Nom de naissance KRISTEVA
Genre Femme
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Biographie

Née en Bulgarie, Julia Kristeva y a étudié la linguistique et rédigé une thèse sur le Nouveau Roman. En 1965, elle obtient une bourse d'étude pour venir compléter son travail en France. À son arrivée à Paris, elle devient l'élève de Roland Barthes et se joint au groupe Tel Quel où collaborent aussi, entre autres, Jacques Derrida, Michel Foucault et Philippe Sollers (ce dernier deviendra d'ailleurs rapidement son mari). La jeune femme tente d'ouvrir l'approche structuraliste à l'intertextualité et veut inclure l'approche psychanalytique dans la sémiotique, d'où le nom de "sémanalyse". En mai 68, tandis que la révolte étudiante bat son plein, Julia garde un certain recul par rapport à l'engouement communiste, elle qui a enduré les affres du stalinisme dans sa jeunesse. Selon ses dires, elle est alors plus attirée par une certaine « sensibilité maoïste ». En 1974, accompagnée de certains confrères (Sollers et Barthes), Kristeva part pour la Chine, laquelle subit de plein fouet la Révolution culturelle de Mao. Elle revient déçue de son voyage et décide de mettre entre parenthèses l'idéal politique pour s'intéresser davantage à l'inconscient. Elle suit les séminaires de Jacques Lacan et, en 1979, devient psychanalyste. De cette discipline, elle dira plus tard qu'elle : « [...] est un humanisme élargi et lucide. » Partagée entre la France et les États-Unis, la prolifique carrière universitaire de Julia Kristeva a généré une oeuvre théorique très dense, souvent articulée autour des thèmes récurrents que sont les états de crise (abjection, mélancolie, horreur, révolte, etc.), les limites du langage et le féminin. Au tournant des années 1990, Julia Kristeva se lance dans l'écriture romanesque et reprend, le plus souvent sous la forme de romans policiers (comme dans Les samouraïs et Meurtre à Byzance), la démarche d'historienne et les thèmes avec lesquels elle n'a jamais cessé de jongler. À ce jour, quatre romans ont été publiés.En 1997, Kristeva est directement attaquée dans un ouvrage polémique d'Alain Sokal et Jean Bricmont, Impostures intellectuelles, dans lequel les auteurs dénoncent une utilisation abusive de termes techniques mathématiques et physiques chez certains post-modernes, notamment jacques lacan, gilles deleuze, jean baudrillard... En dehors de ses activités d'écriture, Julia Kristeva fait une place à l'engagement social, plus particulièrement auprès des personnes handicapées, des femmes et des immigrants : elle voit dans certaines exclusions un pont dressé entre l'intime et le politique. En 2004, Julia Kristeva reçoit le tout premier Prix Holber (l'équivalent du prix Nobel pour les sciences humaines), pour l'ensemble de ses travaux, "consacrés à des problématiques qui se situent au croisement entre langage, culture et littérature".En 2006, elle se voit remettre le prix Hannah Arendt pour la pensée politique à Brême. Elle en fait officiellement don à l'ONG Humani Terra.Julia Kristeva a crée et dirige le centre Roland Barthes. Elle est aujourd'hui enseignante à l'Université Denis Diderot (Paris VII). Son dernier ouvrage, Thérèse mon amour, est consacré à la vie de Sainte-Thérèse d'Avila.