Nom de naissance Andrzej Wajda
Naissance
Suwalki (Pologne)
Décès
Genre Homme
Profession(s) Réalisateur, Scénariste, Réalisateur/Metteur en Scène
Avis

Biographie

Son père était officier de carrière, sa mère institutrice. Quand la guerre éclate, il a treize ans ; son père est tué dès septembre 1939. Le jeune Wajda doit se mettre au travail ; il est tonnelier, serrurier, il aide à restaurer des fresques d'églises. En 1942, il prend part à la Résistance dans les rangs de l'AK (Armia Krajowa), l'Armée de l'intérieur, que dirige le gouvernement légal à Londres et qui s'opposera vite à l'Armia Ludowa, l'Armée du peuple, contrôlée par les communistes. Il termine ses études en 1946, s'inscrit à l'académie des beaux-arts de Cracovie et fonde, avec le peintre Andrzej Wroblewski, le Groupe des autodidactes, partisans d'une peinture « barbare et brutale », influencée par le néoréalisme et par l'art graphique mexicain ; il entre enfin à l'école de cinéma de ód. Son diplôme obtenu en 1952, il est assistant d'Aleksander Ford. En 1954, avec Génération, son premier film, il inaugure l'« école polonaise », qu'il n'a depuis cessé d'illustrer. À partir de 1959, il sera également metteur en scène de théâtre, en Pologne et à l'étranger. Depuis 1972, il dirige l'unité de production « X », et préside l'Union des cinéastes polonais. En 1980, il a pris fait et cause pour les syndicats libres de Solidarité et leur a consacré un film : l'Homme de fer.Le thème national domine l'uvre entière de Wajda, inséparable de l'histoire polonaise ancienne et récente. Une nation rayée de la carte du monde durant cent vingt-cinq ans, fasciste six années à peine après sa renaissance, contrainte de combattre en 1939 dans le camp des démocraties et qui s'est vue déchirée entre deux occupations (l'allemande et la soviétique). Deux résistances, deux destins : le socialisme ou l'émigration. Une génération restera écartelée par ces contradictions. Wajda se fait son porte-parole, responsable et grave. Et, de même que l'art et la littérature avaient été, par le passé, la conscience de la Pologne absente, « son seul moyen d'exister », il propose que le cinéma soit la conscience de la Pologne ressuscitée. D'où cette autre originalité : son uvre est toujours politique. Chacun de ses films vaut pour deux temps, donc est à lire à deux niveaux : celui que date son sujet, celui que désigne le moment de sa réalisation. Les débuts de Wajda coïncident avec l'« Octobre polonais », puissant mouvement pour une déstalinisation difficile. Courageusement, Wajda sera l'homme des transgressions. Le premier, il conteste (dans Génération) la rhétorique héroïque et le manichéisme édictés par le réalisme socialiste. Il aborde les thèmes tabous du rôle efficace de l'Armia Krajowa dans la Résistance (Cendres et Diamant), de l'inaction soviétique devant l'insurrection de Varsovie (Kanal), de l'antisémitisme polonais (Samson), du divorce qui va se creusant entre la vieille et la nouvelle génération (les Innocents charmeurs, l'Amour à vingt ans), des méthodes du stalinisme et de ses mystifications (l'Homme de marbre). Ce procès, jamais abstrait ni théorique, prend corps magnifiquement au travers de destinées, individuelles ou collectives, vouées à l'échec et à la tragédie. Sa plus belle incarnation fut le fait de l'acteur Zbigniew Cybulski, auquel Wajda confia le rôle d'un « desperado » de la Résistance dans Cendres et Diamant. « Il résumait notre génération, dira le cinéaste, et il me ressemblait comme un frère. » Cybulski s'est identifié à Maciek, le héros divisé, ironique et perdu de l'Armia Krajowa, au point de le jouer dans sa vie et dans tous ses films, répétant dix années durant ce personnage (comme Jean Gabin le sien dans les années 30). Avec Wajda, il n'a cependant tourné que trois fois (Génération, Cendres et Diamant, l'Amour à vingt ans). Il est, comme le style de Wajda lui-même, tout à la fois traditionnel romantique et, usant d'un jeu dérivé de l'Actors Studio, contemporain. Il est mort en 1967 pour avoir voulu sauter d'un train en marche. Le cinéaste, qui avait songé à lui consacrer un film de son vivant, en a fait le héros absent de Tout est à vendre. Il lui a trouvé un parfait continuateur, mais moins cynique, en la personne de Daniel Olbrychski. Jusqu'aux Noces (1973), l'uvre de Wajda est habitée par les contradictions et les sarcasmes de l'histoire, entre absurdité et dérision ; par l'ambition, aussi, de démystifier, de « déromantiser » la Pologne « Christ des nations », « pays des vains sacrifices et des illusions faciles ». Par un beau paradoxe, cette mise en cause du romantisme héroïque empruntera les voies esthétiques du romantisme. Dans tous ses films Wajda montre des défaites ; le romantisme est tragique. Ces défaites toutefois demeurent « ouvertes », elles n'appellent pas au renoncement mais à une difficile lucidité dans l'engagement.Un tournant s'opère avec la Terre de la grande promesse (1975) ; l'élégie y fait place au pamphlet. La Ligne d'ombre témoigne qu'il est parfois possible de dompter le destin. Le moine des Portes du paradis, piétiné par les croisés enfants qu'il croyait escorter jusqu'à Jérusalem, pense encore : « Ce n'est pas le mensonge mais la vérité qui tue l'espoir. » À partir de l'Homme de marbre (1976), la vérité entreprend de reconquérir l'espoir. L'écriture turbulente, flamboyante, charge d'antithèses violentes et de symboles cette densité dramatique apparentée à la condensation du rêve. Puis ces éclats, qui sont la marque du cinéaste, sans aucunement s'apaiser, tendent vers plus de transparence. L'histoire, certes, demeure imprévisible, mais elle a cessé d'être une malédiction et de manière plus évidente encore avec l'Homme de fer (1981) qui défend contre le pouvoir politique les thèses de Solidarité.La situation politique de la Pologne n'octroyant plus aucune liberté et en premier lieu la liberté de critiquer , Wajda tourne à l'étranger sans pour autant s'exiler. Il signe en France un Danton (1982) tonique et original et en RFA Un amour en Allemagne (1983). Il semble ensuite plus inspiré par Tadeusz Konwicki (Chronique des événements amoureux, 1986) que par Dostoïevski (ses Possédés en 1987 souffrent d'un casting peu homogène). En 1989, il signe Korczak, l'histoire d'un médecin, écrivain et éducateur juif qui sera exterminé avec les deux cents orphelins qu'il avait pris en charge lors de la liquidation du ghetto de Varsovie.

Filmographie Cinéma

Année Titre Métier Rôle Avis Spectateurs
2016 Les Fleurs bleues Réalisateur, Scénariste -
2015 Pottery Of Ilza (court-métrage) Réalisateur -
2015 La dernière charge Réalisateur -
2015 I Walk In The Sun (Documentaire) Réalisateur -
2015 Solidarnosc; Solidarnosc Réalisateur -

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