Alejandro JODOROWSKY

La biographie de Alejandro JODOROWSKY

Né en 1929 à Iquique ville du nord du Chili, Alejandro Jodorowsky abandonne l’Université de Santiago où il suivait des cours de philosophie et psychologie, pour s’adonner à son penchant pour le monde artistique en fondant sa troupe de marionnettes. Il fait ainsi plusieurs tournées au Chili. À l’âge de 24 ans, il émigre en France où il commence à étudier le mime. Il travaille en collaboration avec le célèbre mime Marcel Marceau, pour lequel il écrit quelques pantomimes comme « La Cage », « Le Fabriquant de masques » ou « L’Épée du samouraï ». Il travaille aussi aux côtés de Maurice Chevalier et Michel Legrand, nouant des liens d’amitié avec des artistes adeptes de surréalisme et de spiritualité.

C’est épaulé de Fernando Arrabal et Roland Topor, qu’il fonde en 1962 le mouvement post-surréaliste «Panique». Ils mettent en place de nombreux happenings dans lesquels se mélangent humour, pornographie et performances sportives. De retour en Amérique du Sud à l’occasion d’une tournée du mime Marceau en 1965, il s’installe au Mexique pour dix ans. Il y crée le Théâtre d’avant-garde pour lequel il met en scène des pièces de Ionesco, Arrabal, Beckett, Shakespeare ou encore Nietzsche.

Artiste polyvalent, Jodorowsky s’essaye à la bande dessinée avec «Fabuls Panicas». Puis en 1967, il crée sa propre maison de production cinématographique, Producciones Panicas, avec laquelle il réalise son premier film, une version daliesque de la pièce de son ami Arrabal, Fando et Lis. Film des plus dérangeants puisque toutes les scènes de torture que le spectateur voit à l’écran se sont réellement produites. Présenté au Festival du Film d’Acapulco, cette œuvre y fait scandale. Le cinéaste peut cependant passer à la réalisation de son deuxième long métrage, El Topo (1970), qui tiendra l’affiche d’une salle new yorkaise durant sept mois consécutifs. Violent et antireligion, son film affiche clairement son rattachement à l’œuvre de Luis Bunuel. Trois ans plus tard, il réalise un projet qui lui tient particulièrement à cœur, avec l’aide de l’ancien Beatles John Lennon, La Montagne sacrée. Cette œuvre de science-fiction est un véritable parcours initiatique à la recherche d’un absolu prenant place dans un univers complètement décalé. À travers ce film, il met en avant ses multiples talents puisqu’en plus d’en assurer la réalisation, il prend en charge la décoration, le montage, la confection des costumes, la composition de la bande son, la production, l’écriture du scénario et y incarne le scientifique déjanté.

En 1975, de retour en France, Alejandro Jodorowsky reprend le flambeau d’Arthur P. Jacobs, récemment décédé, en s’attelant au story board de Dune de Frank Herbert, en collaboration avec Moebius. Ce projet plutôt ambitieux annonce la participation d’Orson Welles, de Salvador Dali pour la confection des décors, de Moebius et H. R. Giger ainsi que du groupe Pink Floyd pour la bande son. Mais tout est abandonné deux ans plus tard faute de moyens. En 1978, il laisse le cinéma de côté pour finaliser sa première bande dessinée aux côtés de Moebius, «Les Yeux du chat». L’année suivante, avec Tusk, film contant le destin d’un éléphant à travers les Indes, il revient à la réalisation. Sa collaboration avec Moebius est des plus productives, en 1980, ils donnent tous deux naissances au personnage de John Difool, héros minable et attachant de la saga l’«Incal», qui le révèle au grand public.

L’année 1981 marque ses débuts dans une série de performances qu’il nomme «Cabaret mystique» : one man show durant lequel il tire le tarot, raconte des blagues et commente les arbres généalogiques. Débute ensuite une collaboration avec George Bess pour «Le Journal de Mickey». Après dix ans loin des plateaux de cinéma, il revient avec Santa Sangre (1989). La même année le Fantafestival de Rome (festival du film fantastique) lui remet un prix pour l’ensemble de sa carrière. Le Chicago Underground Film Festival en fait de même en 2000. Après la réalisation en 1990 du drame fantastique Le Voleur d’arc en ciel, il met fin à sa carrière de cinéaste et se consacre pleinement à l’écriture et à la bande dessinée. En 1999, Angoulême (ville connue pour son Festival International de la Bande Dessinée) lui consacre un étage de son théâtre pour résumer en une dizaine de scènes l’œuvre de sa vie. La même année, il publie en collaboration avec François Boucq (président du festival d’Angoulême) le recueil de contes illustrés, «Le Trésor de l’ombre».

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