Nom de naissance Jerry Schatzberg
Naissance (91 ans)
New York, États-Unis
Genre Homme
Profession(s) Réalisateur/Metteur en Scène
Avis

Biographie

Il fut l'un des artisans majeurs de la renaissance du cinéma américain au début des années 70, mais, contrairement à ses confrères, il ne sortait ni de l'université, ni des productions Corman, ni de la télévision. Schatzberg fut l'un des plus brillants photographes des années 60, travaillant pour Vogue et McCall's, s'imposant dans la photo de mode tout en signant des portraits de personnalités célèbres, des scènes de rue, des paysages. Le sens du cadre, l'observation des modèles, la curiosité pour la vie quotidienne le préparaient au métier de réalisateur. On retrouve en effet dans ses films une grande qualité plastique, une direction d'acteurs d'un naturel parfait et un goût pour les rapports humains et la vie de l'Amérique contemporaine. Pour ses débuts au cinéma, il signe Portrait d'une enfant déchue (Puzzle of a Downfall Child, 1970), film à la narration complexe qui retrace subjectivement la vie d'une cover-girl (interprétée par Faye Dunaway) victime d'une dépression nerveuse. Le film frappe par sa nouveauté, sa sensibilité écorchée et son raffinement. Panique à Needle Park (The Panic in Needle Park, 1971) est une autre plongée dans la détresse humaine, celle d'un couple de drogués d'une grande ville filmés avec un réalisme impitoyable mais aussi chaleur et compassion. Al Pacino y fait ses débuts de vedette à l'écran. L'Épouvantail (Scarecrow, 1973) vaut à Schatzberg la Palme d'or du festival de Cannes. Al Pacino encore et Gene Hackman campent un couple de clochards qui traversent l'Amérique à la poursuite de leur rêve. Film lyrique, truculent, déchirant, picaresque, l'Épouvantail brosse les genres et les registres d'émotion avec une simplicité apparente qui est le fruit d'une grande maîtrise. Après ces trois films ambitieux qui n'eurent qu'un maigre succès commercial, Schatzberg allait faire preuve de son talent dans des entreprises plus modestes mais qui toutes, avec justesse et sensibilité, font le portrait d'Américains d'aujourd'hui : Vol à la tire (Sweet Revenge/Dandy, the All American Girl, 1976), sur une jeune délinquante qui dérobe des voitures pour s'acheter une Ferrari, la Vie privée d'un sénateur (The Seduction of Joe Tynan, 1979), sur la vie privée et professionnelle d'un sénateur, Show Bus (Honeysuckle Rose, 1980), sur les amours et les tournées d'un chanteur folk joué par Willie Nelson, Besoin d'amour (Misunderstood, 1983), remake de l'Incompris de Comencini, situé cette fois en Tunisie, et enfin No Small Affair (1984), sur la passion d'un jeune photographe pour une chanteuse. En 1987, il réalise la Rue (Street Smart), un mélodrame urbain qui dénonce et explique les relations ambiguës de la société et de la pègre et qui donne une perspicace analyse de la puissance des médias. L'Ami retrouvé (Reunion, 1989) dont le scénario est dû à Harold Pinter d'après un court roman de Fred Uhlman prend pour thème, avec en toile de fond la montée du nazisme en Allemagne, la quête d'une amitié d'enfance disparue dans la tourmente historique. Schatzberg s'éloigne ensuite des studios pendant une dizaine d'années mais revient à la mise en scène en 2000 pour tourner The Day the Ponies Come Back. Dans un cinéma américain de plus en plus dominé par les effets spéciaux et les effets tout court, Schatzberg a persisté à jouer sa petite musique où s'expriment les sentiments sans sentimentalisme et la beauté du monde sans que les images de cet ancien photographe ne deviennent jamais de « jolies » images.

Filmographie Cinéma

Année Titre Métier Rôle Avis Spectateurs
2001 The Day The Ponies Come Back Réalisateur, Scénariste -
1988 Enquete pour une vengeance Réalisateur -
1988 Enquête Sur Une Vengeance Réalisateur -
1988 L'Ami Retrouvé Réalisateur -
1986 La Rue Réalisateur -

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