David LODGE

La biographie de David LODGE

  • IL A DIT Un monde régi par les médias. La culture du commérage. Fluctuat

Lodge ou les quatre vérités

 

 

Son génie réside dans l'analyse du quotidien sous forme de satire humoristique. Délicieusement cruel, il s'attaque avec lucidité au microcosme élitiste dont il est le témoin. Immersion dans le petit monde grinçant de David Lodge.

 

 

 

Cheveux bruns, sourcils de chenille, petit air pincé et malicieux... A 73 ans, David Lodge, auteur d'une trentaine de livres - romans, nouvelles, essais, pièces de théâtre-, compte, avec Martin Amis, Ian McEwan ou Julian Barnes, parmi les plus grandes figures de la littérature anglaise. La recette du succès ? Un regard sans concession porté sur l'Angleterre, un humour « so british », irrésistible, en réponse à son milieu qu'il qualifiera comme « une minorité au puritanisme exacerbé ».

 

Né en 1935 dans le quartier populaire de Brockley, au sud de Londres, dans une famille catholique modeste - la mère est secrétaire, le père, professeur de danse - Lodge est à la frontière entre le siècle passé et celui qui s'ouvre. Il est le témoin de la Seconde Guerre Mondiale, de l'après-guerre, de la rupture culturelle des années soixante, de la fin de siècle et du nouveau millénaire.

 

 

 

En voyage à Heidelberg, après la Seconde Guerre Mondiale, il est marqué par l'abîme qui marque une Angleterre en pleine reconstruction et une Allemagne en plein développement économique, qui lui inspirera le roman. En 1955, il quitte l'université pour faire son service militaire. A son retour, il se réinscrira pour obtenir en 1959 un diplôme britannique équivalent d'une thèse. Son doctorat en poche, il intègre le département de littérature anglaise de l'université de Birmingham, où il rencontre un certainMalcolm Bradbury. Critique littéraire pour le journal The Independent on Sunday, il écrit alors son premier roman The Picturegoers, qui ne sera pas traduit en France. S'il met fin à sa carrière professorale en 87, c'est pour mieux se consacrer à l'écriture. Satirique, toujours...

 

 

 

L'étude de tout petits mondes

En 1975, avec , et 9 ans plus tard, avec , Lodge s'attaque avec un humour décapant au snobisme intellectuel du milieu universitaire et devient rapidement un des maîtres du genre. En 1990,, adapté pour la BBC- et qui clôt la célèbre Trilogie de Rummidge - devient un des jeux télévisés les plus populaires de Grande-Bretagne et obtient de nombreux prix. Dans l'étude des sphères microscopiques, Lodge excelle. Piquantes, ses descriptions du milieu de l'université, du tourisme, de la religion ou encore de la télévision, visent toujours justes. L'auteur dépeint avec un cynisme inégalable les bassesses du quotidien. Impossible, pour le lecteur, de ne pas s'identifier à ces personnages qui évoluent en vase clos.  Derrière le rire, l'angoisse  Etrange paradoxe. Le maître du rire n'est pas très blagueur. Mais plutôt « timide, un peu inquiet à mesure qu'il vieillit ». « L'anxiété est mon principal problème, confie t-il. Ca m'empêche de jouir de la vie ». Cette angoisse, il l'a connue lors de la sortie de son livre ! , qui fit l'objet d'une analyse alambiquée dans l'ouvrage . Signe du hasard, l'année 2004 voyait la parution de trois romans, tous trois inspirés de la vie de l'écrivain Henry James. Lodge, dont le roman parût en dernier, en fut si désarçonné qu'une catharsis lui semblait inévitable, comme s'il devait se justifier de n'avoir pas piqué l'idée d'un autre. Lodge serait-il l'antithèse de Morris Zapp, son héros le plus fantasque ? Certains préfèrent mettre cette apparente froideur sur le compte d'une surdité croissante. Surdité mise en scène dans son dernier roman,. Cette fois, c'est lui qu'il tourne en dérision. Le portrait est touchant. L'impétuosité, intacte.

0

Les people associés à David LODGE

La vidéo du jour
  • Mr Nice VOST Mr Nice VOST
> Toutes les bandes-annonces