Nom de naissance Francesco Rosi
Naissance
Naples, Campanie - Italie
Décès
Genre Homme
Profession(s) Réalisateur, Scénariste, Réalisateur/Metteur en Scène
Avis

Biographie

Francesco Rosi est un scénariste et réalisateur italien.Francesco Rosi s'est imposé à l'attention mondiale en 1961 avec son troisième film, Salvatore Giuliano, modèle de réalisme critique, qui reprenait l'héritage des maîtres du néoréalisme italien en lui donnant une dimension nouvelle, où l'analyse des causes et des effets se refusait à la psychologie et à l'identification. Ses oeuvres suivantes, admirées par ses pairs, couronnées dans les festivals (entre autres Lion d'Or à Venise pour Main basse sur la ville  1963, Palme d'or à Cannes pour l'Affaire Mattei, 1972), atteignant un large public, ont affermi l'audience d'un cinéaste qui, avec Olmi et Pasolini, donna un nouveau souffle au cinéma italien à l'orée des années 60.Le mélange, dans son oeuvre, d'une rationalité exigeante et lucide et d'une grande force émotionnelle et lyrique s'explique par ses origines napolitaines. Cette ville du Sud, sensuelle et superstitieuse, fut aussi fortement influencée par le siècle des Lumières et les encyclopédistes français. La famille paternelle de Rosi venait de Calabre, une région austère de forêts et de montagnes où les paysans sont durs au travail, honnêtes et volontaires. Celle de sa mère appartient à la bourgeoisie napolitaine qui, selon son propre aveu, possède « toutes les vertus et tous les vices de la culture espagnole : la grandeur et la confusion, la vantardise et la nonchalance ». La présence de l'Espagne à Naples pendant trois siècles se retrouve d'ailleurs dans certains sujets « hispaniques » choisis par Rosi (le Moment de la vérité, 1964 ; Carmen, 1984) ainsi que dans des projets latino-américains, un film sur le Che au début des années 70 et une adaptation du roman de Gabriel García Márquez Chronique d'une mort annoncée (1987). Sa formation est diverse et variée. Il collabore à Radio-Naples en 1944-45 comme acteur, scénariste et metteur en scène sous le contrôle de la Psychological Warfare Branch. Il dessine des illustrations de livres (pour Alice au pays des merveilles en particulier), est assistant metteur en scène de théâtre à Rome auprès d'Ettore Giannini en 1946, participe comme auteur et acteur à des revues de music-hall en 1947.Mais la rencontre décisive sera celle de Luchino Visconti, dont il est l'assistant metteur en scène (avec Franco Zeffirelli) pour La terre tremble en 1948. Il travaille aussi comme script sur le film, dessine les plans, apprend à utiliser les acteurs non professionnels et toutes les ressources d'un décor naturel. Il continue à assister Visconti pour Bellissima (1951) et Senso (1954) tout en travaillant avec des réalisateurs aussi différents qu'Antonioni, Matarazzo, Monicelli, Emmer et Giannini. En 1952, il aide Alessandrini à terminer les Chemises rouges. Il apprend aussi l'art du scénario en cosignant un certain nombre de scripts et collabore à la mise en scène cinématographique du Kean de Vittorio Gassman, prélude à son premier film, le Défi (1958), suivi peu après de Profession : magliari (1959), dont il écrit les scénarios, comme ceux de tous ses futurs films, avec l'aide d'écrivains, en particulier Tonino Guerra.Ses deux premières oeuvres, l'une consacrée à la mafia napolitaine, la camorra, et au marché des fruits et des légumes, l'autre aux Italiens de Hambourg, sont fortement influencées par les films noirs américains de Kazan, Dassin et Huston avec leur rythme nerveux, leur sens de l'atmosphère et leur dénonciation sociale.Mais c'est avec Salvatore Giuliano que, ajoutant à ces qualités une construction originale, une approche « objective » de la réalité politique et sociale, Rosi trouve son style. À dire vrai Rosi est l'héritier des deux maîtres du néoréalisme italien. De Visconti il possède le sens de l'histoire et le goût de la composition plastique et de Rossellini la capacité de restituer des fragments de réalité dans toute leur profondeur et leur vérité. Bien que les films de Rosi naissent souvent d'une recherche documentaire approfondie, leur approche n'est jamais documentaire. De plus, ils ne prennent place que rarement dans le contemporain immédiat, mais plutôt dans un passé point trop lointain, comme si une certaine distance était nécessaire pour distinguer le superficiel de l'essentiel, pour mieux éclairer les racines d'un problème et la chaîne des événements. En dépit des