JJ Cale

La biographie de JJ Cale

Surnommé JJ par un patron de bar californien  qui ne voulait pas qu'on le confonde avec le violoniste du Velvet Underground, le Gallois John Cale, il faudra attendre 2006 pour que le guitariste de l'Oklahoma joue enfin avec celui qui l'a rendu riche en reprenant After Midnight et Cocaïne, Eric Clapton sur The Road To Escondido. Mais il y a un avant, et quel avant !  Really ? Pendant que le Band, après des années d'électricité rock définissait un nouveau canon pour la country avec Music from Big Pink (leur maison à Woodstock), que les Byrds de Roger McGuinn et Gram Parsons composaient Sweetheart of the Rodeo, un guitariste de Tulsa dans l'Oklahoma lâchait lui aussi l'électricité incendiaire pour retrouver le son du bois, à peine électrifié et enregistrer à l'ancienne une musique faussement simple, jouée et produite avec et pour les amis. Le compositeur qui groovait laid-back était JJ Cale, l'ami producteur Audie Ashworth. Et, sur la route depuis 1958, Johnny Cale, ou le Johnny Cale quintet et même les Leathercoated Minds pour tenter l'aventure psyché sur le Sunset Strip de Los Angeles, avait déjà beaucoup donné dans le furieux.

 

After Midnight Auteur-compositeur, chanteur et guitariste au style unique, il végétait depuis des années quand son ami Ashworth lui apprit que Clapton avait enregistré une version à succès d'After Midnight qui passait sans cesse à la radio l'été 1970, et lui enjoignit d'enregistrer un album pour capitaliser sur ce succès et faire en sorte de se faire reconnaître aussi comme interprète. Le contrat signé avec Shelter, label de Leon Redbone  à Nashville, Cale sort en 1971 Naturally, l'album avec un dessin de ragondin à chapeau sur la pochette qui contient Call me The Breeze repris par Lynyrd Skynyrd, ainsi que ses hits Crazy Mama et After Midnight.I make Rock'n'roll records and I sell them for a Dime. I Make my living Feed My children All in Good Time (Rock'n'roll Records 1973)Le style Cale est là et il ne bougera plus : des paroles narquoises à tiroirs chantées d'une voix tranquille sur des titres, généralement enregistrés court et où il joue de tous les instruments guitare, basse, claviers avec une préférence pour les drums machines. On y entend un jeu de guitare qui connaît le rockabilly, le blues, la country et le jazz avec un son sudiste (cajun ou néo-orléanais du bayou) immédiatement reconnaissable, autant que son jeu de guitare fluide en accords simples et en picking. Des gens aussi divers que Mark Knopfler, Neil Young ou Bryan Ferry se sont inspirés de lui, et plus d'une cinquantaine d'artistes ont fait des tubes avec ses titres. Il aurait pu avoir la gloire, mais 15 ans introductifs de galère l'ont dégoûté des tournées. Le voir en live est un bonheur, car là le métier parle et le groupe s'offre souvent des versions à rallonge des tubes qui en sortent transformés et plein d'improvisations, la compo au petit poil de départ aidant ! Enregistrer continuellement ne lui laisse pas assez de temps pour vivre- et cela lui semble une plus que saine occupation. Il a remporté dernièrement un Lifetime Achievment Award pour sa carrière et reste dans un subtil clair-obcur avec la célébrité depuis maintenant 35 ans ; il en a 69 en 2008. Son album avec Clapton (une demande récurrente du Slowhand depuis 25 ans) enregistré en 2006, on entend enfin les deux compères dans une parfaite complémentarité de voix et de jeu et on se demande ce qu'aurait donné un groupe avec ces deux-là ! Elu meilleur disque de blues contemporain en 2008, et ce n'est pas fini, la nuit est encore jeune.  After midnight, we're gonna let it all hang out After midnight, we're gonna chug-a-lug and shout After Midnight (After Midnight 1971)

 

0
La vidéo du jour
  • Mr Nice VOST Mr Nice VOST
> Toutes les bandes-annonces