Avis

Biographie

Difficile de ne pas revendiquer une ascendance cowboy, quand l'arrière grand-père a fondé la ville minière de Timmins dans l'Ontario au XIXe et, côté show-biz, quand Cali, autre soeur de la fratrie Timmins est une actrice révélée par Ryan's Hope. Du rock americana pur jus, propulsé par une reprise (adoubée par Lou Reed) de Sweet Jane. Ca pose ! Trinity Session Déboulant de Toronto en 1985, les Cowboy Junkies ont choisi leur nom parce qu'il sonnait juste bien. Leur premier album, produit pour 250 $ canadiens avec un micro omnidirectionnel : The Trinity Sessions, enregistré quasi acoustique dans une église (the Holy Trinity) a été réalisé par Peter J. Moore et contient justement leur version du titre du Velvet, rejoué en fonction de la version du Live 69. Un titre qui fera ensuite le bonheur des BO de Natural Born Killers et de The Good Girl. Mais cet album qui contient aussi des reprises de Hank Williams, Elvis Presley et Patsy Cline a déclenché quelques vocations : de Low à Mazzy Star, en passant parCat Power ! Raté la vague  Excellent groupe de country-rock canadien, les quatre Cowboys sont Margo (voix), Michael (guitare et compositions) et Peter Timmins (batteur) ainsi qu'Alan Anton ( basse) qui jouent une country éthérée, roots et assez cyclothymique. Leurs albums suivent toujours cette formule qui ne fait pas florès en Europe et après quelques albums sur Geffen, ils ont rendu leur contrat d'un commun accord pour choisir de se produire seuls sur Latent Records avec une distribution Rounder aux USA et Cooking Vynil en Grande-Bretagne. Ce groupe a eu le malheur d'arriver avant la vague néo-country des années 80 (Green On Red, Dream Syndicate) sans en avoir la folie et n'a pas profité non plus de la vague actuelle anti-folk qui délire aujourd'hui d'une autre manière, voire pour cela les écarts entre les albums de Davendra Banhart ou le bricolage sonore à l'oeuvre chez Coco Rosie. Cela ne les empêche pas d'avoir un public fidèle chez eux et de faire des albums qui fonctionnent bien là-bas. Et depuis 1998, et Miles From Home, ils sont playlistés sur une radio sur le Net (Radio Paradise). And, everyone who ever had a heart They wouldnt turn around and break itAnd anyone who ever played a part Oh wouldnt turn around and hate it! (Sweet Jane / Lou Reed 1968)  Blues for 21 st century Depuis deux ans, ils tentent de se produire différemment et ont joué au Boston Symphony Hall dirigés par Keith Lockhart, pour un concert intitulée Edgefest. Ils ont aussi ressorti une nouvelle version de leur seul album bien vendu (Trinity Revisited) avec Ryan Adams, Vic Chesnutt, Natalie Merchant et Jeff Bird, l'enregistrement a donné lieu à un film produit par Pierre et François Lamoureux. Le groupe, qui a délivré At the End of the Paths Taken en 2007 s'attelle maintenant à son douzième album fin 2008. On notera que le groupe joue et participe à la conception de tous les albums de Jeff Bird depuis le second. Il y a comme une énigme Cowboy Junkies, d'un côté les fans fondus qui apprécient le côté cotonneux et de l'autre ceux qui trouvent que passé le premier album, considéré à juste titre comme un genre de chef d'oeuvre, il n'ont pas réussi  à reprendre la main et donner la suite ad hoc à cet album aussi majestueux que funambulesque, aussi parfaitement résumé de la country Us que sortant à point nommé pour parler blues et tristesse. La raison est peut-;être à chercher du côté de Portishead et de son blues ultra-moderne qui redéfinit les paramètres de la tristesse urbaine ( l'ultra-moderne solitude chère à Souchon), en version ralentie et trip hop, en y ajoutant avec la voix de Beth Gibbons, une déchirure qui ne se montre pas avec autant d'évidence chez les Canadiens. CQFD ! I‘ m so lonesome I Could cry ( Hank Williams)