Amos Gitaï
Profil mis à jour le 05/12/2006
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Sa biographie

C’est à cause – ou grâce - à la guerre qu’Amos Gitai débute sa carrière de cinéaste. Etudiant en architecture, en Israël, puis à Berkeley aux Etats-Unis, le jeune homme de vingt-trois ans à l’époque, est rattrapé par la guerre. Pendant près de vingt jours, en 1973, Israël s’oppose aux forces égyptiennes et syriennes. C’est la guerre de Kippour.

De retour dans son pays d’origine durant cet affrontement, Amos est embarqué dans une mission en hélicoptère où il emporte une caméra Super-8 avec lui. Un missile syrien touche son véhicule. Passant près de la catastrophe, il décide alors de devenir cinéaste. Quatre ans plus tard, vers la fin des années 70, le jeune réalisateur tourne quelques documentaires pour la télévision israélienne. De cette période naîtront House , et La Maison en 1981, documentaires controversés qui seront en premier lieu refusés par Israël. Le documentaire Le Journal de campagne, tourné en pleine guerre du Liban contraint Amos Gitai à quitter son pays et à rejoindre la France.

Il s’installe à Paris en 1983 et ne perd pas de vue son désir de faire du cinéma. Poursuivant sa réalisation de documentaires – Brand New Day en 1987, film où Gitai suit le groupe The Eurythmics durant une tournée au Japon – c’est en France que le réalisateur se décide à franchir le pas vers la fiction. En 1985 il tourne Esther où il met en scène l’histoire biblique d’une jeune femme juive. Le film remporte plusieurs prix, notamment celui du festival du film de Turin en 1986.

Deux ans plus tard, il présente Berlin Jérusalem , film sur le voyage de deux femmes vers une terre promise, mais difficile. Ce nouveau film fait de nouveau sensation du côté de la critique et permet à Amos Gitai de remporter le Prix de la Critique à la Mostra de Venise.

En 1990, Yitzhak Rabin est élu Premier ministre en Israël. Amos Gitai retourne donc a Haïfa, sa ville natale.

Il tourne alors près d’une quinzaine de films – documentaires et fictions. En 1995, Devarim dépeint la déroute spirituelle de trois hommes. C’est le premier film d’une trilogie sur le thème de la ville, thème qui permet à Gitai de renouer avec son pays et de décrire cinématographiquement les villes d’Israël. Devarim est présenté au Festival de Venise mais n’obtient pas la distinction. Yom Yom en 1998 présente Haïfa et Kadosh (1999), qui peint Jérusalem est présenté en sélection officielle à Cannes la même année et clôt la trilogie.

L’année suivante, le réalisateur, toujours traumatisé par les visions de la guerre, tourne un film inspiré de ses propres souvenirs.

Kippour met en scène la guerre dont Amos Gitai a été témoin. Le film reçoit de très bonnes critiques et le cinéaste israélien monte une nouvelle fois les marches de Cannes pour le présenter en sélection officielle. Suivent ensuite Eden et Kedma . L’un, sorti en 2001 et adapté d’un roman d’ Arthur Miller expose un groupe d’amis juifs lors de la création de l’Etat d’Israël, pendant la Seconde guerre mondiale. L’autre, sorti en 2002, présente la même époque et la même thématique : l’organisation d’un Etat israélien. Le film est de nouveau retenu en sélection officielle à Cannes et obtient le Prix de la presse au Festival du Film de Sao Paulo.

Cinéaste engagé, il participe au film collectif 11’09’’01 : September 11 (2002), donnant sa vision des attentats ayant détruit le Word Trade Center. En 2003, après avoir publié un livre, Mont Carmel, où il évoque poétiquement la fameuse montagne israélienne, Amos Gitai laisse de côté le passé pour s’intéresser au présent d’Israël. Il réalise Alila qui met en scène les destins originaux de voisins d’un même immeuble. Se concentrant sur l’actualité, Terre promise dévoile une sombre histoire de prostitution où il dirige la française Anne Parillaud et Free Zone en 2005 révèle Natalie Portman fiancée en cavale qui rencontre une chauffeuse de taxi israélienne. Le film est de nouveau présenté en compétition officielle à Cannes, mais n’obtient toujours pas la récompense.

En 2006, Gitai réalise son dernier documentaire News from Home, News from House. Habitué du festival de Cannes, il participe au film collectif Chacun son cinéma (2007) célébrant les 60 ans du Festival. L’année suivante, il présente le film Désengagement où il dirige Juliette Binoche .

Amos Gitai a déjà été l’objet de nombreuses rétrospectives, notamment en France et en Europe, mais aussi à New-York et au Brésil.

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