La biographie de Henri DEUS
- IL A DIT "J'avais 17 ans quand j'ai choisi ce nom de groupe, donc forgive me... C'est parce que j'aimais bien "Deus" des Surgarcubes (le premier groupe de Björk) et que j'étais en latin-grec à l'école!". (Tom Barman, 2005) Fluctuat
Venu de la trépidante scène belge, dEUS parvient depuis le début des années 90 à concilier audace, énergie et sens mélodique. Evénement critique attendu, chacun de leurs albums a marqué une évolution importante par rapport précédent, que ce soit du point de vue du style ou du personnel. Le groupe est, à raison, réputé pour ses prestations scéniques fortes en rock'n roll!Après de multiples expériences musicales sur la scène d'Anvers, les musiciens font paraître « Worst Case Scenario », leur premier album, en 1994. Et d'emblée, l'association sent la dream team. De guitares grunge en violons avant-gardistes, en passant par les voix bluesy de Tom Barman et Stef Kamil Carlens se posent sur un climat louche, agressif, arty en diable et dépouillé à souhait. Certains crient à l'intellectualisme, d'autres célèbrent la naissance d'un grand groupe. « Suds And Soda », la détonation qui ouvre le disque, résume à elle seule le meilleur des années 90. Jump rock scieur de jambes, obsédant et fédérateur, il évoque Placebo, les The Smashing Pumpkins ou Weezer : tout ce son des nineties qui rentrait dans le tas sans trop de chichis. Sur le reste du disque, on trouve des expérimentations torturées (« Morticiachair »), des blues-explosions entre Tom Waits et Jon Spencer Blues Explosion (« Worst Case Scenario », « Dive Bomb Jingle ») ainsi que de la country-rock littéraire et mélancolique : « Secret Hell » et surtout « Hotellounge ».Après l'étrange EP "My Sister = My Clock", difficilement trouvable et - il faut bien le dire - difficilement audible, dEUS revient en 1997 avec « In A Bar Under The Sea », un des disques les plus superbement sous-estimés de la décennie. Tiraillé par des tensions internes qui aboutissent au départ de Stef Camil Carlens (parti reformer son ancien groupe, Zita Swoon), le groupe parvient pourtant à se sublimer. L'album s'essaie aux registres les moins voisins. On part d'un funk-metal foutraque à la Red Hot Chili Peppers pour aboutir à une ballade jazzy et funèbre : "Wake Me Up Before I Sleep". Entre-temps, on longe, un peu étourdi, les terres du rock progressif ("Gimme The Heat"), du punk californien ("Memory Of A Festival"), de la pop anglaise ("Opening Night", "Little Arithmetics") et même du slow radiophonique ("Disappointed In The Sun"). Le climax résidant dans cet inoubliable "Roses" et ses trois, quatre, cinq ou six guitares (on a vite fait de perdre le compte) qui se chevauchent dans un orage magnétique... Avec moins talent, dEUS aurait perdu son auditeur en route. Mais la poésie déchirée de Tom Barman parvient à tirer une unité paradoxale de ce chaos.La formation ne survit cependant pas à ces sessions abrasives et, peu après la sortie du disque, c'est au tour de Rudy Trouvé de quitter la baraque pour fonder son groupe, Dead Man Ray. Pour « The Ideal Crash » (1999), dEUS recrute donc deux nouveaux membres : Craig Ward à la guitare et Danny Mommens. Souvent considéré comme leur meilleur album, il contient le classique « Instant Street », une ballade soyeuse qui se termine par une habituelle orgie métallique. Pour le reste, on sent un net changement de ton. A part les très agressifs "Put The Freaks Up Front" et "Everybody's Weird", qui lorgne vers la jungle, les morceaux semblent plus rechercher le songwriting délicat que le choc sonore. On retiendra dans ce registre "Sister Dew", "The Magic Hour" ou "Magdalena". La presse est conquise, mais à nouveau, l'ambiance se dégrade.Désireux de prendre le large, Tom Barman passe derrière la caméra et réalise « Any Way The Wind Blows ». Pendant ce temps, Danny Mommens cède aux coutumes en vigueur et crée son groupe à lui : Vive La Fête, très éloigné de l'esprit du groupe. Lorsque sort un Best-Of « No More Loud Music », en 2002, l'affaire commence à sentir le sapin... Cédant à on ne sait quelle pulsion de survie, le groupe parvient cependant à se relever en 2005 pour enregistrer "Pocket Revolution". Et encore une fois, les choses ne se passent pas simplement : Craig Ward est contraint de quitter le groupe à cause de problèmes de santé, bientôt suivi par Danny Mommens, dont le groupe a bien grandi... Et hop, en plein milieu de l'enregistrement, le groupe embauche Mawro Pawlowski qui, selon Tom Barman, possède deux qualités essentielles pour participer à dEUS : le calme et la patience! Champion toutes catégories du jeu de chaises musicales, le groupe parvient pourtant à retrouver une unité dans le chaos. Et, de "Bad Timing" à "Nothing Really Ends", en passant par "7 Days, 7 Weeks" et "What We Talk About (When We Talk About Love)", l'album s'avère un digne successeur de "The Ideal Crash".Des l'équipe originelle, le groupe n'a conservé que son Barman et le fidèle Klaas Janzoons au violon, mais ils tiennent bien le cap et promettent un prochain album pour bientôt.

