Genre Homme
Avis

Biographie

Bien qu'orphelin de père (mort six mois avant sa naissance), Soljenitsyne connaît une enfance relativement heureuse, en dépit des conditions difficiles de vie dans la Russie d'après-guerre. Après une licence de physique et de mathématiques, l'étude de la doctrine communiste et, par correspondance, de la littérature, il est mobilisé lors de la seconde guerre mondiale, d'abord comme officier, puis comme capitaine. En 1945, il a le tort de critiquer Joseph Staline dans une lettre à un ami : arrêté, condamné et déporté au goulag pour huit ans, il y apprendra le métier de maçon.A sa sortie, on l'exile au Kazakhstan d'où il ne revient qu'après sa réhabilitation en 1956. Entre temps, on lui découvre une tumeur, dont il guérit presque miraculeusement alors qu'on le croyait mourant, et qui modifie intimement sa conception de la vie et de la foi. Devenu enseignant, il écrit aussi sans relâche, mais dans la plus grande discrétion. Une journée d'lvan Denissovitch, largement inspirée de son expérience au goulag, sort en 1962 : le succès est immédiat et foudroyant, Soljenitsyne devient subitement un grand écrivain reconnu. L'état de grâce est bref, tant sa prose remet en cause le régime, et Nikita Khrouchtchev le fait surveiller.D'autres romans suivent, toujours salués avec vigueur : La Maison de Matriona, en 1963, Le Pavillon des cancéreux en 1967. Le Premier Cercle est interdit, mais passe les frontières presque « de la main à la main », jusqu'à recevoir en France le prix du meilleur livre étranger. Le prix Nobel (qu'il ne pourra pas aller chercher) lui est attribué en 1970. Expulsé de l'URSS en 74, il s'installe aux Etats-Unis, dans le Vermont, et ne pourra rentrer en Russie qu'après sa réhabilitation en 1994.En 2007, il se voit remettre un Prix d'Etat par Vladimir Poutine. Mais malgré plusieurs rencontres avec le président et quelques marques de sympathie, il condamne la guerre en Tchétchénie et critique la politique impérialiste du pays.Soljenistsyne continue d'exposer ses positions historiques et politiques dans des essais, comme Réflexions sur la révolution de février ou La Roue Rouge, qui avait suscité quelques polémiques lors de sa parution en 2007.Le 4 août 2008, il meurt à 89 ans d'une insuffisance cardiaque aiguë à son domicile, à Moscou.