Duong Thu Huong
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La biographie de Duong Thu Huong
Duong Thu Huong est une romancière, nouvelliste et scénariste très populaire dans son pays. Très engagée, elle n'a de cesse de lutter, par le biais de sa plume, pour la défense des droits de l'homme et pour la démocratie. Ses oeuvres sont considérés comme subversives au Vietnam, et elle-même est perçue comme une dissidente.
Né en 1947 d'une mère institutrice et d'un père ingénieur, elle reçoit une éducation stricte. A l'âge de vingt, alors qu'elle dirige une troupe d'animation artistique, elle est engagée comme "soldat-chanteuse" sur le front de Binh Tri Thien, dans la province de Quang Binh, une des régions les plus bombardées pendant la guerre du Viêt-nam. Pendant une dizaine d'année, jusqu'à la fin de la guerre, elle a pour rôle de remonter le moral des troupes, de mobiliser l'opinion contre les Américains, mais également d'évacuer morts et blessés.
Les premiers poèmes de Duong sont de véritables odes à la révolution. Adhérente au parti communiste, l'écrivain voit dans le marxisme la seule solution contre l'injustice. Dans tous les textes qu'elle écrit, elle demande l'abolition de la dictature du prolétariat et appelle à davantage de démocratie. Son premier roman, , date de 1986, mais c'est avec , publié en 1987, qu'elle se fait connaître comme romancière. "Chevet de toute une génération", ce livre dénonce les effets de la guerre sur la société vietnamienne. Lorsque Duong Thu Huong publie l'année suivante , autre succès littéraire, les autorités vietnamiennes commencent à la surveiller de près en raisons de ses attaques contre l'appareil politique vietnamien. Elle décide cependant de poursuivre son combat, et finit par être exclue en 1990 de l'Union des écrivains vietnamiens et du Parti communiste. En 1991, son arrestation à Hanoï déclenche l'émoi général et lui vaut le soutien d'Amnesty International et de l'Association internationale d'écrivains (P.E.N).
Libérée sept mois plus tard, elle est désormais interdite de publication au Vietnam. Elle ne renonce pas pour autant et envoie ses manuscrits aux éditeurs parisiens, qui acceptent de la traduire et de la publier en français. paraît ainsi en 1992 aux Éditions des Femmes, et en 1998 aux Éditions Philippe Picquier. Ses romans dénoncent toujours le système totalitaire du Vietnam, la déchéance du statut d'intellectuel sous le règne communiste, les camps, la misère subie pendant des années par le pays. Mais ils sont aussi empreint d'une poésie nostalgique, de souvenirs d'enfance, qui en font de véritables invitations au voyage.
Duong Thu Huong est traduite en français, en allemand et en anglais. Elle est aujourd'hui le seul écrivain vietnamien dont l'oeuvre a été intégralement traduite en français. Elle a vécu quelques temps sous surveillance à Hanoï, mais lassée de ne plus pouvoir avoir de vie privée, elle a élu depuis 2006 Paris comme ville de résidence.

