Nom de naissance Françoise Giroud
Genre Femme
Profession(s) Scénariste
Avis

Biographie

Célèbre pour être l’une des écrivaines, journalistes et femmes politiques les plus influentes, peu connaissent le parcours de Françoise Giroud au cinéma comme scénariste, malgré une impressionnante filmographie d’une trentaine de films à son actif et un palmarès de réalisateurs prestigieux.Françoise Giroud, née Léa France Gourdji, voit le jour le 21 septembre 1916 à Lausanne, de parents turcs réfugiés politiques exilés à Paris. Elle n’a que quatre ans lorsque son père meurt, et l’orpheline quitte l'école à seize ans.Son diplôme de sténodactylographe en poche, elle fait la connaissance, en 1931 à Paris, du cinéaste Marc Allégret, par l’intermédiaire de Pagnol ; cette rencontre sera un des moments décisifs de sa vie. Cette époque marque aussi les débuts du parlant, et l’apparition du son rend le métier de script-girl autrement plus complexe qu’il ne l’était jusqu’alors : il requiert des qualités de mémoire, d’intelligence, un sens aigu de la synthèse et de l’observation, et l’art de la concision. Or, il se trouve justement que Françoise Giroud est dotée de toutes ces qualités, ce qui lui vaut la permission de rester sur le tournage de Fanny (1932) de Marc Allégret, en cas de besoin. En 1933, ce dernier décide de tourner Le Lac aux dames, avec Colette comme coscénariste : l’analyse que fait Françoise Giroud de ce film l’impressionne. Et la voilà propulsée, à dix-huit ans, scripte officielle. Elle se lie d’amitié avec Colette, et fait l’apprentissage du métier de dialoguiste. La jeune femme fait ses débuts de scénariste en 1934, dans une adaptation insolite de Courrier Sud de Saint-Exupéry, dactylographiant plusieurs versions du scénario, coécrit avec Robert Bresson. Si, la même année, le générique de La Grande Illusion mentionne « script-girl : Gourdji », Françoise Giroud est en fait l’assistante, la conseillère et la lectrice de Jean Renoir. Dans l’équipe, elle sympathise avec Jacques Becker, avec lequel elle collaborera bien plus tard, une fois la guerre finie. Elle écrit une trentaine de films. De 1942 à 1945, elle signe les scénarios de Promesse à l'inconnue, Le Secret de Madame Clapain, L'Ange qu'on m'a donné et Marie la Misère. L’écriture l’attend après la guerre, où elle est agent de liaison pour la Résistance. Elle choisit ses réalisateurs, tels Marcel L’Herbier, pour lequel elle adapte Au Petit bonheur en 1946, et va même jusqu’à signer, pour Danielle Darrieux, la chanson du Petit Chaperon rouge, un énorme triomphe.Jacques Becker lui met la plume à la main pour le scénario d’Antoine et Antoinette (1947) : elle ne la quittera plus. Ainsi, de cette collaboration naît un petit chef-d’œuvre, une comédie rare où les ouvriers sont érigés en héros.Mais Françoise Giroud se découvre une passion pour le journalisme, et elle se consacre de plus en plus à la direction du magazine Elle (1945-1953), puis de l’hebdomadaire L’Express (1953-1974), qu’elle fonde en collaboration avec Jean-Jacques Servan-Schreiber, son compagnon. Toutefois, elle poursuit encore son métier de scénariste pendant cinq ans (de 1949 à 1953), signant les scénarii de sept films, dont Ce siècle a cinquante ans (1949), L'Amour, Madame (1952) et Julietta (1953). De 1959 à 1991, elle n’aura écrit que deux films et un feuilleton : La Loi (1959), Le Quatrième pouvoir (1985), et Marie Curie, une femme honorable (1991, feuilleton).C’est donc en dehors du cinéma qu’elle suit l’avènement de la Nouvelle Vague, qu’elle a pressenti avec Becker douze ans plus tôt et dont elle se réjouit tant.En outre, elle accède au rang de Secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargée de la Condition féminine, de 1974 à 1976, puis devient Secrétaire d'État à la culture jusqu'en 1977, pour finalement se retirer de la politique en 1979.Françoise Giroud embrasse dès lors une carrière d’écrivain, publiant une douzaine d’ouvrages, dont plusieurs biographies de femmes (dont Alma Mahler et Marie Curie) ; de son expérience politique, elle écrit La Comédie du pouvoir (Fayard, 1977) et Le Bon plaisir (Mazarine, 1983), qui sera adapté au cinéma et scénarisé par ses soins. Elle meurt le 19 janvier 2003 à Neuilly-sur-Seine, à l’âge de quatre-vingt-sept ans.

Filmographie Cinéma

Année Titre Métier Rôle Avis Spectateurs
2015 Ce siècle a cinquante ans (Documentaire) Réalisateur -
1994 La Belle Que Voilà Scénariste -
1985 Le Quatrieme Pouvoir Scénariste -
1983 Le Bon Plaisir Scénariste -
1953 Julietta Scénariste -