John WAYNE
Profil mis à jour le 06/01/2007
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Sa biographie

Sa famille installée dans l'Ouest, le jeune Morrison tourne autour des studios de Hollywood. Figurant, il rencontre Tom Mix, puis John Ford (1927), et travaille comme accessoiriste à la Fox. Il apparaît pour la première fois au générique d'un film sous le nom de « Duke » Morrison, ce qui était prémonitoire (Words and Music, 1929). Mais c'est Walsh qui, dans la Piste des géants, l'année suivante, met en selle (et sous le nom qu'il va garder), un cavalier éprouvé, cascadeur à l'occasion, que le drôle de goût de l'époque va mâtiner à l'écran d'une forte dose de séducteur gominé, tout frais sorti des mains du costumier. Pourtant, les dés sont jetés ; Wayne a déjà trouvé ses maîtres, au sens premier du terme : Ford et Walsh font de cet acteur cabochard un professionnel. Au cours de sa longue carrière, il ne se gagnera pas que des amis, ni des admirateurs, mais, s'il est une qualité qu'on ne lui contestera jamais, c'est bien d'aimer son métier et d'avoir fait la preuve, non sans passion, qu'il y avait toujours quelque chose à en apprendre. Cow-boy, ou shérif alors rasé de près, Wayne subit le meilleur des rodages, celui des séries B. Quand Ford revient au western en 1939, il donne sa véritable et durable image de marque à son ancien accessoiriste dans la Chevauchée fantastique. L'uniforme bleu soutaché de jaune de la cavalerie colle à la peau de Wayne. Ce sera un de ses emplois types : l'officier loyal, lucide, expérimenté. Cette figure demeure exemplaire, grâce à sa simplicité, de la seule épopée du monde moderne : la conquête de l'Ouest. D'ailleurs, l'acteur la peaufinera à chaque occasion, parallèlement à son long parcours de westerner crédité ou pas d'une étoile de shérif. De ses incursions assez rares dans le film psychologique, retenons un beau fleuron (son dernier travail pour Republic : il va passer à la Warner), l'Homme tranquille (Ford, 1952), et son ultime prestation, dans ce qui n'est pas un emploi de composition : Wayne meurt d'un cancer (le Dernier des géants, de D. Siegel, 1976). Si, par ailleurs, il a surabondamment payé tribut, avec conviction, au film de guerre, exaltant courage et abnégation sur terre, sur mer et dans les airs, il doit à la sottise des producteurs un ou deux fâcheux détours du côté de Gengis Khn, ou sur les talons de Max von Sydow porteur de la croix du Christ une vieille histoire lourdement contée par Stevens (1965). Ce qui reste, c'est l'homme de l'Ouest sous son apparente rusticité. Moins monolithique qu'on veut bien le dire, Wayne appartient naturellement à l'univers du western. Témoin, peut-être la mort dans l'âme, de l'érosion de la légende, du recul des mythes au-delà de la « frontier » nouvelle née d'un regard plus critique, plus analytique, porté sur l'histoire, il se garde de figer ses personnages dans le refus, joue admirablement sur les non-dits, comme, aussi bien, sur les ambiguïtés d'un monde en train de se faire. Des passages par l'émotion (Ethan Edwards dans la Prisonnière du désert encore Ford en 1956), ou par l'humour (le shérif Chance de Rio Bravo, de H. Hawks, en 1959), jusqu'à l'inimaginable : mourir assassiné au milieu du film, sous les yeux des gosses dont il a fait des cow-boys d'occasion (M. Rydell, 1972), donnent de Wayne une image plus attachante que sa trop simpliste caricature de vieux baroudeur réactionnaire, qu'il a d'ailleurs volontiers acceptée. Il n'est pas seulement un Crockett se sacrifiant sans sauver Fort Alamo (une imagerie traditionnelle qu'il dirige très convenablement en 1960). Ses portraits de rancher rugueux on n'oubliera pas l'empoignade inattendue avec Monty Clift dans la Rivière Rouge (Hawks, 1948) , de redresseur de torts, justicier de l'ombre auprès d'un James Stewart humaniste et légaliste dans l'Homme qui tua Liberty Valance (Ford, 1962), et bien des figures, fussent-elles assez frustes, dessinées avec Hathaway, McLaglen, Wellman et quelques autres maîtres du genre, nous paraissent complémentaires, physiquement et mentalement enracinées dans un paysage qui change. Elles reflètent à la fois une nostalgie et un désarroi que les années 70 accusent brutalement. La gloire crépusculaire du « Duke », comme on le surnomme depuis longtemps dans les studios, s'en est trouvée atteinte, et comme humanisée. Enfin, l'allure, la gueule carrée rarement grimée (parfois une moustache), un accent de canard et des aboiements narquois ou comminatoires, un sourire en lame de couteau, ¿ca ne s'oublie pas ; pas plus que l'imparable revers du fusil à canons sciés dans la tronche du méchant de service paraphe d'une signature qui, au cours de la légende, ne risque pas de se dévaluer.

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