Acid Mother Temple

  • Bio
  • Profil mis à jour le 01/03/2012

La biographie de Acid Mother Temple

 

Acid Mothers Temple, oeuvre d'un seul homme, Kawabata Makoto, est à présent un collectif de Japonais illuminés et inspirés de John Cage. A ses débuts, Makoto commence à bidouiller des radios en provoquant le hasard, à peine revenu de ses expériences psychédéliques des 70's et de la révolution synthétique domestique des 80's. Toutes les pièces en main, l'histoire peut donc s'accélérer et en quelques années, au milieu de la furie désespérée des 90's, l'évidence de concevoir à plusieurs une musique qui ne s'entend pas (plus) ailleurs s'impose. Réunir des « récepteurs », écouter le cosmos et laisser les corps de chacun s'activer sur les instruments, voilà donc le postulat du collectif Acid Mothers Temple & The Melting Paraiso U.F.O, créé en 1996 et qui ne cessera pas dès lors de diffuser dans des proportions effrayantes les enregistrements de leurs "écoutes".

Le résultat sonore de ce que Makoto définit comme une "soul collective" (ou collectif spirituel) ressemblera à une furie inexprimable traversée d'un souffle d'outre-espace et surtout d'influences palpables, broyées, mélangées, transcendées par le rythme effréné infligé aux morceaux par une section rythmique en délire permanent. Ainsi, si In C évoque bien entendu la pièce du même nom de Terry Riley, si son introduction laisse à penser que l'hommage tournera à la pieuse copie, ça n'est que pour mieux pénétrer dans le vif du sujet, basses et machines toutes voiles dehors.

De la même manière, quand on sent clairement dans les 40 premières secondes de "Psycho Buddha" (sur World) la référence à Steve Reich, le calme minimaliste explose subitement pour laisser la place aux cris déchaînés d'un biniou strident accompagné par une cohorte sourde menée par batteries et basses implacables comme autant rouleaux compresseurs. Influences donc, mais qui jamais ne s'arrêtent au plagiat.

 

On ne peut néanmoins pas réduire AMT à un simple collectif d'enragés faisant feu de tout bois pour exprimer leur passion ravageuse. Car de l'autre côté de la transe, on trouve la mélodie lancinante des mystiques orientales. Ainsi la discographie du collectif possède aussi ses moments de quiétude, puisant frontalement aux sources de l'art musical, au Japon bien sûr, mais aussi à nos portes, dans une Occitanie presque perdue et envers laquelle Makoto ne cesse de clamer son admiration. Le qualificatif de "troubadours" reviendra donc à de nombreuses reprises pour qualifier leur démarche. Musicalement, cette inclinaison se traduira par des plages d'esprit purement traditionnel, comme arrachées aux temps médiévaux ("La Novia"), ou encore par des associations occasionnelles avec des spécialistes comme Richard Youngs par exemple, chantre de la folk-world (tendance tibétaine), et qui composera avec Makoto un album de duos sans titre (label VHF, 2002). Il sera donc toujours question de transe dans les travaux de AMT (et de Makoto).

 

On l'aura d'ailleurs compris, si le collectif AMT demeure fluctuant et jamais vraiment défini (on compte une trentaine de collaborateurs d'horizons divers), Kawabata Makoto reste le guide incontesté, se mettant en scène sur les photos d'albums un sceptre surmonté d'un crane humain à la main. Découvrir AMT, c'est donc surtout découvrir l'oeuvre tentaculaire d'un incroyable passionné qui en plus de créer, a su rassembler autour de lui de solides collaborateurs animés d'une foi authentique en la musique. 

 

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