Nom de naissance Gloria Swanson
Naissance
Chicago, Illinois, États-Unis
Décès
Profession(s) Interprète
Avis

Biographie

À l'âge de quatorze ans, sa tante lui fait visiter les studios Embassy à Chicago. Par simple curiosité, elle accepte de faire de la figuration. On lui offre divers petits rôles notamment dans Charlot débute, le premier film Essanay de Chaplin en 1915, The Fable of Elvira and Farina and the Meal Ticket (film dans lequel son nom apparaît pour la première fois à l'écran, id.), Sweedie Goes to College (id.), The Broken Pledge (id.) et A Dash of Courage (1916), ces trois petites bandes avec un comédien (Wallace Beery) dont elle s'éprend et qu'elle épouse. Union malheureuse et très brève. Mais les deux acteurs ont néanmoins eu le temps de partir pour Hollywood, où Gloria Swanson se fait engager à la Keystone par Mack Sennett (malgré une légende tenace, il semble qu'elle n'ait jamais fait partie de la troupe des Bathing Beauties), mais elle quitte bientôt cette compagnie pour la Triangle, car elle ne désire pas se spécialiser dans la comédie. Elle veut devenir une actrice dramatique. En 1918, elle est l'interprète de Society for Sale (F. Borzage), Her Decision (J. Conway) et You Can't Believe Everything (id.), mais c'est Cecil B. De Mille qui lui apporte la renommée. Dans Après la pluie le beau temps (1919), For Better for Worse (id.), l'Admirable Crichton (id.), l'Échange (1920), Something to Think About (id.), Le cur nous trompe (1921), elle peaufine son image de marque : élégance, sophistication, un zeste d'audace sensuelle qui cache un moralisme prudent, une présence indéniable qui lui apporte une célébrité soudaine et durable. Il y a de l'extravagance dans les scénarios qu'elle tourne pour Sam Wood (The Great Moment, 1921 ; le Droit d'aimer Beyond the Rocks, 1922 ; Her Gilded Cage, id. ; le Calvaire de Madame Mallory The Impossible Mrs. Bellew, id. ; la Huitième Femme de Barbe-Bleue Bluebeard's Eighth Wife, 1923), Allan Dwan (Zaza, id. ; Scandale A Society Scandal, 1924 ; Tricheuse, id. ; Larmes de reine Her Love Story, id. ; le Prix de la vertu Wages of Virtue, id. ; Vedette, 1925), Léonce Perret (Madame Sans-Gêne, 1925), comme il y a de l'extravagance dans ses toilettes, dans ses mariages (après avoir tourné en France Madame Sans-Gêne, elle réapparaît à Hollywood au bras du marquis de la Falaise de la Coudraye). Elle fonde sa propre compagnie financée par Joseph P. Kennedy, son amant à l'époque, père du futur président des États-Unis en 1927 et se lance dans une aventure dispendieuse : le tournage de Queen Kelly (E. von Stroheim, 1928). L'entreprise, superbement baroque, ne pourra jamais être achevée. Gloria Swanson congédie le metteur en scène, dont le génie s'accommode plutôt mal des contraintes financières, tente de le remplacer par Edmund Goulding, mais doit finalement s'avouer vaincue. Elle mettra vingt ans à payer ses dettes, avouera-t-elle plus tard. Le film sera vu dans une version écourtée en Europe, mais ne sera jamais distribué en France. Pourtant, il reste le témoignage le plus éclatant du talent de l'actrice, qui y interprétait une timide couventine enlevée par un prince débauché et livrée à la fantaisie sadomasochiste d'une reine extravagante et corrompue. Ce prologue inspiré avait entraîné Gloria Swanson loin des conventions décoratives des films de De Mille. Le débraillé et le tapageur semblent paradoxalement fort bien convenir à cette star, par ailleurs si élégante et si délicate. Dans Sadie Thompson (R. Walsh, 1928), elle est une prostituée haute en couleur, pleine de vitalité et d'humanité, dotée d'un humour dévastateur. Elle chante dans son premier film parlant (The Trespasser, Goulding, 1929) et revient à la comédie dans Quelle veuve ! (What a Widow !, Dwan, 1930) et Indiscret (L. McCarey, 1931). Après Cette nuit ou jamais (Tonight or Never, M. LeRoy, id.), Perfect Understanding (Cyril Gardner, GB, 1933) et Music in the Air (J. May, 1934), elle abandonne le cinéma, travaille pour la radio et le théâtre, gère ses affaires. En 1941, Father Takes a Wife (Jack Hively) lui donne l'occasion d'un premier come-back sans suite. C'est Billy Wilder, en 1950, qui lui rend son aura. Boulevard du crépuscule lui permet de jouer avec un magnétisme sans égal le rôle de Norma Desmond, la star déchue. Non sans cruauté, le réalisateur l'entoure d'un valet qui n'est autre qu'Erich von Stroheim et de silhouettes illustres (C. B. De Mille, B. Keaton, Anna Q. Nilsson, H. B. Warner). L'évocation du vieil Hollywood émeut davantage peut-être que le récit lui-même, qui évoque les amours tragiques d'une vedette du muet et d'un scénariste sans talent. Après ce sublime chant du cygne, Gloria Swanson a le tort d'apparaître dans deux films sans intérêt, dans les années 50, voire de jouer son propre rôle, fugitivement, dans 747 en péril (J. Smight, 1974).

Filmographie Cinéma

Année Titre Métier Rôle Avis Spectateurs
2015 Les Week-Ends De Neron Acteur Agrippine
2015 Le Droit D'Aimer Acteur FITZGERALD Theodera
1974 747 En Peril Acteur elle-même
1950 Boulevard du crépuscule Acteur Norma Desmond
1931 L'Imprudente Acteur Geraldine «Gerry» Trent

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