B DE MILLE Cecil
- Bio
- Films
- Profil mis à jour le 01/01/2010
- Date de décès :
- Sexe : Homme
La biographie de B DE MILLE Cecil
La légende qui s'est très tôt attachée au nom de De Mille rend malaisée une analyse sereine et objective de son uvre. L'homme avait lui-même largement contribué à créer et à alimenter cette légende, dont il finit par devenir prisonnier. On colportait avec complaisance ses manies d'autocrate et de mégalomane. Son fidèle collaborateur Mitchell Leisen exprimait une opinion répandue : « De Mille était sans nuances. Tout chez lui était écrit en lettres de néon hautes de six pieds : désir, vengeance, érotisme. Il fallait apprendre à penser à sa manière, c'est-à-dire en lettres majuscules. » Pour le grand public, son nom est devenu synonyme de superproduction à sujet biblique, et aussi de pompiérisme. D'autres lui reprochent son idéologie, ses options résolument antisyndicales et anticommunistes. Le fait est que, parmi ses défenseurs, ont figuré dans les années 60 certains critiques fran¿cais, eux-mêmes marqués à droite, ce qui n'a pas contribué à éclaircir le débat.Parmi les critiques anglo-saxons, en revanche, il existe une sorte de consensus qui veut que De Mille ait eu une grande importance historique et même esthétique aux débuts de sa carrière pour sombrer ensuite dans le « commercial ». Mais nul ne s'accorde sur la date de ce prétendu déclin : dès 1918 selon Kevin Brownlow, en 1932 pour Charles Higham.De Mille est un enfant de la balle, qui, à l'instar de Griffith, restera toute sa vie marqué par l'esthétique précinématographique de ses années de formation. Son père était auteur dramatique et acteur, associé à David Belasco qui tenait pour le « réalisme » théâtral. Sa mère jouait aussi. Son frère aîné William devint auteur dramatique. Lui-même fait des études théâtrales à New York, devient à son tour comédien ambulant. Sous la direction de Belasco et en compagnie de Mary Pickford, il joue en 1907 dans une pièce de son frère, The Warrens of Virginia, qu'il portera à l'écran quelques années plus tard. Il rencontre Jesse Lasky, avec lequel il se lance dans la production cinématographique ; ils vont en reconnaissance à Flagstaff (Ariz.), mais déident que le lieu n'est pas approprié : ils poursuivent jusqu'à Los Angeles. Hollywood est né. Le premier film de De Mille est un western d'inspiration primitiviste, pro-indienne, le Mari de l'Indienne (1914), sujet qui lui tient à cur puisqu'il en réalisera deux remakes (1918 et 1931), ce qui ne saurait s'expliquer par des considérations uniquement commerciales. Son premier grand succès est Forfaiture (1915), qui a un retentissement mondial. Selon les mots de Bardèche et Brasillach, « il semblait que tout ce qui avait été fait jusqu'à présent ne comptait pas : Fanny Ward et Sessue Hayakawa donnaient le modèle d'un jeu contenu, suggestif et elliptique, qui n'avait aucun rapport avec le jeu alors à la mode au théâtre ». Pour Delluc, Forfaiture, quoique sans génie, est « la Tosca du cinéma ».Dès cette époque se font jour les deux tendances profondes de De Mille. D'une part, le goût du spectacle, de la renconstitution historique : Jeanne d'Arc (1917), avec la cantatrice devenue actrice Geraldine Farrar. D'autre part, un certain intimisme, luxueux certes, acclimatant au cinéma l'héritage du Boulevard, les scènes de la vie conjugale, avec des notations satiriques et un érotisme qui préludent à Lubitsch et à la « comédie sophistiquée » : The Golden Chance (1916) ; Old Wives for New (1918) ; Après la pluie, le beau temps (1919) ; l'Admirable Crichton (id.), d'après la pièce de Sir James Matthew Barrie ; l'Échange (1920) ; le Fruit défendu (1921) ; Le cur nous trompe (id.), d'après Schnitzler et Elinor Glyn.On aurait d'ailleurs tort