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On est quand même très loin de Malcolm.

Un jeune garçon surdoué, isolé dans une famille de gentils beaufs, et qui tente de survivre dans un monde où les gens ont peur de la différence... Le pitch du pilote de Young Sheldon pourrait aussi bien être celui de Malcolm ! Mais la comparaison s'arrête là. Le spin-off de The Big Bang Theory, s'avère nettement plus lisse et à des années lumières de l'humour déjanté de Linwood Boomer. Pour autant, Young Sheldon a des qualité propres, notamment sur le plan émotionnel. On débriefe le pilote (diffusé hier soir sur la chaîne américaine CBS). Attention spoilers !

POUR : le bluffant petit Armitage

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On l'avait découvert dans Big Little lies, l'hiver dernier. Et il était déjà excellent. Mais succéder à Jim Parsons, 4 fois récompensé au Emmys, dans la peau de Sheldon Cooper, la barre était nettement plus haute. Iain Armitage relève le défi haut la main, dans ce premier épisode, à la fois charmant et crédible, et juste assez suggestif pour rappeler le Sheldon que l'on connaît tous depuis une décennie.

POUR : la relation mère / fils

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Dès ce pilote, Chuck Lorre insiste grandement sur la relation très forte qui existe entre le génie et sa mère, et qu'on a déjà peu apercevoir dans The Big Bang Theory. Face à Iain Armitage, Zoe Perry joue d'une tendre douceur, sans jamais être douceâtre. Les deux forment une paire parfaite, le fils précoce et la mère protectrice, à l'alchimie déjà évidente.

CONTRE : terriblement convenu

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Tout ce qu'on a pu voir dans cette première demi-heure est exactement ce qu'on attendait, à la virgule près. Rien de surprenant, rien d'excitant ou d'audacieux. CBS et Chuck Lorre ont suivi à la lettre le guide de la parfaite petite sitcom familiale, sympathique, et un peu datée aussi.

CONTRE : jamais drôle

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The Big Bang Theory a quand même fait sa réputation sur ses vannes cinglantes et incessantes. Le spin-off n'ira clairement pas dans cette direction. Si vous pensiez vous marrer en retrouver Sheldon, version enfant, vous risquez d'être déçu : on ne rigole jamais dans cette comédie de situation dont les situations ne sont que rarement amusantes. L'idée est plus de faire vibrer la corde sensible des téléspectateurs.

POUR : une famille touchante

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Young Sheldon fait dans le sentiment (et même par moment dans le sentimentaliste, comme lorsque le petit garçon tient, pour la première fois, la main de son père à table, pendant le prière du soir). Ça dégouline quelque peu, mais ce n'est pas toujours pour nous déplaire. Les difficiles relations entre les membres très différents de la famille Cooper sont une excellente base pour une sitcom de longue durée. On comprend bien la souffrance du père, qui n'arrive pas à être proche de son fils. On voit bien le tort causé par le génie de Sheldon à son grand frère George. Et la facétieuse jumelle, Missy, est adorable en petite teigne de la famille.

CONTRE : on sait déjà que ça va mal finir

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C'est le problème avec les préquels : on connaît la fin, avant même le début. Sheldon est un génie ultra-précoce, mais ses grandes études ne l'emmèneront finalement jamais plus loin que Caltech. Sa famille est certainement attachante, mais on sait que son père sombrera dans l’alcoolisme et trompera sa mère, de manière horrible (le petit garçon va le surprendre avec sa maîtresse, et en restera traumatisé). Il mourra d'une crise cardiaque, avant ses 15 ans. On sait aussi déjà que Sheldon ne réussira jamais à se rapprocher de sa sœur, ni de son frère. Bref, difficile de s'investir émotionnellement dans cette sympathique famille, en sachant qu'elle finira pas se briser, inexorablement.

BILAN: Grâce à la bouille adorable de Iain Armitage et aux bonnes vibes maternelles qui ressortent de cette gentille sitcom, Young Sheldon sera certainement un carton en cette rentrée. Mais pour devenir un peu plus qu'un banal spin-off familial, sirupeux et inoffensif, la série va devoir se trouver un véritable angle d'attaque, caustique et audacieux. On ne s'inquiète pas, elle aura tout le temps pour ça, dans les 10 années qui viennent.