apparences, Salvatore Giuliano, l'Affaire Mattei ou Lucky Luciano (id., 1973) ne sont pas des biographies d'hommes célèbres. Ils se servent de personnalités historiques pour mieux comprendre la texture de la vie politique italienne, pour découvrir ce qui se cache sous la surface des choses, pour saisir le réel dans toutes ses contradictions.Les films de Rosi ne donnent pas de réponses mais posent des questions et sont animés par une recherche de la vérité. Le cinéaste traque les mensonges d'une société qui agit dans l'ombre (d'où le rôle majeur de la mafia dans son oeuvre). La soif de pouvoir, l'ambition des hommes publics, le contrôle des citoyens par les moyens de la guerre, du crime organisé, de l'économie et de la politique, tels sont les thèmes de Rosi.D'une certaine façon, son oeuvre retrace l'histoire de l'Italie au XX siècle depuis la Première Guerre mondiale (les Hommes contre, 1970), le fascisme (Le Christ s'est arrêté à Eboli, 1979), la libération de l'Italie (Lucky Luciano), le banditisme et l'autonomisme sicilien (Salvatore Giuliano), les problèmes du pétrole et du tiers monde (l'Affaire Mattei), l'agitation de la vie municipale et la spéculation immobilière (Main basse sur la ville), le terrorisme et les menaces de déstabilisation politique (Cadavres exquis, 1975), les diverses options humaines et politiques devant une situation contemporaine confuse et troublée (Trois Frères, 1981). Le territoire des films de Rosi est son Sud natal ce mezzogiorno que les Italiens appellent leur Afrique , avec son retard économique, sa pauvreté, sa violence et son mysticisme. Mais, sous son regard, cette région devient le microcosme non seulement de l'Italie, mais du monde : l'ancien doit y céder la place au nouveau, le sous-développement et une société agraire attendent le passage à l'ère industrielle et à la prospérité.La présence insistante de la mort dans l'oeuvre de Rosi (la plupart de ses films sont une enquête autour d'un ou de plusieurs cadavres, de Salvatore Giuliano à Carmen 1984) exclut toute analyse de son oeuvre qui se voudrait purement économique et sociale.Depuis Cadavres exquis, ses films sont plus méditatifs, plus métaphysiques aussi, et abordent la sphère des sentiments privés (évoquée déjà en mineur dans le charmant conte napolitain la Belle et le Cavalier, 1967) sans abandonner le contexte plus large du lieu et du temps. En un sens, et paradoxalement, on peut voir dans Carmen, adaptation fidèle de l'opéra de Bizet, une somme de son oeuvre antérieure. Le film commence par la mort du taureau et s'achève par deux autres morts dans l'après-midi. Il possède une dimension chorale et intime et les mythes de la vie espagnole se reflètent dans les comportements et les conflits des personnages. Il est une réflexion sur la liberté ainsi qu'une évocation de structures de classe dans une société méridionale. Et sa beauté plastique n'entame en rien le sentiment très fort d'une réalité vivante. Chronique d'une mort annoncée (1987), adaptation d'un roman de Gabriel García Márquez, s'attaque au mécanisme de l'oppression patriarcale et religieuse et surtout au machisme et à la frustration sexuelle. Mais le film souffre passablement des contraintes d'une coproduction internationale (France-Italie-Colombie) et d'une interprétation trop disparate pour faire croire à l'authenticité des séquences. Oublier Palerme (1990), d'après le roman d'Edmonde Charles-Roux, évoque à l'occasion d'un voyage le retour à la terre natale (et parallèlement le retour sur soi et sur ses propres origines) d'un jeune et brillant politicien américain, fils d'un paysan sicilien émigré. Rosi retrouve toute la force de son écriture en montrant sans équivoque possible le pouvoir occulte et quasi « institutionnel » de la mafia et parallèlement en s'attachant à décrire le parcours psychologique et moral d'un homme partagé entre la résurgence d'un certain atavisme et la confrontation impitoyable d'une réalité qu'il décidera d'affronter avec courage. Il a adapté sans succès le livre de Primo Levi la Trêve (1996) dans le cadre d'une grande coproduction européenne.Francesco Rosi reçoit un Lion d'honneur à la mostra de 2012.  Il est mort le 10 janvier 2014 à Rome.

Filmographie Cinéma

Année Titre Métier Rôle Avis Spectateurs
2015 Les Coupables Scénariste -
2015 Le Défi Réalisateur -
2015 Cette Folle Jeunesse Scénariste -
2015 Les Chemises Rouges Réalisateur -
1996 La Trêve Réalisateur -

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