d'opposer strictement ces deux tendances. Dans les comédies sophistiquées, un soin jaloux est apporté aux détails du décor (dû à Wilfred Buckland) et du costume. Dans les films à grand spectacle, les moments d'intimisme ne manquent pas, l'histoire est humanisée. Dans tous les cas, rien n'est laissé au hasard, De Mille contrôle tous les stades de la production en vertu d'une esthétique et d'une économie qui resteront immuables : recherches exhaustives sur chaque sujet, distribution méticuleuse, découpage détaillé comprenant tous les angles de prise de vues, décors souvent à l'échelle et en matériaux durables, etc. En un sens, De Mille est l'adepte d'une conception naturaliste de la mise en scène, ainsi que d'une esthétique victorienne qui a horreur du vide et du flou.Son « commercialisme » supposé n'explique nullement qu'il n'ait jamais cherché à évoluer, à suivre la mode. Au contraire : son dernier film est un remake des Dix Commandements de 1923, ou plus précisément de leur prologue biblique. À l'instar du Griffith d'Intolérance, il aime en effet confronter le passé historique et le présent afin d'en souligner les ressemblances : rappelons l'Admirable Crichton (avec une séquence babylonienne), le Réquisitoire (1922), qui transporte subitement le spectateur dans la Rome antique, le Signe de la croix (1932), pour lequel il tourne en 1944 un prologue contemporain.L'un des principaux réalisateurs de la Paramount (issue de la Famous Players-Lasky), il est entouré d'une vaste équipe de collaborateurs, parmi lesquels on peut mentionner Jeanie MacPherson et, plus tard, Jesse Lasky J (scénaristes), Mitchell Leisen (costumier et décorateur), Paul Iribe, Hans Dreier (décorateurs), des acteurs comme Henry Wilcoxon (Marc Antoine dans Cléopâtre, 1934, et plus de vingt ans après généralissime égyptien dans les Dix Commandements), ou Anthony Quinn qui deviendra son gendre et réalisera sous sa supervision un remake des Flibustiers de 1938 : les Boucaniers (1958).Il est vrai qu'au fil de sa carrière De Mille s'est peu à peu détaché des sujets familiers pour ne traiter que des superproductions. De même, le directeur d'actrices comme Mary Pickford (la Petite Américaine, 1917) ou Gloria Swanson devait s'accommoder davantage d'acteurs au jeu sobre et stylisé mais statique, fragments des fresques historiques qu'il peignait : Victor Mature en Samson, Charlton Heston en Moïse. Cependant, l'interprétation de Cléopâtre par Claudette Colbert est pleine d'humour ; Anne Baxter incarnera un personnage du même genre dans les Dix Commandements. De même, Loretta Young est charmante dans la remarquable épopée des Croisades (1935).Mais la tentation du gigantisme l'emporte : films d'une durée nettement supérieure à deux heures, distributions nombreuses, figuration innombrable, grands sujets d'intérêt à la fois humain, historique, voire philosophique et religieux ; morceaux de bravoure (combat avec un poulpe dans les Naufrageurs des mers du Sud, 1942 ; effondrement du temple de Dagon dans Samson et Dalila, 1949 ; accident de chemin de fer de Sous le plus grand chapiteau du monde ; traversée de la mer Rouge ou adoration du Veau d'or dans les Dix Commandements...). Cette esthétique doit en réalité beaucoup aux illustrateurs et aux peintres du XIX s. : Gustave Doré, John Martin (qui avait illustré le Paradis perdu de Milton dans un style « babylonien »), Alma-Tadema, Boutet de Monvel, peut-être (pour Jeanne d'Arc). C'est que De Mille, à tous égards jeu des acteurs, style visuel, idéologie , était un homme du XIX siècle.
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La filmographie de B DE MILLE Cecil
- Boulevard Du Crepuscule ( 1950) 4
- Sunset Boulevard ( 1949)
- Forfaiture ( 1915)
- Cleopatre ( 1934) 4
- Les Croisades ( 1935)

