Nom de naissance Juppé
Nationalité Français
Genre Homme
Profession(s) Politicien
Avis

Biographie

Longtemps, Alain Juppé fut un gendre idéal : bien né, bac à 17 ans, énarque à 27, agrégé de Lettres, Inspecteur des Finances, tout commence très bien... pour terminer très mal. Alain est condamné fin 2004 à un an d'inéligibilité (10 ans en première instance) et à 14 mois avec sursis dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Quelques années auparavant, il avait été contraint de quitter un confortable appartement du VIIe arrondissement qu'il louait pour le prix d'un trois pièces porte de Charenton. Mais comment en est-il arrivé là ? En passant sa carrière au service de l'appareil politique chiraquien : élu au Conseil national du RPR en 1979, il gère ensuite les finances de la Ville de Paris, dirigée à l'époque par Jacques Chirac. Il est ministre délégué au Budget du gouvernement Balladur mais quand ce dernier décide de se lancer dans la Présidentielle, Juppé reste fidèle à Jacques Chirac. Il est l'un des principaux artisans de la victoire de 1995 et a contribué à la création de l'UMP.   Alain connaît un très court état de grâce en devenant Premier ministre et maire de Bordeaux. Chirac dit de lui qu'il est « le meilleur d'entre les hommes de droite ». Mais la réforme du système de retraite, le gel des salaires des fonctionnaires, la déroute des Juppettes (huit femmes débarquées du gouvernement après quelques mois d'exercice) et une certaine arrogance lui valent d'être rapidement détesté par l'opinion. A la suite de la dissolution de l'Assemblée, il conserve un poste de député de la Gironde qu'il quittera comme ses autres mandats fin 2004 pour les raisons judiciaires sus mentionnées. Il part former les hauts fonctionnaires québécois pendant un an alors qu'il est sous le coup d'une condamnation avec sursis, ce qui fait un peu grincer les dents de certains.Il a soutenu avec retard (mais sans arrêt depuis) la candidature de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle. Il a obtenu le poste de ministre de l'Environnement, du Développement durable et des Transports, le nouveau président prévoyant une extension du périmètre de compétences du ministre chargé des questions environnementales. Alain Juppé est d'ailleurs l'unique ministre d'Etat du gouvernement. Un retour en grâce vite avorté : le 17 juin, Alain Juppé ne réunit que 49, 07 % des voix au second tour des législatives dans le deuxième circonscription de Bordeaux. Le Premier ministre François Fillon avait demandé à ses ministres de se présenter pour faire valider leur nomination au gouvernement par le suffrage universel. Défait, Alain Juppé doit donc démissionner. La fin ?Alain Juppé se lance dans un ultime pari: conserver la mairie de Bordeaux lors de municipales 2008. Il est donc le candidat de la majorité dans une ville qui lui a toujours témoigné sa confiance. Mais les habitudes de vote à Bordeaux sont de plus en plus difficiles à déchiffrer, et l'issue de ce scrutin n'est pas encore certain.Le maire sortant est réélu dès le premier tour.  Alain Juppé passe les années 2009-2010 à prendre position sur de grands sujets, tel que le désarmement nucléaire. Le 15 octobre 2009, il cosigne avec Michel Rocard et Alain Richard, ancien ministre socialiste de la Défense, une tribune dans le Monde pour plaider cette cause.En mars 2010, alors qu'il est interrogé sur France Info, il s'exprime sur le bouclier fiscal, en en prenant le contre-pied du gouvernement et de l'UMP. "Il faut s'interroger sur ce qu'on appelle le bouclier fiscal parce que les choses ont changé, la crise est venue. On voit aujourd'hui qu'une petite minorité de très riches ne cesse de s'enrichir. Ça ne me choquerait pas qu'on demande aux très riches de faire un effort de solidarité supplémentaire vis-à-vis de ceux qui souffrent dans la crise".Quelques mois plus tard, le 11 août 2010, il réagit sur son blog au "discours de Grenoble" du président Nicolas Sarkozy, en arguant qu'il n'est pas sûr que durcir les lois résoudrait le problème, mais qu'il faudrait déjà bien appliquer la loi existante. Il reprend ainsi Montesquieu : "Quand il n'est pas nécessaire de faire une loi, il est nécessaire de ne pas en faire", pour exprimer le fait que "la priorité sécuritaire ne doit pas non plus conduire à des exagérations, peu compatibles avec nos valeurs fondamentales. L'argument selon lequel une mesure recueille la faveur des "sondés" est à manier avec modération". Le 14 novembre 2010, Alain Juppé est nommé Ministre d'État, Ministre de la Défense et des Anciens combattants, dans le gouvernement Fillon II.La démission de Michèle Alliot-Marie au Ministère des Affaires étrangères et européennes, le 27 février 2011, se fait à son profit, puisque Nicolas Sarkozy lui confie la direction et la réorganisation du ministère, alors que la diplomatie est en crise. Sa force : un an de purgatoire médiatico-politique suffit à faire oublier vos casserolesSa faiblesse : un an de purgatoire médiatico-politique peut ne pas suffire à faire oublier vos casseroles. Parcours politique14 mars 1983 - 19 mars 1989 : adjoint au maire de Paris24 juillet 1984 - 20 mars 1986 : député européen20 mars 1986 - 12 mai 1988 : ministre délégué auprès du ministre de l'Economie, des Finances et de la Privatisation, chargé du Budget, porte parole du gouvernement Jacques Chirac13 juin 1988 - 1er avril 1993 : député de Paris20 mars 1989 - 18 juin 1995 : adjoint au maire de Paris25 juillet 1989 - 15 octobre 1989 : député européen23 mars 1992 - 6 avril 1992 : membre du conseil régional d'Île-de-France30 mars 1993 - 18 mai 1995 : ministre des Affaires étrangères du gouvernement Édouard Balladur2 avril 1993 - 1er mai 1993 : député de Paris17 mai 1995 - 6 novembre 1995 : Premier ministre19 juin 1995 - 2 décembre 2004 : maire de Bordeaux (démissionne après le verdict de la cour d'appel)6 novembre 1995 - 2 juin 1997 : Premier ministre1er juin 1997 - 18 juin 2002 : député de la Gironde2006 : Elu maire de Bordeaux lors d'une élection municipale anticipée2007 : Battu lors des législatives2008 : Réélu maire de Bordeaux