Nom de naissance Goldoni
Genre Homme
Avis

Biographie

Carlo Goldoni est un poète et auteur dramatique italien du XVIIIème siècle. Il est né le 25 février 1707 à San Tomà, à Venise.Considéré comme le père de la comédie italienne moderne, il est à l’origine d’une œuvre composée de plus de deux cents pièces (entre tragédies, comédies, livrets d’opéra et comédies) écrites en italien, en français et en vénitien, et étalées sur une carrière de vingt ans.Carlo Goldoni est le fils d’un pharmacien originaire de Modène. Dès son plus jeune âge, il nourrit une réelle passion pour le théâtre, notamment celui du dramaturge florentin Giacinto Andrea Cicognini (1606-1649). Alors qu’il n’a pas encore dix ans, il imagine Burattini, une brève comédie pour marionnettes.Deux années plus tard, il passe trois ans chez les Jésuites dans un collège de Pérouse, avant de poursuivre sa scolarité à Rimini. Mais il n’y demeure que deux ans, préférant prendre la fuite et rejoindre une compagnie de comédiens itinérants qui le conduit chez sa mère à Choggia.Son père décide alors de l’envoyer au collège Ghisleri de Pavie, un établissement religieux. Il s’y initie au droit et à la tragédie antique. S’il se montre fortement intéressé par ses études, il fait en revanche preuve d’indiscipline, s’attirant les foudres de ses professeurs. Ceux-ci prennent la décision de le renvoyer lorsqu’il écrit Le Colosse en 1725, un poème caricaturant les manières des jeunes femmes de Pavie.Se prédestinant aux métiers de juriste, Carlo Goldoni reprend le droit à Udine et à Modène. Son diplôme en poche, il décroche un poste à la Chancellerie de Chioggia, avant d’être nommé vice-chancelier à Feltre.À cette époque, l’écriture dramatique n’est encore qu’un passe-temps pour Carlo Goldoni. Désormais titulaire d’un doctorat, sa profession d’avocat semble s’imposer comme sa principale activité. Mais cette situation change avec le décès de son père au début des années 1730 et son départ pour Milan. Après un passage par la Lombardie, il se rend à Vérone et rencontre Giuseppe Imer, directeur du théâtre San Samuele de Venise. Ce dernier, conquis par sa poésie et son sens du comique, lui propose rapidement une collaboration. C’est aussi à Vérone qu’il fait la connaissance de Nicoletta Conio, qu’il épouse le 22 août 1736 à Gênes.Entre-temps, Carlo Goldoni présente sa première pièce, une tragédie intitulée Amalasunta qui ne rencontre que peu de succès.Dès lors, suite à l’accueil favorable qui accompagne sa comédie Bélisaire en 1734, il devient évident pour le dramaturge italien que c’est sur le burlesque qu’il doit construire sa carrière. Bélisaire est suivie de L’Uomo di mondo en 1738, avec le même succès.Moins d’une dizaine d’années plus tard, Girolamo Medebach, le directeur de la troupe vénitienne San Angelo, l’attire vers son théâtre où il est engagé comme auteur résident. Carlo Goldoni peut alors vivre de son art et cesser de plaider. Il écrit notamment Momolo Cortesan, La Donna di garbo, et surtout La Vedova scaltra (La Veuve rusée). Dévoilée en 1748, cette dernière raconte l’histoire d’une jeune et riche veuve qui décide de mettre en concurrence quatre prétendants : un Français, un Espagnol, un Italien et un Anglais. Chaque candidat au mariage se présente avec tous les clichés relatifs à son pays d’origine, faisant de la pièce un véritable panachage de genres qui, ajouté au comique des dialogues, déclenche l’hilarité parmi l’assistance à chaque représentation.Carlo Goldoni ne cache pas son admiration pour le travail de Molière. C’est en se basant sur l’œuvre du dramaturge français qu’il compte moderniser la comédie de son pays. Il explique ce concept, en 1750, dans son ouvrage Il Teatro comico, dans lequel il décrit la nouvelle scène comique italienne telle qu’il la conçoit.Le spectacle La Locandiera vient illustrer cette vision en 1753. Elle met en scène une séduisante aubergiste, que convoitent un marquis avare et un comte fortuné. Mais la locandiera ne supporte pas le mépris que manifeste un chevalier à son égard, et se met en tête de le charmer en usant de toute son astuce. Lorsqu’elle parvient à ses fins, elle brise le cœur du chevalier en lui révélant que sa démarche n’était rien de plus qu’un jeu. Il s’agit là de l’une des pièces que Carlo Goldoni préfère, la considérant comme étant « la plus morale, la plus utile, la plus instructive ». Malgré l’engouement que suscitent des comédies telles que La Locandiera ou Les Femmes jalouses (1752), l’auteur ne peut empêcher une violente vague de critiques le visant et qui tend à s’amplifier vers la fin des années 1750. Emmenée par les défenseurs du théâtre traditionnel à l’image de Carlo Gozzi et Pietro Chiari, elle achève de le convaincre d’accepter la proposition des membres du Théâtre des Italiens qui l’invitent à les rejoindre à Paris pour les diriger. C’est ainsi que Carlo Goldoni est intégré à la Cour de Louis XV dès 1762, où il initie les jeunes femmes de sang royal à la langue de Dante. Il commence par ailleurs à écrire ses spectacles en français, ce qui contribue à renforcer sa renommée en France. L’une des pièces de sa période française, Le Bourru bienfaisant, est même donnée à l’occasion des noces unissant Louis XVI et Marie-Antoinette. Une pension lui est rapidement accordée, mais elle est suspendue par les révolutionnaires un an avant sa disparition.À partir de 1784, Carlo Goldoni rédige ses Mémoires, ouvrage en trois volumes dans lequel il adresse ses remerciements au roi Louis XVI et à la France. Atteint de cécité, sa santé décline progressivement jusqu’à ce qu’il s’éteigne le 6 février 1793, à l’âge de quatre-vingt-six ans, dans sa maison de la rue Pavée-Saint-Sauveur à Paris. Quelques années après sa mort, sa veuve obtient le rétablissement de sa pension.