDHEC. L'après-guerre voit l'enlisement définitif de sa carrière cinématographique. De 1952 à 1973, il se consacrera à la télévision.

Films réalisés par Marcel L'HERBIER

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