Nom de naissance Daniel Schmid
Genre Homme
Profession(s) Interprète, Réalisateur/Metteur en Scène, Scénariste
Avis

Biographie

Il passe son enfance dans les Grisons. Établi à Berlin-Ouest à l'âge de dix-neuf ans, il étudie l'histoire et la littérature. Il s'inscrit à l'Académie allemande de cinéma. Il réalise, en 1968, pour la télévision, un court métrage, Kiss Me Again, sur la vie dans une maison de retraite pour vieilles actrices : thème récurrent que l'on retrouve dans le Baiser de Tosca (Il bacio di Tosca, 1984). Vers cette époque, il se lie avec Ingrid Caven et Rainer Werner Fassbinder ; il joue d'ailleurs dans le Marchand des quatre-saisons (1971), mis en scène par ce dernier. Il retourne dans son pays au début des années 70.De par sa formation et sa culture, Daniel Schmid n'est pas représentatif du cinéma suisse. Il se rattache à la tradition baroque et théâtrale du jeune cinéma allemand (Fassbinder, Werner Schroeter, Hans Jurgen Syberberg). Avec le moyen métrage Faites tout dans le noir, pour épargner la lumière de votre Seigneur (Tut alles im Finstern, Eurem Herrn das Licht zu ersparen, 1970), Daniel Schmid fait ses classes et illustre, à sa manière, la question du pouvoir. Son premier long métrage, Cette nuit ou jamais (Heute Nacht oder nie, 1972), attire l'attention de la critique internationale sur lui. Le film se déploie comme un long et lent rituel au cours duquel, selon une vieille tradition de Bohême, maîtres et serviteurs échangent, pour un soir, leurs rôles. Cette uvre se présente comme le manifeste éthique et poétique de Daniel Schmid : une réflexion sur l'artificialité, la représentation et la théâtralité, doublée d'une mise au point sur la place de l'artiste dans la société. Les conflits de hiérarchie, contrairement à leurs incidences socialeschez Fassbinder, ne quittent jamais, ici, la sphère de la subjectivité. Le cinéaste poursuit, dans la Paloma (1974), ce jeu avec l'artifice et les clichés issus de fonds culturels occidentaux. Mélodrame morbide tournant autour de la liaison perturbée d'une chanteuse et d'un aristocrate, la Paloma, comme Cette nuit ou jamais, exerce une forte fascination sur le spectateur.Il est toutefois difficile de faire un sort à chacun de ses films. L'Ombre des anges (Schatten der Engel, 1976), adapté d'un écrit de Fassbinder, porte le sceau de sa genèse hybride. Il s'agit d'une fable sociale sur l'argent, le pouvoir et le sexe, où Schmid est peu à l'aise. Inspiré du roman Die Richterin, de l'écrivain suisse-allemand Conrad-Ferdinand Meyer, analysé en son temps par Freud, Violanta (1978) mélange les thèmes de l'inceste, de la fatalité à des préoccupations purement décoratives. Plus Schmid s'aventure sur le territoire du récit classique, moins il semble en dominer les codes. Son cas n'est pas isolé mais évoque celui de certains cinéastes allemands des années 70 (tel Schroeter) dont le langage est trop lié à la sensibilité d'une époque.Hécate (1982), adapté de la nouvelle de Paul Morand Hécate et ses chiens, joue à nouveau avec la malléabilité de divers clichés, mais sans prendre aucune distance vis-à-vis de son propos, sans le moindre sens critique : la vision d'une Afrique purement exotique et coloniale, qui ne capte rien des étranges suggestions du récit. Après un faux documentaire, Notre Dame de la Croisette (1981), Daniel Schmid réalise Mirage de la vie (un portrait de Douglas Sirk, 1983), le Baiser de Tosca (sur la maison de retraite, la Casa Verdi, qui abrite aujourd'hui les vieilles gloires de l'art lyrique, 1984), Jenatsch (1987), enquête sur la mort d'un héros de la Libération des Grisons, les Amateurs (1991), un montage poétique de scènes tournées en Suisse du temps du muet (qui fait partie du travail collectif, dirigé par Freddy Buache, le Film du cinéma suisse), Hors saison (Zwischensaison, 1993), film très autobiographique où Schmid évoque son enfance dans le cadre d'un hôtel touristique de montagne à la fois familial et cosmopolite. En 1995, il signe un documentaire-fiction sur le théâtre kabuki : Visage écrit (Das geschriebene Gesicht), et, en 1999, Beresina, évocation d'un coup d'État en Suisse traité à la manière d'une farce.

Filmographie Cinéma

Année Titre Métier Rôle Avis Spectateurs
1999 Berezina Réalisateur -
1995 Visage écrit Réalisateur, Scénariste -
1992 Hors saison Réalisateur -
1987 Jenatsch Réalisateur -
1984 Le Baiser de Tosca Réalisateur -

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