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La première partie de la saison 6 reprend le même modèle que les chapitres précédents : un départ et une conclusion haletantes, et des épisodes nettement plus décevants entre les deux.

Comme à son habitude, The Walking Dead a fait fort dans son final de mi-saison, diffusé hier soir aux Etats-Unis. La première partie de la saison 6 s'est terminée par un grand spectacle à couper le souffle. Un rythme et une intensité excitante, qui tranchent heureusement avec les épisodes des dernières semaines, nettement plus moribonds. En même temps, c'est la recette The Walking Dead, et on commence à connaître la chanson. Attention spoilers !

The Walking Dead : quand verra-t-on la suite de la saison 6 ?

Depuis 2012 et le lancement de la saison 3 (la première à compter 16 épisodes, divisés en deux parties distinctes), la série AMC s'appuie sur un modèle assez simple, qu'elle répète année après année. D'abord, un "Season premiere" hyper-fort. Au meilleur de sa forme, The Walking Dead enchaîne les morts, les retournements imprévus, et l'introduction de nouveaux lieux et de nouveaux personnages. Dans la foulée, le show reste pied au plancher, durant les deux ou trois semaines qui suivent, en surfant sur les révélations de ce premier épisode. Ensuite, lentement mais sûrement, l'intensité diminue. Les épisodes se font plus anecdotiques. Les intrigues moins passionnantes et le spectacle nettement plus rare. Jusqu'au final de mi-saison, qui, avant la pause, redonne un bon coup de fouet aux fans et à l'histoire, avec beaucoup d'action, la mort d'un (ou plusieurs) personnage et bien souvent un changement de décor. Puis rebelotte. La deuxième partie reprend sur le même modèle : un "Midseason Premiere" riche et haletant, suivi d'un ou deux épisodes aussi forts et excitants, avant un long creu décevant de plusieurs semaines et le feu d'artifice final.

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Souvenez-vous, par exemple, de la saison 4. Dans le premier épisode, après l'attaque de Woodbury et la chute du Gouverneur, on retrouve Rick et sa bande qui commencent une nouvelle vie dans la Prison, avec de nouveaux habitants. C'est alors qu'un virus mortel commence à se propager, tuant de nombreux personnages sur son passage. Après un début excitant et prometteur, la première partie s'est ensuite sérieusement enlisée (mis à part l'épisode flashback sur Le Gouverneur), jusqu'au final explosif de mi-saison, avec la mort d'Hershel, du Gouverneur, et l'explosion de la prison. Dans la foulée, la deuxième partie débute dans un feu d'artifice, avec un terrible chaos général, de petits groupes qui s'éparpillent partout et l'introduction du "Terminus". La série baisse alors sérieusement de rythme pendant plusieurs semaines. Des épisodes pas très passionnants, où l'on suit nos survivants en train d'errer aux alentours de la voie de chemin de fer, avec pour seul point d'orgue l'exécution de Lizzie. Jusqu'au final à couper le souffle et la révélation du Terminus et l'arrivée du terrible Gareth.

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Même schéma pour la saison 5, qui démarre par un premier épisode absolument énorme, où l'on découvre l'abattoir du "Terminus", cette affreuse bande de cannibales et une nouvelle Carol plus "bad ass" que jamais. Dans la foulée, le groupe croise la route du Père Gabriel avant d'en finir pour de bon avec Gareth, avec le spectaculaire massacre de l'église. Puis, c'est le flottement. Il ne se passe plus grand chose pendant plusieurs épisodes (hormi la révélation sur le mensonge d'Eugene), jusqu'au final de mi-saison à Atlanta, qui offrira une conclusion marquante et tragique, avec la mort de Beth.

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Clairement, la saison 6 s'appuie, elle aussi, sur ce modèle. Elle a commencé très fort, avec la prise de pouvoir de Rick à Alexandria et la carrière aux mille zombies, qui a offert des images magnifiques et impressionnantes. Puis, ce fut la terrible attaque meurtrière des Wolves, hallucinante et traumatisante. Avant le traditionnel trou d'air. Si le long flashback sur Morgan n'a pas manqué d'intérêt, la première partie a sérieusement baissé de pied au mois de novembre. Le mystère Glenn a artificiellement tenu les fans en haleine pour compenser (qui a vraiment cru qu'il était mort ?) et la révélation de la grossesse de Maggie est arrivée comme un cheveu sur la soupe. Trois ou quatre semaines bien longues, avant le terrible final, encore une fois réussi.

The Walking Dead cultive avec une rigueur méthodique l'art de la demi-saison mi-figue mi-raisin. Pour des raisons économiques évidemment (on ne peut pas tout faire péter à chaque épisode), mais pour des raisons narratives aussi (jouer avec le bouton de l'intensité permet de jouer avec les nerfs de fans). Et d'ailleurs ça marche plutôt bien comme ça. Car, à l'image de ce final de mi-saison 6, on se dit que, finalement, ça valait le coup de prendre son mal en patience.

Prochainement au Cinéma