Genre Femme
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Biographie

Elevée au début du vingtième siècle dans une riche famille de la bourgeoisie juive allemande, Gisèle Freund reçoit des mains de son père son premier appareil photo, un Leica. Elle étudie la sociologie à l'Université de Francfort-sur-le-Main, adhère au mouvement de jeunesses socialistes et lutte contre la montée du nazisme. En 1933, Gisèle Freund s'installe à Paris, s'inscrit à la Sorbonne et écrit une thèse de sociologie sur la photographie en France au XIXe siècle (publiée en 1936). A la même époque, elle commence une longue série de portraits de personnalités qu'elle poursuit toute sa vie durant. Passent devant son objectif : James Joyce, Simone de Beauvoir, Samuel Beckett, Walter Benjamin, Jean Cocteau, Colette, Paul Eluard, André Gide, James Joyce, Henri Michaux, Henri de Montherlant, Jean-Paul Sartre, Marguerite Yourcenar, Stephan Zweig... Tous sont tirés sans la moindre retouche. L'un de ses portraits les plus célèbres est celui d'André Malraux en 1935, réalisé à l'occasion de la réédition de son roman La Condition Humaine, fraîchement récompensé par le prix Goncourt. De manière modeste, Gisèle Freund expliquait : « A l'époque où je les ai photographiés, ils n'étaient connus que d'un public restreint. Ce n'est que des décennies plus tard que leurs oeuvres sont devenues célèbres et connues dans le monde entier. Quand les idées énoncées dans un livre nous ont plu, nous aimons voir le visage de celui qui les a exprimées. C'est la raison pour laquelle les éditeurs aiment publier l'image de l'auteur au dos du volume. L'auteur est inquiet et désireux de paraìtre aussi bien que possible, car son portrait est le seul moyen d'un contact charnel avec les lecteurs. » En 1936, Gisèle Freund se marie, prend la nationalité française et travaille pour le magazine américain Life. Assez rapidement, elle divorce, s'exile à Londres, puis, à partir de 1939, repart en France (à Saint-Sozy, près de Souillac) avant de vivre deux ans en Argentine. Mal à l'aise chez son hôte, la milliardaire Victoria Ocampo, elle part réaliser des reportages dans toute l'Amérique du Sud (Uruguay, Terre de Feu...) et travaille pour le compte du ministère de l'information du gouvernement de la France Libre. En 1946, Gisèle Freund retourne à Paris. Elle y expose ses clichés d'Amérique latine puis repart en mission sur place pour le Musée de l'Homme. Elle devient ensuite la première femme photographe de l'agence Magnum. As on départ, en 1954, elle collabore à de nombreuses publications : Paris Match, Art et décoration, Images du Monde... En 1968, le musée d'Art moderne de la ville de Paris l'invite à exposer ses oeuvres. Gisèle Freund gagne alors une reconnaissance internationale et se relance dans l'écriture. Elle publie notamment un essai sociologique intitulé Photographie et Société. En 1980, elle remporte le grand prix national des Lettres pour la photographie, et un an plus tard, elle réalise le portrait officiel de François Mitterrand. Peu de temps avant sa mort, survenue le 30 mars 2000, Gisèle Freund donne plus de trois cents photographies à l'Etat français. Quelques oeuvres majeures : Les Goudronneurs, 1931. Photographie Pantouflor, 1933. Photographie Enfant de chômeur, 1935. Photographie Couple, 1959. Portrait d'André Malraux. Gélatine d'argent. 39 x 26 cm Iris Murdock, 1959. Photographie Couple, 1959. Photographie Portrait de Samuel Beckett, 1964. Photographie Portrait de Sartre, 1968. Photographie Portrait de Marguerite Yourcenar, 1976. Photographie Portrait officielle de François Mitterrand, 1981. Photographie