white lines
Netflix

Une caricature de thriller à Ibiza, qui a tout d'un bon petit plaisir coupable estival.

Compte tenu du carton gigantesque de La Casa de Papel à travers le monde, White Lines, sortie vendredi dernier sur Netflix, est forcément l'une des séries les plus attendues de l'été 2020 ! Parce qu'elle est signée Alex Pina. Le créateur du "Professor" a imaginé ce nouveau thriller se déroulant sur la péninsule ibérique. A la différence notable qu'il a cette fois décidé de tourner en langue anglaise.

Il faut dire que White Lines suit le parcours de Zoé, une jeune femme de Manchester appelée dans le désert d'Alméria par la police espagnole. Elle vient de découvrir un cadavre enterré ici depuis des décennies. Visiblement celui de son frère, Alex, disparu à la fin des années 1990, alors qu'il était venu à Ibiza avec ses potes du nord de l'Angleterre, pour faire la fête et devenir un DJ incontournable. Sauf qu'un jour, Alex n'a plus donné signe de vie et a, officiellement, tout quitté pour aller en Inde. C'est du moins ce que croyait sa soeur, qui va donc découvrir que le Britannique amoureux de musique a en fait été tué, après avoir fricoté avec les boss de la pègre locale...


Avec ses gros sabots et une héroïne qui brise curieusement le quatrième mur pour guider le spectateur, on se lance donc dans une enquête pour fouiller le passé et déterrer un vieux secret de l'île, enfoui depuis 20 ans... On se croirait dans une saga de l'été de TF1 ! Et pas qu'un peu. White Lines est un mélo criminel ringard, passablement excessif dans toute ce qu'il touche. On a du mal à ne pas esquisser un sourire en voyant ces caricatures de personnages naviguer maladroitement dans des intrigues tellement énormes (du trafic de drogue, un jeune loup qui veut ouvrir un casino, un vieux parrain fatigué, une mère maquerelle qui organise des orgies dans sa villa de luxe...). D'autant que les dialogues sont bien pauvres et la mise en scène de carte postale ne nous épargne rien, pas même le filtre jauni qui accompagne les flashbacks d'Alex sur son île.

Pour les Français que nous sommes, les défauts de White Lines rappellent malheureusement ceux de Marseille. A cette différence près que la toile tissée par Alex Pina est suffisamment divertissante pour nous garder en haleine. Oui, malgré tout, on se laisse prendre par le mystère de la disparition d'Axel Collins. Chaque twist improbable nous rapproche un peu plus de la vérité et il faut bien l'avouer : on a toujours envie de jeter un oeil à l'épisode suivant, pour connaître la révélation ultime. White Lines est la définition même du plaisir coupable. Comme toutes les sagas de l'été finalement.