Fox

Un pur soap en blouses blanches, avec du potentiel, mais pour l'heure bien caricatural.

Parmi les quatre grandes chaînes américaines, il n'y avait qu'elle qui n'avait pas sa série médicale, cette année. La Fox ne pouvait pas laisser ça en l'état, alors elle va injecter, dès dimanche soir, une nouvelle dose de blouses blanches dans son catalogue de fictions. Ce n'était pas forcément indispensable.

L'histoire de The Resident, c'est celle.. bah... d'un résident. Le jeune Devon Pravesh, fraîchement diplômé de Harvard, qui a chosi de travailler au Chastain Park Memorial d'Atlanta, où exerce la légende de la chirurgie, le Dr Bell. Au bout de 5 minutes, le petit Devon va déchanter. Parce que son patron, c'est le Dr. Conrad Hawkins, un type odieux, mais brillant, qui se permet donc de traiter tout le monde comme des chiens. Surtout ses internes. Il faut préciser que sous ses airs d'établissement parfait, il règne au sein de cet hôpital une drôle d'ambiance : en effet, le Dr Bell n'est plus du tout apte à opérer. Ses mains tremblent. Il est dépassé. Mais comme il est très orgeuilleux et que le Chastain Park Memorial se fait un tas de fric grâce à son image de marque, il continue de pratiquer. Massacrant les patients à la pelle, il est couvert par les autres médecins, bien forcés de suivre...

Il y a clairement un véritable potentiel de narration dans cet énième drama du genre, qui ne rougit pas de montrer le côté pervers (c'est le moins qu'on puisse dire) du système de santé américain. Un vrai business, où l'angélisme n'a pas vraiment sa place. La tension est donc permanente dans le premier épisode que nous avons pu voir. En même temps, il a été dirigé par Phillip Noyce en personne. Oui, le réalisateur des "Jack Ryan" Danger immédiat et Jeux de guerre (dans les années 90) ou plus récemment de l'excitant Salt (avec Angelina Jolie), est derrière la caméra pour lancer The Resident et apporte indéniablement une touche nerveuse à ce qui n'est, sur le papier, qu'une série médicale de plus.

Une série qui part quand même du bon pied, puisque l'essentiel est là : une poignée de personnages solides, pour tenir la baraque. Si le résident en question (joué par Manish Dayal) ne casse pas des briques, son horrible boss (joué par Matt Czuchry de Gilmore Girls) a un charisme indéniable. Emily VanCamp (l'ex-star de Revenge) apporte une vraie touche de charme et le vieux de la vieille, Bruce Greenwood, est amusant en impitoyable légende dépassée.

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Et c'est peut-être là que se trouve le nœud du problème : on a surtout envie de se marrer, devant ce nouveau soap sous perfusion, tant les personnages sont caricaturaux. Le démoniaque Dr Bell est vraiment "too much" et a déjà du mal à être crédible, après 1 seul épisode. Le coup du cassant docteur bourru, rude mais juste, odieux mais génial, on l'a déjà vu mille fois (n'est pas Dr House ?). Et les quelques questions étiques intéressantes que posent la série ne sont pas disséquée au scalpel, mais plutôt charcutées à la tronçonneuse.

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Alors même si elle y met vraiment la forme, The Resident a bien du mal, dans le fond, à dépasser le cap du gros mélodrame en blouses blanches, avec ses relations entre médecins et infirmières, ses affrontements entre docteurs et ses cas d'école qui font rentrer le métier. Pas sûr qu'on reste tout au long de l'internat.