Jelly Roll Morton
- Bio
- Citations
- Profil mis à jour le 01/03/2012
- Date de naissance : 20 octobre 1890
- Date de décès : 10 juillet 1941
- Sexe : Homme
La biographie de Jelly Roll Morton
- IL A DIT Né Ferdinand Joseph Lamothe Morton, Jelly Roll Morton est certainement le premier grand joueur de piano jazz. Fluctuat
D'origine créole et française, ce chanteur, compositeur et arrangeur doué fût l'un des premiers à savoir tirer parti des limitations du format 78 tours, alors en vogue, pour donner au jazz ses standards inoubliables. Homme facétieux, un brin mégalomaniaque, mais artiste brillant, Jelly Roll Morton cultivait un jeu de piano swing caractéristique qu'il perfectionna adolescent dans les nombreux bordels de Storyville à la Nouvelle Orléans. De son parcours dans tout le sud des Etats-Unis entre 1904 et 1917, rien ne filtre vraiment. On sait pourtant qu'il a beaucoup voyagé, et travaillé en tant que joueur dans des casinos, nettoyeur de piscines, souteneur, comédien de vaudeville et bien sûr, pianiste dans les honky tonk locaux. Jelly Roll Morton est une figure transitoire importante de l'histoire du jazz, avant qu'il ne puisse acquérir ses lettres de noblesse. Il illustre le passage du ragtime des années 20 (avec sa syncope remarquable) et celui des premières sessions de piano jazz. Très au fait de son talent, Jelly Roll n'hésitait pas à se nommer lui-même, "Inventor of Jazz thing". On sait par contre qu'il a beaucoup joué sur la côte Ouest de 1917 à 1922, puis s'est déplacé à Chicago où il marquera grandement la future "scène" locale. Entre 1923 et 1924, Morton enregistre des solos de piano pour de nombreux labels populaires et influents. Il forme le célèbre big band des Red Hot Chili Peppers et enregistre une série des disques pour le label Victor (aussi connu sous le nom de Victor Talking Machine Company), qui deviendront des classiques. Pour ses enregistrements de l'époque de Chicago, Morton était accompagné des meilleurs solistes et musiciens de la Nouvelle-Orléans, comme le tromboniste Kid Ory (Edward "Kid" Ory), Johnny Dodds, son frère "Baby" Dodds ou Barney Bigard. En 1928, Morton repart pour New York et continue d'enregistrer pour Victor jusqu'en 1930. Sa version New Yorkaise des Red Hot Peppers comporte des accompagnateurs comme Bubber Miley, Pops Foster et Zutty Singleton. Comme beaucoup de musiciens de jazz hot, la dépression de 1929 lui porta un rude coup. L'homme qui s'était habitué à la grande vie, aux beaux costumes et à toutes les excentricités (il s'était même fait poser un diamant dans une incisive) eut du mal à passer le cap quand le jazz hot tomba en désuétude. Le public se mit à préférer les compostions plus sophistiquées et les sons plus doux des big bands. Après 1930, ses divers excès auront raison de lui, c'est le déclin (il perdra d'ailleurs le fameux diamant enjolivant sa dentition). Il finit par jouer du piano dans les bouges de Washington DC. En 1938, Alan Lomax l'invitera dans le cadre de la réalisation d'une série d'entretiens au sujet du jazz. Il gravera avec lui plus de vingt-quatre 78 tours destinés à la bibliothèque du Congrès. Malheureusement, ces interviews ne seront accessibles au grand public qu'une décennie plus tard. La malchance veut que Jelly Roll Morton disparaisse peu avant que le renouveau du style Dixie (le Dixieland) qui sauve la plupart de ses pairs de l'obsolescence artistique. Jusqu'au bout, Jelly Roll Morton restera persuadé que ses problèmes de santé étaient dus à un sort vaudou. Reste qu'il incarne toute la Nouvelle-Orléans du début du 20e siècle.


