HBO

Le 9 mars 2008, la grande série criminelle de David Simon tirait sa révérence.

Elle est bien souvent considérée comme l'une des toutes meilleures séries du XXIe siècle. Même si elle n'a jamais gagné d'Emmy, même si elle n'a jamais été un succès d'audience, The Wire (Sur écoute en VF) s'est imposée dans les livres d'Histoire du petit écran, comme LA référence du genre. Un thriller quasi-documentaire, qui explore sans manichéisme et en respectant tous les points de vue, tous les thèmes socio-politiques de l'Amérique des années 2000, en scrutant à la loupe une métropole en proie à la crise, Baltimore. A l'origine de la série, il y a David Simon, ancien reporter au Baltimore Sun, qui a écrit presque tous les épisodes (avec son acolyte Ed Burns). Il s'est inspiré de son propre travail de journaliste, pour signer les 5 saisons de The Wire, et donc son grand final.

Diffusé le 9 mars 2008 sur la chaîne américaine HBO, "–30–" ou "…the life of kings", offre un adieu magistral à la ville de la côte est et à son héros désabusé. Dans ce 60e et dernier épisode de la série, Jim McNulty (Dominic West) apprend qu'il est grillé. Pearlman l'avertit que Freamon (Clarke Peters) et lui vont être réaffectés dans des unités sans issue. Alors il décide de rendre son badge et son arme, pour s'en aller, littéralement dans le soleil couchant. Non sans avoir eu droit à une fête de départ mémorable, menée tambour battant par Jay Landsman (Delaney Williams). Un départ conclu avec émotion par la chanson "The Body of an American" reprise par tous les gars du Departement. De quoi verser sa petite larme. 

Et c'est ainsi que McNulty jette un dernier regard sur Baltimore et ses habitants, avant de remonter dans sa vieille voiture, pour partir vers de nouvelles aventures. Il laisse derrière lui le Lieutenant Cedric Daniels (Lance Reddick), qui - après avoir tout balancé à Tommy Carcetti (Aidan Gillen) et avoir bien obéi aux ordres, malgré son désaccord moral - décide finalement de se retirer, lui aussi, pour commencer une nouvelle carrière en tant qu'avocat de la défense. Pearlman et Rawls, eux, sont récompensés pour avoir su cacher la vérité. Le premier devient juge et Rawls est nommé surintendant de la police d'État. Bien sûr, Carcetti devient gouverneur, et Campbell le remplace en tant que maire, promulguant Stan Valchek (Al Brown) commissaire dans la foulée.

The Wire prend ainsi fin, avec force, grâce et une bonne dose de fatalisme. Un peu comme David Simon, qui avouera au Monde, à l'époque, n'avoir qu'une seul regret concernant sa série : "Nous avons été nominés pour les Emmy Awards, une fois seulement, mais nous n’avons jamais été primés. Sans doute à cause des audiences trop faibles..."

Prochainement au Cinéma