Chester Himes
- Bio
- Citations

- Profil mis à jour le 01/03/2012
- Date de naissance : 29 juillet 1909
- Date de décès : 12 novembre 1984
- Sexe : Homme
La biographie de Chester Himes
- IL A DIT « Il faut des martyrs pour créer des incidents. Il faut des incidents pour créer des révolutions. Il faut des révolutions pour créer du progrès. » Fluctuat
Chester Himes naît en 1909 dans le Missouri, dans une famille d'enseignants, le père noir, la mère à la peau plus claire. Le couple n'est pas heureux, la mère dominant le père sur la base de leurs couleurs de peau respectives. Ces tensions contribuent déjà à forger la vision du racisme que Himes développe plus tard. Victime d'un accident, il entre à l'université de l'Ohio en 1926 grâce à sa pension d'invalidité. Il en est rapidement exclu pour avoir entraîné d'autres étudiants dans des salles de jeu clandestines. Il traîne parmi les arnaqueurs et les maquereaux de Cleveland et rencontre sa première femme lors d'une opium party. En 1928 il vole les bijoux et la voiture d'un couple âgé, mais il est pris et condamné à vingt ans de prison. Il se procure une Remington et commence à écrire. Ses nouvelles sont publiées dans des revues noires et, en 1934, sa nouvelle éponyme 59623 (son numéro de matricule) paraît dans Esquire. Il est libéré sur parole deux ans plus tard. A sa sortie de prison, il se marie, écrit pour le Cleveland Daily News, puis déménage pour la Californie où il écrit et travaille sur les chantiers navals. Son premier roman édité est S'il braille, lâche-le, en 1945, qui raconte la peur et l'humiliation d'un ouvrier noir victime du racisme sur une base de la défense lors de la seconde guerre mondiale. Il est suivi par The Lonely Crusade en 1947, qui aborde la question des relations entre noirs, du mouvement travailliste et du Parti Communiste. Protégé de Richard Wright, il partage avec celui-ci certaines conceptions, mais s'en distingue par la distance qu'il garde toujours avec le parti ou autre mouvement politique précis. Ses romans ne connaissent pas beaucoup plus de succès en France qu'aux Etats-Unis. Quittant sa femme et fatigué par le racisme ambiant, Himes part pour la France en 1953. A Paris, il fréquente Wright, mais aussi James Baldwin et Ralph Ellison. De 1953 à 1955 paraissent successivement Cast The First Stone, basé sur son expérience en prison, The Third Generation, qui reprend les thèmes de The Lonely Crusade, et La Fin d'un primitif, histoire d'amour autobiographique entre un auteur noir raté et une femme d'affaires blanche. Sa rencontre en 1957 avec Marcel Duhamel, traducteur de S'il braille, lâche-le, est décisive. Le fondateur de la série noire le convainc d'écrire des romans noirs, dans la veine behavioriste de l'époque. Himes, lecteur de Dashiel Hemmet, décide de se baser sur ses écrits. Le succès vient rapidement, et Himes est considéré comme un auteur important du polar hard-boiled. Là encore, son travail est plus apprécié en France qu'aux Etats-Unis, où il est classé dans les fictions commerciales alimentées au sexe et à la violence. La Reine des pommes est son premier roman noir, grand prix de littérature policière en 1958, et aussi première apparition de ses deux héros fétiches aux méthodes expéditives, Grave Digger Jones et Coffin Ed Johnson. Les huit volumes de la série sont une peinture sociale d'un Harlem imaginaire dans lequel des histoires parallèles racontent la violence absurde des blancs contre les noirs et des noirs entre eux. Au fil des épisodes, de Cotton Come to Harlem (1964) à Plan B (1983), la violence gagne, de même que le comique, qui devient de plus en plus dramatique. Entre temps Himes déménage pour l'Espagne. Il est malade pendant la plus grande partie des années 70, et écrit les deux tomes de son autobiographie. Il meurt à Moravia le 12 novembre 1984. Les romans de Chester Himes sont aujourd'hui reconnus pour leur réalisme et leur intransigeance avec la vision d'un monde violent. C'est un auteur engagé dont le propos a trouvé dans le roman noir un medium privilégié. S'inscrivant à la suite de Dashiel Hemmet et Raymond Chandler, ses écrits résonnent aussi bien chez Ed Bunker que chez Donald Westlake ou Dennis Lehane.

