Transferts (Arte), de quoi ça parle ? Les créateurs nous disent tout

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Après Trepalium, Arte poursuit son exploration sériellle de l’univers de l’anticipation. Transferts, lancée ce soir sur Arte, nous plonge en effet en 6 épisodes dans un futur proche où le transfert d‘esprit d’un corps à un autre est possible. A l'occasion du festival Séries Mania; où elle a remporté le prix de la Meilleure série française, en avril dernier, nous avons rencontré Claude Scasso (scénariste), Patrick Benedek (scénariste et co producteurs) et Olivier Guignard (réalisateur). Ils nous disent tout sur la série.

De quoi parle Transferts ?
Claude Scasso : Dans un monde pas très éloigné du nôtre, on a inventé la possibilité de transférer l’âme d’un corps dans un autre corps, ce qui a permis de soigner beaucoup de gens. Mais très rapidement, on s’est aperçu que l’on était allé trop vite pour légiférer et autoriser ces transferts, car des contre-transferts étaient possibles et c’était dangereux. Donc on a fait machine arrière et interdit tout ça. Dans ce contexte, un homme se réveille après des années de comma et découvre non seulement l’existence des transferts mais surtout qu’il vient d’être transféré. De surcroit dans le corps d’un policer de la BATI, la brigade anti transfert…

Pourquoi, avec un point de départ aussi fort, avoir ajouté une thématique policière à la série ?
Patrick Benedek : Dans notre écriture, on s’intéresse au mélange des genres et d’ailleurs ça se fait très souvent en fiction. Mais pour nous, le polar est surtout une façon d’explorer la société, tout comme l’anticipation d’ailleurs. 
Olivier Guignard : Et puis avec un tel postulat de départ, le polar s’inscrivait naturellement dans l’histoire. On imagine bien que la possibilité de transfert de l’âme de corps à corps attisera forcément certaines convoitises et certains trafiques, surtout si cela devient interdit.
Claude Scasso : Quand on a écrit l’histoire, on s’est beaucoup inspiré de de la littérature, plus que des films ou des séries. Et traditionnellement les grands auteurs de science-fiction, Van Vogt, K. Dick, utilisent beaucoup le polar.

Pourtant, quand on voit Transferts on pense aussi à des séries comme Black Mirror ou Real Humans
Patrick Benedek : Tant mieux. Notre volonté de départ était de privilégier le registre de l’émotion, être au plus près des personnages, être ancré dans le quotidien. La société que nous décrivons est proche de la nôtre, mais ce n’est pas la nôtre. En ce sens, nous sommes effectivement dans la même mouvance que certaines séries nordiques, mais Transferts est beaucoup plus latine. D’une certaine façon, moins froide.
Claude Scasso : Après, pour tout vous dire, quand on a commencé à réfléchir à la série, Black Mirror n’existait pas encore et quand on l’a vu, en effet on s’est dit qu’on était exactement dans la même mouvance. On vit dans un monde où la technologie va tellement vite qu’on ne prend pas le temps de s’arrêter pour en mesurer les conséquences. C’est le genre de question qui nous intéressait, tout comme Black Mirror, j’imagine. On s’inscrit dans la même angoisse envers les avancées technologique et l’évolution de notre société.

L’un des points forts de la série est sans doute sa thématique spirituelle, car le transfert d’âme pose aussi la question du religieux…
Olivier Guignard : Aujourd’hui avec tout ce qui se passe dans le monde, il y a une résurgence de ce thème. On sent vraiment que cela correspond à des interrogations, sans doute un manque aussi de notre société. 
Claude Scasso : D’ailleurs sans trop vous dévoiler, au fur et à mesure des épisodes, la série va explorer de plus en plus la société et donc la politique. Et la politique va se manifester en partie dans le religieux, car une des conséquences est que le religieux va vouloir devenir un parti politique.

C’est une série ou une minisérie ?
Patrick Benedek : La fin est une fin assez ouverte, pause de nouveaux enjeux et de nouvelles questions. Evidemment dans notre esprit, on a beaucoup de choses à raconter. Après on verra les audiences…  

Transferts : 6x52 minutes, sur Arte, ce jeudi et le jeudi 23 novembre prochain, sur Arte.

Photo© Laurent Thurin -Nal

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