La biographie de Jean Hatzfeld
- IL A DIT On pensait qu'on ne pourrait pas éviter la guerre, qu'elle se terminerait et qu'il se serait passé quelque chose dans notre vie. Moi, je ne me suis jamais réjouie mais pas désespérée non plus. Je voyais ça arriver comme une sorte de nettoyage de printemps, un peu violent. Au début, beaucoup de gens étaient contents de ranger tous leurs ennuis dans le tiroir, comme des sous-vêtements usés. Fluctuat
Jean Hatzfeld est né en 1949 à Madagascar où ses parents s'étaient réfugiés, fuyant la France occupée en 1942 pour échapper à la déportation. La famille retournera ensuite en Auvergne, où son père est enseignant. Après quelques petits boulots, il intègre l'équipe de Libération à la rubrique sportive, avant de devenir grand reporter et de couvrir de nombreux conflits. Il écrit également des articles pour Géo, Actuel et Autrement et réalise des documentaires télévisés. Correspondant spécial et reporter de guerre, il sillonne les pays de l'Est, couvre l'ascension de Solidarnosc en Pologne, la chute du Mur de Berlin et celle de Ceaucescu lors de la « Révolution de velours » en Roumanie. De la fin des années 1970 au milieu des années 1990, il voyage dans les pays en guerre du Moyen Orient, au Liban, en Israël et en Irak. Il passe trois ans en ex-Yougoslavie, et est gravement blessé par balle à Sarajevo. Il publie deux livres les Balkans, L'Air de la guerre(1994) et La guerre au bord du fleuve(1999). Son expérience, celle d'un désenchantement lucide, y est retranscrite de manière précise et sensible, et brouille les frontières entre chronique de guerre et romanesque.En 1994, il se rend au Rwanda pour faire un reportage sur le massacre perpétré dans le pays ; il décide d'arrêter le journalisme afin de se concentrer sur ses recherches à propos du génocide. Il publie Dans le nu de la vie en 2000 (Prix France Culture et Prix Pierre Mille en 2000), ouvrage dans lequel il collecte les souvenirs des survivants Tutsi. Deux ans plus tard paraît Une saison de machettes, livre dans lequel il passe de l'autre côté et retranscrit ses conversations avec des Hutus condamnés pour crimes de guerre. Il a reçu en 2004, pour ce dernier ouvrage, le Prix Femina et le Prix Joseph Kessel. La Ligne de flottaison, récit plus intimiste sur les traumatismes d'un journaliste de guerre, sort en 2005. Il quitte Libération en juin 2006 après le départ de Serge July.

