Lutte ouvrière
- Bio
La biographie de Lutte ouvrière
Lutte ouvrière traîne une réputation que les médias ont contribué à ternir, une histoire plus que décousue, et un électorat constamment minime. Même à l'époque de la Guerre froide, lorsque le communisme avait encore un avenir, LO n'a jamais réussi à atteindre la gloire du PCF. Pourtant, l'histoire de ce parti remonte à loin. A David Korner, alias Barta, qui fonde le Parti Ouvrier internationaliste en 1936 avec des membres déçus de la SFIO. Barta s'en retire en 1939 pour fonder l'Union communiste, qui devient un groupe clandestin durant la seconde guerre mondiale. En 1945, le parti compte seulement une dizaine de militants. De nouvelles dissensions apparaissent et l'UC disparaît en 1950. On réentend parler de lui en 1956 avec la fondation de Voix ouvrière. Barta n'y est plus dirigeant, mais écrit quelques articles dans la revue du parti. Après mai 1968, à cause du décret de Charles De Gaulle interdisant les partis d'extrême gauche, le parti est à nouveau dissous. Il se reforme immédiatement et publie la revue Lutte ouvrière, qui donne son nom au parti. La tradition de la fête annuelle de Presles naît en 1971. Et en 1974, l'ovni de la politique apparaît. LO choisit comme porte-parole la première femme à se présenter à une élection présidentielle, Arlette Laguiller. La persistance en politique, ça paie des fois. Arlette a connu ses meilleurs scores aux élections de 1995 et de 2002, qui lui ont permis, avec plus de 5%, de toucher des subsides de l'Etat. Mais en 2002, c'est la gaffe : elle refuse d'appeler à voter Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen et se met à dos tous ceux qui avaient voté pour elle parce que c'était la mode. Lutte ouvrière est à nouveau maudit. Même si c'était tendance de voter Arlette à un moment, il faut dire qu'elle est sacrément anachronique, et que les objectifs de LO sont farfelus. Le parti défend un « plan d'urgence » irréaliste, avec interdiction des licenciements, un impôt de 50% sur les bénéfices (au moins) et l'arrêt de toutes les subventions fournies aux entreprises. Ce plan d'urgence est la meilleure justification à leur entrée en politique. Parce que c'est dur de cumuler l'envie de pendre les patrons par leurs boyaux et la défense des intérêts des ouvriers au sein des institutions politiques. Si l'ouvrier vote pour LO, il sait que ses intérêts seront défendus, mais que les choses ne changeront pas d'un iota. LO est dépassé par l'évolution de la société et repose sur un électorat qui n'existe presque plus. Si l'on ajoute à cela les rumeurs entourant le mystère du parti, LO est généralement mal perçu. Les énormes sacrifices exigés des adhérents, le côté secte de l'organisation de LO font peur à l'opinion. Sans oublier le mystérieux « gourou » Robert Barcia, alias Hardy, omniprésent au sein du parti mais grand inconnu des médias. La Lutte ouvrière, une cause perdue ? Sans doute. Surtout, une organisation qui doit tout à Arlette, sans qui LO n'aurait jamais été aussi connue des électeurs.
- Date de fondation : 1973
- Fondateur : Robert Barcia
- Porte-parole : Arlette Laguiller
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